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Le débat sur le port du voile relancé / Les derniers épisodes de la saga Brexit ? / Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdoğan à Ankara le 16 septembre 2019

1/ Port du Voile: comment en parler sans hystériser le débat? 2/ Brexit: les derniers épisodes d'une saga qui lasse un peu? 3/ Frontière turco-syrienne: Poutine grand manitou, un Moyen Orient sans l’Occident?

58 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec l’ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti, la sociologue Dominique Schnapper, le directeur de l’IFRI (Institut Français des relations internationales) Thomas Gomart et le politologue Dominique Reynié.

Le débat sur le port du voile relancé / Les derniers épisodes de la saga Brexit ? / Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdoğan à Ankara le 16 septembre 2019
Le débat sur le port du voile relancé / Les derniers épisodes de la saga Brexit ? / Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdoğan à Ankara le 16 septembre 2019 Crédits : Vincent Isore/IP3 / Kenzo TRIBOUILLARD / Adem ALTAN - AFP

1/ Brexit : les derniers épisodes d'une saga qui lasse un peu ?

Londres. Brouillard du samedi soir. Hier, nouveau retournement dans la série du Brexit, et les scénaristes radotent un peu. Rappel des derniers épisodes : jeudi Boris Johnson le Premier Ministre se réjouissait d’avoir obtenu de Bruxelles un nouveau deal qui permettait d’éviter l’écueil numéro 1 du Brexit : le retour d’une frontière entre les deux Irlandes, celle qui veut rester dans l’union et celle qui ne veut pas. Mais samedi soir le parlement a voté positivement non pas sur le contenu de ce nouveau deal bruxellois mais sur un amendement de dernière minute, sorti de la poche d’un député conservateur, réclamant plus de temps pour examiner les conditions de ce nouveau deal. Nouvelle finasserie parlementaire, nouveau camouflet terrible pour Johnson, lui qui croyait cette fois pouvoir tenir sa grande promesse politique: quitter l’Europe le 31 octobre prochain avec un deal. Soit. Et maintenant, que des questions, aucune réponse : Bruxelles dira t elle oui ou non à un nouveau délai ? Johnson pourra-t-il parvenir à ses fins ? Un brexit le 31 octobre, dans 11 jours? Si oui, un brexit avec deal ou sans deal ? Et sinon: Johnson devra t il partir? Y aura t il de nouvelles élections législatives ? Qui les gagnera? le peuple devra t il revoter par référendum? La société britannique est elle toujours aussi fracturée ? Ce lendemain de soirée Brexit donne un peu mal à la tête un peu comme après une trop longue nuit au pub, donnant terriblement envie d'aller voir du côté de cette nouvelle chaîne de TV britannique qui promet de ne pas parler du Brexit. Baptisée Sky News Brexit-Free, la nouvelle chaîne est diffusée cinq heures chaque jour de la semaine, de 17 h à 22 h. Mots tabou à l’antenne : Hard and soft Brexit, Leave  and Remain Deal or not deal… De quoi soigner les migraines du dimanche !

2/ Port du Voile : comment en parler sans hystériser le débat ?

Vendredi 11 octobre, un élu du Rassemblement national a pris à partie une mère de famille voilée qui accompagnait des élèves à une séance du Conseil régional de Bourgogne Franche Comté, et lui a demandé de quitter la salle. Une polémique sans fondement juridique puisque la loi sur ce sujet est claire : les accompagnants ne sont pas tenus à la neutralité vestimentaire requise pour les enseignants. Voilà qui n’a pas empêché le débat de s’enflammer voire de s’hystériser toute la semaine autour de l’image poignante de cette mère voilée réconfortant dans ses bras son fils en larmes.Une pétition a circulé titrée "Jusqu’où laisserons-nous passer la haine des musulmans ? 90 PERSONNALITES, journalistes, artistes, intellectuels, CONTRE L'ISLAMOPHOBIE." Au-delà de cette pétition, un débat politique plus large, l’ex LR Xavier Bertrand dénonçant par exemple dimanche dernier la prise de conscience tardive du président de la république face à l’«islam politique», et pour l’appeler à «changer». Lequel Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé  publiquement mais  a fait savoir qu’il trouvait «irresponsable de faire des amalgames et de stigmatiser»,  qu’il n’avait «toujours pas prévu à ce stade» de prononcer de  «grand discours» sur l’islam et la laïcité, qu’il déplorait que ce débat ait débuté avec son discours post attentat  appelant à la "société de vigilance"  pour lutter contre « l’hydre islamiste ». Une notion dont le chef de l’Etat se serait dit persuadé qu’elle avait au mieux été mal comprise, et au pire instrumentalisée. Pourquoi donc le débat sur le voile resurgit-il si régulièrement en France et avec un tel niveau de virulence voire d’hystérie dans l'arène politique et médiatique française, de l’affaire du voile de Creil en 1989 à celui sur le hijab de course de Décathlon ? Pourtant, en 2003, il y a 16 ans, déjà le débat sur le voile, Jacques Chirac avait mis en place une commission laquelle avait auditionné pendant 3 ans ( !) quelque 140 personnes représentant la société civile, les partis politiques et les instances religieuses du pays, dont une centaine en séance publique, avait passé en revue un nombre considérable de cas de figure, école, hôpitaux, lieux publics, jupes longues, bandeaux… Un travail qui se voulait à l’époque exhaustif voire définitif. Mais au fond la France voulait elle vraiment en finir avec ce débat là?

3/ Frontière turco-syrienne : Poutine grand manitou, un Moyen Orient sans l’Occident ?

9 jours d’offensive, 500 morts, et la Turquie qui a accepté vendredi un cessez le feu à condition que les milices kurdes quittent la frontière turco syrienne. "Victoire" a crié Donald Trump, se vantant d’avoir orchestré la rencontre entre son émissaire Mike Pence et le président turc. Mais qui a vraiment gagné dans cette histoire ? Certes les Américains peuvent mettre en avant d’avoir fait taire les armes en menaçant de lourdes sanctions économiques une économie turque déjà en récession. Mais Recep Tayip Erdogan, lui, peut se réjouir d’avoir fait reculer les milices kurdes et de voir à priori s’évanouir le rêve d’un Kurdistan à sa frontière avec la Syrie.

Mais à y regarder de près, Erdogan est loin d’être maître du jeu : car la Syrie n’a nulle envie de voir la Turquie s’implanter durablement son territoire. Officiellement, le régime de Bachar peut donc se dire lui aussi victorieux d’avoir le soutien de l’armée russe pour reprendre  pied sur son territoire, remettre la main sur les Kurdes et pour constater que plus personne n’ose vraiment demander un changement de régime à Damas.

Dans ces différentes équations, un homme sort grand gagnant : Vladimir Poutine désormais solidement implanté dans cette région du monde, ayant profité de la guerre contre Daech, d’un désir américain profond de se désengager des conflits moyen-orientaux, pour devenir l’homme incontournable, celui avec qui parle les hommes forts de Jérusalem, Téhéran, Damas et Ankara, celui qui d’ailleurs reçoit mardi prochain, chez lui, à Sotchi, le président Erdogan. Mardi, comme par hasard, le dernier jour du cessez-le-feu.

Comme s’il allait de soi dans ce nouveau monde, qu’il revenait à Vladimir Poutine de décider de la suite.

Intervenants
  • Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls
  • Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  • sociologue et politologue, directrice d'étude à l'EHESS
  • Politologue. Professeur des Universités à Sciences Po.
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