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France : Ce que l'affaire Griveaux fait à la politique / Le Président du Conseil Européen Charles Michel, avec Angela Merkel et Emmanuel Macron le 20 février à Bruxelles

Ce que l'affaire Griveaux fait à la politique / Europe, le temps des blocages

58 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de ce dimanche 23 février : ce que l’affaire Griveaux fait à la politique, et puis sale temps pour l’Europe : de l’attentat raciste en Allemagne, au sommet extraordinaire européen bloqué à Bruxelles.

France : Ce que l'affaire Griveaux fait à la politique / Le Président du Conseil Européen Charles Michel, avec Angela Merkel et Emmanuel Macron le 20 février à Bruxelles
France : Ce que l'affaire Griveaux fait à la politique / Le Président du Conseil Européen Charles Michel, avec Angela Merkel et Emmanuel Macron le 20 février à Bruxelles Crédits : STEPHANE DE SAKUTIN / Philippe LOPEZ / LUDOVIC MARIN - AFP

Première partie : ce que l’affaire Griveaux fait à la politique

Jean Daniel, grande figure de la gauche et du journalisme, est mort cette semaine à l'âge de 99 ans. D’après son vieil ami et confrère Jacques Julliard, Jean Daniel avait de la politique une conception presque littéraire et se montrait épouvanté par la façon dont le débat public s’était ces dernières années simplifié, caricaturé et hystérisé. Or Jean Daniel est mort en une semaine où la politique semble en effet avoir touché le fond. 

Ainsi dans le journal qu’il a fondé pouvait on lire sous la plume de Natacha Tatu un édito consterné analysant l’impact à J 7 de l’affaire Griveaux et de, je cite, « 3 zozos, un performeur anarchiste borderline, un avocat d’extrême gauche exalté idole des Gilets Jaunes et une séductrice de bonne famille fascinée par la révolution faisant équipe pour en découdre avec la Macronie, transformant ce qui n’aurait dû être qu’une boule puante en bombe à fragmentation ».

Bombe à fragmentation avec la démission de Benjamin Griveaux et son remplacement au pied levé dans la campagne parisienne des Municipales par Agnès Buzyn et comme une dégradation accélérée de la vie démocratique, tout parti au pouvoir perdant pied chaque fois plus vite de quinquennat en quinquennat, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande – lequel fut cette semaine exfiltré mercredi d’une librairie après avoir été pris à partie par des opposants - vie démocratique dégradée avec des syndicats divisés et désavoués par leurs troupes, comme on l’a encore vu ces derniers jours, quasi blocage de la réforme des retraites dans une ambiance chaotique à l’Assemblée nationale, croulant sous les amendements, la menace d’un 49.3, le tout sur fond d’insultes et de coups en dessous de la ceinture d’un ministre Castaner évoquant la vie privée de son adversaire politique Olivier Faure, d’un député Meyer Habib traitant de « petites connes » dans l’hémicycle ces parlementaires de la France Insoumise lesquelles avaient organisé une danse anti Macron devant le Palais Bourbon qui se terminait par le lynchage de la marionnette du président. Qu’aurait écrit Jean Daniel à l’issue d’une telle semaine ? Lui qui disait que sa rencontre avec Albert Camus avait illuminé sa vie, peut-être aurait-il cité sa célèbre mise en garde : « Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais ce n'est pas pour prendre de ses nouvelles ».

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Deuxième partie : Europe, le temps des blocages

Cette semaine à Bruxelles, les représentants des  27 pays membres de l’Union parlaient gros sous…ils devaient se mettre d’accord sur leur futur budget à présent que les Britanniques n’y participent plus. L’occasion de donner à voir comme jamais le manque d’ambition européenne et le règne du « chacun pour soi » ou du « chacun voit midi à sa porte ». Une explosion de divergences entre 3 grandes familles que certains ont résumé ainsi. La famille des « frugaux » du nord, Pays-Bas en tête, soutenus pas l’Autriche, le Danemark, la Suède qui défendent une limitation du budget à 1 % du RNB.  Quant à l'Allemagne, premier contributeur net, elle est prête à aller un peu plus loin mais guère plus. Autre famille :  celle des « amis de la cohésion », ces États d’Europe du Sud, centrale et orientale qui refusent que le soutien aux régions les plus pauvres soit réduit. Enfin il y a Paris qui ne veut pas que l’on touche à la PAC, que l’on conserve un budget ambitieux et à qui ses opposants rétorquent que la baisse des ressources consécutive au Brexit doit se traduire par une diminution des dépenses et que les fonds européens devraient être consacrés à moderniser l'économie plutôt qu'à préserver l'agriculture.

Bref, une nouvelle illustration d’une Europe que plus personne ne sait définir en commun, et surtout pas l’ex couple franco-allemand rangé aux oubliettes tandis que l’ancien pilier du couple, la solide Angela Merkel voit son parti la CDU vaciller, après la démission de l’héritière AKK sur fond de rapprochement avec l’extreme droite et renouer avec son pire cauchemar :mercredi, un attentat raciste a tué 9 personnes dans deux bars à chicha de Hanau, à quelques kilomètres de Francfort, le parquet fédéral de Karlsruhe, évoquant "des indices d'un arrière-plan d'extrême droite". Dans ces conditions, dans un tel contexte européen, l’optimisme europhile d’un Emmanuel Macron cette semaine à la Conférence sur la Sécurité de Munich semblait relever, dans le meilleur des cas… d’une bonne vieille méthode Coué…

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Références / conseils de lecture 

  • Giuliano Da Empoli, Les Ingénieurs du chaos, JC Lattès
  • David Adler, "Centrists Are the Most Hostile   to Democracy, Not Extremists", New York Times, 23 mai  2018
  • Yascha Mounk, Le peuple contre la démocratie, éditions de l'Observatoire, 2018
  • Georges Soros, "Europe Must Recognize China for What It Is", février 2020
  • Ronen Bergman, Lève-toi et tue le premier, Grasset, 2020
  • Alain Deneault, _L'économie de la nature / L'économie de la foi / L'économie esthétique ...,_Lux, 2019
  • Bruno Tertrais, Le Choc démographique, Odile Jacob, 2020
  • Nicolas Baverez, L'Alerte démocratique, éditions de l'Observatoire, 2020
Intervenants
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