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Benjamin Stora : L'Algérie

58 min
À retrouver dans l'émission

Benjamin Stora, vous êtes né à Constantine, en Algérie. Vous êtes docteur en sociologie et docteur d’Etat en Histoire. Vous enseignez l’histoire du Maghreb contemporain, les guerres de décolonisations et l’histoire de l’immigration maghrébine à l’Université Paris 13. Vous avez fondé en 1991 l’Institut Maghreb-Europe, dont vous êtes le responsable scientifique, et vous êtes membre de l’Ecole Française d’Extrême-Orient. Vous avez publié une trentaine d’ouvrages sur l’histoire de l’Algérie et l’immigration en France, dont La gangrène et l’oubli en 1991, et Algérie, la guerre invisible en 2000. Vous avez dirigé avec Mohammed Harbi l’ouvrage collectif La guerre d’Algérie en 2005. Vous avez co-écrit avec le journaliste François Malye Mitterrand et la guerre d’Algérie , paru en octobre chez Calmann-Lévy, où vous vous intéressez au François Mitterrand ministre de l’Intérieur (1954-1955) et ministre de la Justice (1956-1957).

Vous avez également publié en octobre aux éditions Les Arènes un «livre-objet» intitulé Algérie 1954-1962 - Lettres, carnets et récits des Français et des Algériens dans la guerre , avec Tramor Quemeneur. Dans cet ouvrage, vous reconstituez le quotidien de la fin du système colonial, à travers les fac-similés de lettres, tracts, journaux clandestins, documents officiels mais aussi de cahiers de classe, dessins d’enfants ou photos de famille. « Ces mémoires sont ambivalentes, contradictoires, opposées» écrivez-vous, mais elles donnent toute la « chair de cette histoire» . Du «monde d’avant» à la proclamation de l’indépendance, on voit défiler tous les protagonistes de la guerre d’Algérie : pieds-noirs, appelés, nationalistes algériens du FLN et du MNA, déserteurs, harkis, et opposants à la guerre. Dans la préface, vous affirmez « cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, l’heure est maintenant venue du passage, de la mémoire douloureuse à l’histoire accomplie, de la blessure à l’apaisement. Rejouer indéfiniment une guerre ancienne n’a pas de sens ».

En 2007, dans un entretien au Figaro, vous mettiez en garde contre les « effets de contamination mémoriels extrêmement puissants » chez les « 6 à 7 millions de personnes qui vivent aujourd’hui en France avec ces souvenirs » . Vous poursuiviez : « il faut reconstruire nos mémoires nationales, comme nous l'avons fait sur d'autres registres, avec l'esclavage et la période vichyste » . Vous parliez également de la « blessure narcissique » qu’a été la fin de l’empire colonial, qui constitue selon vous « une question parfois déformée et toujours douloureuse et engendre une culture du soupçon qui exacerbe les identités » . Dans La Gangrène et l'oubli , vous dénonciez justement l’inflation des totaux de victimes, en France et en Algérie, et critiquiez les « postures victimaires » qui empêchent selon vous de « sortir de la mémoire pour passer à l'Histoire» . Benjamin Stora, selon vous, quelles conditions de ce passage sont-elles dores et déjà réunies et quelles conditions sont-elles encore à réunir ?

Intervenants
  • Historien, membre du conseil d'administration de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et ancien président du conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
  • Chef d'entreprise et essayiste
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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