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Donald Trump et Xi Jinping à Mar-a-Lago le 6 avril 2017

Abstention et vote blanc // la politique étrangère de Donald Trump

57 min
À retrouver dans l'émission

Seul 65 % des Français compteraient voter à l'élection présidentielle d'après un sondage IPSOS // Donald Trump a rencontré le président chinois Xi Jinping et ordonné une frappe militaire en Syrie.

Donald Trump et Xi Jinping à Mar-a-Lago le 6 avril 2017
Donald Trump et Xi Jinping à Mar-a-Lago le 6 avril 2017 Crédits : Jim Watson - AFP

ABSTENTION ET VOTE BLANC

Le vote blanc et l’abstention sont désormais en forte hausse dans les sondages, portés par une campagne et une offre électorale jugée insatisfaisantes par un grand nombre d’électeurs. Selon un sondage IPSOS réalisé pour Radio France et France Télévisions et publié le 28 mars, seulement 65% des Français auraient l’intention d’aller voter le 23 avril prochain alors que le taux de participation en France lors d’une élection présidentielle n’est encore jamais descendu en dessous de 70%. Cette évolution est constante.

Le vote blanc, plus particulièrement, connaît une nette progression. Selon une enquête de l’Ifop réalisée pour Synopia et diffusée par l’Opinion le 28 mars, 40% des personnes interrogées contre 26% en 2014 souhaiteraient voter blanc si cette expression était « prise en compte en tant que suffrage exprimé avec une capacité de rejet de l’élection et des candidats au-delà d’un certain seuil ». Comptabilisé distinctement du vote nul depuis février 2014 dans l’intention de lutter contre l’abstention, le vote blanc n’a pour le moment aucune influence sur le résultat final des élections. Sa reconnaissance comme suffrage exprimé est aujourd’hui largement plébiscitée, selon la même enquête Ifop 86% des personnes interrogées y seraient favorables, une pétition a également été lancée sur internet par le site change.org, comptant près de 250 000 signatures. La pleine reconnaissance du vote blanc est présentée par ses défenseurs comme une alternative concrète au « vote contre » et à l’abstention qui se sont répandus chez les électeurs ces dernières décennies. Pour d’autres, à l’image du directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po Martial Foucault, elle susciterait au contraire un dysfonctionnement institutionnel marqué par une « crise de légitimité du président élu ». Les candidats Jean-Luc Mélenchon, François Asselineau, Jean Lassalle, Jacques Cheminade et Nicolas Dupont-Aignan ont inscrit la reconnaissance du vote blanc dans leur programme, seul Benoît Hamon entend soumettre la question au référendum s’il était élu.

Si le recours au vote blanc ou la tentation de l’abstention témoignent d’un désir de renouvellement de l’offre politique, les sondages expriment également la profonde indécision d’un grand nombre d’électeurs français. A trois semaines du premier tour, de nombreux candidats se tournent désormais vers ces potentiels électeurs, proposant pour certains le « vote utile » en barrage au front national, un vote qui ne ferait que « tétaniser le débat » pour d’autres, qui lui opposent le « vote de conviction ».

A LIRE ET ECOUTER "Je voterais blanc si ce vote était reconnu" (Hashtag : enquête multimédia participative)

LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE DONALD TRUMP

Le Président des Etats-Unis a rencontré son homologue chinois Xi Jinping dans son club de Mar-a-Lago, en Floride, les jeudi 6 et vendredi 7 avril. Ce sommet a réuni les deux dirigeants pour la première fois alors que Donald Trump a multiplié les déclarations hostiles à la Chine avant et après son élection. Il a plusieurs fois accusé Pékin de pratiquer une politique commerciale déloyale qu’il a assimilé à un « viol de l’économie américaine » et déclenché une crise diplomatique après un entretien téléphonique avec la présidente de Taiwan. Cet épisode avait provoqué la colère de Pékin qui se revendique comme la seule autorité légitime sur cette île au nom du concept de « Chine unique ».

Donald Trump s’est réjoui de « progrès spectaculaires » dans la relation entre les États-Unis et la Chine à l’issue de ce sommet présenté comme « un rendez-vous introductif à une relation équilibrée et fondée sur la réciprocité ». Il s’est félicité d’avoir développé une « relation exceptionnelle » avec Xi Jinping et a accepté son invitation à une prochaine visite officielle en Chine. Le secrétaire américain au commerce Wilbur Ross a annoncé à la presse la future mise en place d’un plan de 100 jours qui doit permettre à terme de « stimuler les exportations américaines et réduire l’excédent commercial chinois envers les Etats-Unis », principal sujet de discorde entre les deux puissances.

Cette rencontre a été marquée par un revirement stratégique de Donald Trump dans son approche du conflit syrien. Le régime de Damas est accusé par plusieurs pays occidentaux d’avoir mené une frappe au gaz sarin sur le village de Khan Cheikhoun tenu par la rébellion. L’attaque a provoqué la mort de 86 personnes dont de nombreux enfants. Le président américain a ordonné jeudi le bombardement de l’aérodrome où stationnaient les bombardiers impliqués dans l’attaque et justifié cette intervention par « l’intérêt vital pour la sécurité des Etats-Unis d’empêcher l’utilisation d’armes chimiques ». Il a invité « les nations civilisées à se joindre à lui pour mettre fin au massacre et au bain de sang en Syrie ».

Paris a salué cet « avertissement » à Bachar Al-Assad, Londres a qualifié le bombardement de « réponse appropriée à une attaque barbare » et Berlin a jugé cette frappe « compréhensible ». Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé « une agression contre un Etat souverain ». La Chine a appelé à éviter « toute détérioration supplémentaire de la situation » et l’Iran a condamné « une action unilatérale sous prétexte d’une attaque chimique suspecte ».

Les derniers tests balistiques réalisés par la Corée du Nord ont provoqué un accroissement des tensions dans le Pacifique. Un porte avion américain fait actuellement route vers la péninsule coréenne « par mesure de précaution » d’après le commandement américain de la région.

Brèves

François BUJON DE L'ESTANG a recommandé la lecture de la nouvelle revue America lancée par l’hebdomadaire le 1et François Busnel

Sylvie KAUFFMANN : La vie a souvent plus d'imagination que toi, de Najat Vallaud-Belkacem (Grasset, mars 2017)

Béatrice GIBLIN : Patria, de Fernando Aramburu (Tusquets, septembre 2016)

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