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Gérard Collomb au Ministère de l'Intérieur en août 2018 / Le député Italien Flavio Di Muro au meeting du RN à Fqréjus en septembre 2018

Affaire Collomb : a-t-on perdu le sens de l’Etat ? / Les populistes ont-ils vraiment un projet alternatif pour l’Europe ?

59 min
À retrouver dans l'émission

L'Esprit Public ce dimanche avec la journaliste Christine Ockrent, le philosophe François-Xavier Bellamy, l'ancien conseiller en communication de François Hollande Gaspard Gantzer et l'essayiste Mathieu Laine.

Gérard Collomb au Ministère de l'Intérieur en août 2018 / Le député Italien Flavio Di Muro au meeting du RN à Fqréjus en septembre 2018
Gérard Collomb au Ministère de l'Intérieur en août 2018 / Le député Italien Flavio Di Muro au meeting du RN à Fqréjus en septembre 2018 Crédits : JOEL SAGET/ YANN COATSALIOU - AFP

Première Partie : Affaire Collomb : a-t-on perdu le sens de l’Etat ?

Gérard Collomb pose au Ministère de l'Intérieur en août 2018
Gérard Collomb pose au Ministère de l'Intérieur en août 2018 Crédits : JOEL SAGET - AFP

Dans un quinquennat rien ne se passe jamais comme prévu ! Pourquoi la semaine où l’on célébrait le 60e anniversaire de la Ve République, la stabilité et la solidité de principes constitutionnels, le sens de l’Etat d’un grand Général qui avait toujours placé l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de tout, oui, pourquoi, cette semaine là les images impeccables de Colombey les 2 Eglises devaient-elles cohabiter avec ça : la silhouette de Gérard Collomb sur le perron du ministère de l’Intérieur, regardant sa montre, nerveux, pressé de filer Gare de Lyon, « le premier flic de France » comme disait Clémenceau -lointain prédécesseur-, peu respectueux de l’article 8 de la Constitution où c’est le président de la République qui nomme et met fin aux fonctions de ses ministres. Un Collomb qui prenait la fuite, le jour où le caïd Rédoine Faid était interrompu dans sa cavale par des forces de l’ordre qui n’avaient donc, plus de ministre ! Un Collomb qui assumait, de facto, de mettre ses ambitions municipales au-dessus de la sécurité des Français.

En attendant, Emmanuel Macron comptait jusqu’à 7 : le nombre de ses ministres partis depuis 15 mois :  Nicolas Hulot qui avait placé son éthique de la conviction au dessus d’une éthique de la responsabilité, Richard Ferrand empêtré dans une affaire immobilière, Laura Flessel dans une affaire fiscale, Bayrou, Sarnez, Goulard partis pour une affaire présumée d’emplois fictifs au Modem….

Y avait-il une malédiction de l’époque à empêcher les présidents qui se rêvaient gaulliens, exemplaires et réformateurs d’assurer l’autorité et la stabilité d’un quinquennat ? Où était le sens de l’Etat…. et qui l’avait perdu ?

Deuxième partie : Les populistes ont-ils vraiment un projet alternatif pour l’Europe ?

Le député italien Flavio Di Muro au meeting du Rassemblement National à Fréjus en septembre 2018
Le député italien Flavio Di Muro au meeting du Rassemblement National à Fréjus en septembre 2018 Crédits : YANN COATSALIOU - AFP

« Je serai lundi à Rome avec Matteo Salvini pour évoquer la croissance économique et les perspectives sociales dans une Europe des Nations. Il existe une alternative à l’union européenne et nous la construisons » nous annonçait cette semaine sur Twitter Marine Le Pen. On  connaissait de longue date l’entente entre ces deux là, Salvini qui s’était beaucoup inspiré du Front National de Marine Le Pen pour transformer sa vieille Ligue du nord., ces deux là qui voulaient désormais l’un et l’autre démontrer qu’ils savaient parler d’autre chose que d’immigration. Qu’ils avaient un projet global, une alternative crédible à l’actuelle Union européenne.

Ainsi cette semaine Matteo Salvini avait présenté dans une Italie déjà surendettée un budget plombé par de coûteuses mesures, comme l’instauration d’un revenu de citoyenneté, un abaissement de l’âge légal du départ à la retraite et des baisses d’impôt.  « Et si à Bruxelles ils me disent que je ne peux pas le faire, je m’en fiche je le fais quand même » avait surenchéri la nouvelle star populiste de la politique italienne, tirant à boulets rouges sur Jean-Claude Junker, le Président de la commission européenne, en évoquant un prétendu penchant pour l’alcool. Ainsi se révélait ce qu’il pensait au fond des principes européens. Et pour connaitre pleinement le fond de sa « pensée » européenne, il n’y avait qu’à tendre l’oreille à ses propos prononcés le 11 septembre dernier sur la chaîne de télévision Russia Today, passés inapercus, où Salvini avait déployé l’ensemble de son grand  « projet pour l’Europe ». 

Conseils de lecture

  • Le conseil de Christine Ockrent : Post-Vérité, de Matthew D'Ancona (éditions Plein Jour)
  • Le conseil de Gaspard Gantzer : Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, de Haruki Murakami
  • Le conseil de Mathieu Laine : The end of globalizaton, de Harold James 
  • Le conseil de François-Xavier Bellamy : Une enquête de La Croix sur les filières de passeurs : "Passeurs, les nouveaux esclavagistes", par Antoine Peillon
Intervenants
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
  • professeur de philosophie, maire adjoint (sans étiquette) de Versailles, auteur de « Les Déshérités » et de « Demeures », tête de liste "Les Républicains" aux européennes 2019
  • co-fondateur de l'agence de conseil en communication "2017", ancien conseiller en communication de François Hollande
  • Essayiste, directeur de la Société de conseil Altermind
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