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Christiana Figueres, Ban Ki-moon, Laurent Fabius et François Hollande

COP21, le bilan // Les nouveaux défis du Royaume-Uni

59 min
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Christiana Figueres, Ban Ki-moon, Laurent Fabius et François Hollande
Christiana Figueres, Ban Ki-moon, Laurent Fabius et François Hollande Crédits : Stéphane Mahé - Reuters

BILAN DE LA COP21

L’Accord de Paris a été adopté hier soir à 19h30 par les 195 pays participant à la COP21, au Bourget. Son président, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a qualifié devant l’assemblée ce texte de « juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant » . Ouverte le 30 novembre dernier, la COP21 a donné lieu à treize jours de travail et de négociations qui se sont accélérées depuis mercredi. Les principaux points de désaccord portaient sur l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 2 degrés par rapport à la période pré-industrielle, autrement dit à la période 1880-1889, période depuis laquelle, selon le Groupe d’experts intergouvernemental pour le climat (GIEC), la température moyenne a déjà augmenté de 0,85%. C’est donc finalement un objectif plus ambitieux, celui de 1,5 degré, qui figure dans l’Accord de Paris.

«C'est un signal fort, mais pour respecter ces objectifs il va falloir que les pays révisent rapidement leurs promesses de réduction des émissions de gaz à effet de serre et leur soutien financier aux plus pauvres dans la lutte contre le réchauffement », a souligné Samantha Smith au nom du Fonds mondial pour la nature. De fait, les 100 milliards annuels prévus pour le fonds d’aide aux pays en développement ont été in fine définis comme une somme plancher révisable. Toutefois, des pays comme l’Arabie saoudite, la Corée ou Singapour ne sont pas tenus d’abonder ce fonds. Enfin, des organisations comme OXFAM déplorent que la reconnaissance des dommages causés par les événements climatiques extrêmes « ait été en partie vidée de sa substance, puisque si une telle situation est bien mentionnée dans le texte de l’accord, la notion de compensation financière a été abandonnée dans la version finale ».

Dernière réserve, que résume Pascale Minet dans le quotidien suisse Le Temps , « l'objectif à long terme de l'accord a perdu en précision dans la mouture finale. Le terme de «décarbonation» de l'économie, qui appelait à un abandon des énergies fossiles émettrices de CO2, a été abandonné. A la place figure le souhait de parvenir à un équilibre entre les émissions et les absorptions de CO2 « dans la seconde moitié du 21ème siècle». Il sera donc possible de continuer à émettre des gaz à effet de serre... tout en développant des technologies pour les capturer dans le sous-sol, par exemple. »

En novembre 2016, c’est le Maroc qui accueillera la COP22.

LES NOUVEAUX DEFIS DU ROYAUME-UNI

David Cameron après le débat aux Communes, le 26 novembre
David Cameron après le débat aux Communes, le 26 novembre Crédits : Suzanne Plunkett

Le jeudi 3 décembre, la Royal Air Force britannique a effectué ses premières frappes contre les positions de l’Etat islamique (EI) en Syrie, rejoignant ainsi la coalition aérienne internationale menée par les Etats-Unis et ralliée par la France en septembre. L’offensive a été déclenchée quelques heures après l’approbation par le Parlement de l'extension à la Syrie des raids que la Grande-Bretagne menait déjà en Irak contre Daech. Les députés ont voté massivement en faveur de l’intervention, à 397 voix contre 223.

Le Premier ministre conservateur David Cameron s’est réjoui de la décision du Parlement et ce vote a également été salué par le président américain Barack Obama et par François Hollande, qui avait appelé vendredi 27 novembre tous les députés britanniques à approuver les frappes en Syrie « en solidarité avec la France ».

Si la plupart des députés du Labour se sont prononcés pour l’intervention, leur dirigeant Jeremy Corbyn y était hostile et n’a annoncé qu’à la dernière minute qu’il n’exigerait pas de discipline de vote. Le dossier syrien vient ainsi s’ajouter à la liste des points de désaccord entre les parlementaires travaillistes et leur leader.

Un autre sujet occupe le débat public outre-Manche : la perspective d’un « Brexit », c’est-à-dire d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Après sa réélection au printemps dernier, David Cameron a confirmé sa promesse d’organiser un référendum sur cette question d’ici la fin 2017, après une renégociation des conditions de l’adhésion britannique à l’Union. La discussion entre Londres et ses partenaires européens a débuté mi-novembre, sur la base d’une liste de quatre revendications exposées par le dirigeant conservateur britannique.

Ces quatre exigences concernent la protection des intérêts des pays non-membres de la zone euro ; l’expansion du marché unique ; l’accroissement des pouvoirs des parlements nationaux ; enfin, l’interdiction pour les travailleurs de l’UE installés au Royaume-Uni de toucher certaines allocations sociales pendant les quatre premières années de leur séjour.

Cette dernière demande a immédiatement été pointée comme « hautement problématique » par la Commission européenne et, dans une lettre adressée aux membres de l’UE lundi dernier, le président du Conseil européen Donald Tusk a souligné qu’aucun consensus ne s’était encore dégagé sur ce point. Il sera discuté, ainsi que les trois autres, lors du sommet européen des 18 et 19 février 2016. L’obtention d’un accord aiderait le Premier ministre britannique à plaider pour le maintien du Royaume-Uni dans l’UE lors du référendum qu’il souhaite organiser avant l’été.

Brèves

Thierry PECH : l'enquête *Discriminations religieuses à l'embauche * de l'Institut Montaigne.

Éric LE BOUCHER : Jacques MISTRAL, Le Climat va-t-il changer le capitalisme ? (Eyrolles, 2015)

François BUJON DE L'ESTANG : Olivier ROY, La Peur de l'islam (Éditions de l'Aube, 2015)

Sylvie KAUFFMANN a parlé des femmes en Arabie Saoudite qui ont obtenu le droit de vote et de présenter des candidates. Elle a également salué la décision du Pentagone d'ouvrir tous les postes de l'armée aux femmes.

Philippe MEYER : la mise en scène d'En Attendant Godot par Jean-Pierre VINCENT au théâtre des Bouffes du Nord (jusqu'au 27 décembre) et celle des Rustres par Jean-Louis BENOIT au Vieux Colombier (jusqu'au 10 janvier).

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