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Soldats de la marine thaïlandaise se préparant pour l'arrivée d'un avion de rapatriés de Wuhan / Donald Trump a été acquitté cette semaine dans le procès de destitution/ Les candidats aux municipales regorgent d'idées vertes (ici, Milan)

Coronavirus: l'affolement du monde / Le style Trump est-il durable? / Municipales: 36 000 nuances de vert

59 min
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Le monde continue de s'affoler cette semaine autour de l'épidémie de Coronavirus. Aux Etats-Unis, Donald Trump a vécu une bonne semaine, avec son acquittement au Sénat dans la procédure de destitution. Pendant ce temps-là, en France, les candidats aux municipales regorgent de propositions vertes.

Soldats de la marine thaïlandaise se préparant pour l'arrivée d'un avion de rapatriés de Wuhan / Donald Trump a été acquitté cette semaine dans le procès de destitution/ Les candidats aux municipales regorgent d'idées vertes (ici, Milan)
Soldats de la marine thaïlandaise se préparant pour l'arrivée d'un avion de rapatriés de Wuhan / Donald Trump a été acquitté cette semaine dans le procès de destitution/ Les candidats aux municipales regorgent d'idées vertes (ici, Milan) Crédits : ROYAL THAI NAVY (AFP) / Drew Angerer / Inigo Bujedo Aguirre - Getty

Première partie : Coronavirus, le grand affolement du monde

Plusieurs centaines de personnes sont mortes en Chine continentale après avoir contracté le désormais célèbre coronavirus et des cas de contamination ont été identifiés en dehors de Chine dans une vingtaine de pays, dont six cas en France. Cette propagation rapide du coronavirus s’est accompagnée d’une déferlante de xénophobie envers la communauté chinoise notamment en Occident, bien que l’immense majorité des cas reste répertoriée en Chine : comme si la panique du virus libérait un violent sentiment anti-chinois à travers le monde. En France par exemple, le quotidien régional Le Courrier Picard s’est distingué par sa « Une » toute en nuances et en subtilités : « Alerte jaune » accompagnée d’un éditorial titré «  Le péril jaune ? ». Un racisme décomplexé qui a déclenché le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus, avec des milliers de témoignages d’Asiatiques sur la Toile depuis une semaine.

Nous avons par ailleurs tous entendu ces reportages nous racontant la baisse (absurde) de fréquentation dans les restaurants chinois, ou encore la peur irrationnelle de ces riverains des Milles, près d’Aix-en-Provence, redoutant la proximité de malheureux Français rapatriés de Chine, mis à l’isolement, et très vraisemblablement non porteurs du virus ! 

Alors il fallait lire cette semaine l’anthropologue Frédéric Keck, nous expliquant comment ces épidémies contemporaines réveillent à la fois la peur ancestrale de l’étranger, et l’angoisse de certains vis-à-vis de la mondialisation:  « l’autre » n’est plus l’étranger qui vit parmi nous, comme dans l’imaginaire antisémite, mais l’étranger qui prend l’avion pour commercer avec nous. Le chercheur soulignant que nous craignons les virus émergents parce qu’ils viennent des puissances émergentes comme la Chine. Coronavirus : le grand affolement du monde !

Deuxième partie : Le style Trump est-il durable ?

Au fond l’Amérique de Trump est à l’image de l’ambiance qui régnait cette semaine au Congrès entre le Président et Nancy Pelosi, la cheffe de file de l'opposition démocrate : leurs relations houleuses se sont exacerbées à l'occasion du discours sur l'état de l'Union, mardi : le chef de l’Etat refusant de serrer la main de Nancy Pelosi, et lui tendant simplement une copie de son discours. La présidente de la Chambre des représentants a plusieurs fois secoué la tête pour marquer sa désapprobation durant le discours de Donald Trump. Lorsque le président républicain a terminé, la représentante démocrate s'est levée et a ostensiblement déchiré la copie du discours qu'il lui avait remise.

Au cours de ce discours, Donald Trump s'est félicité de «la grande réussite économique» des États-Unis. «Contrairement à tant d'autres avant moi, je tiens mes promesses», mettant l’accent sur «la grande réussite économique» des États-Unis. «Notre stratégie a marché», a-t-il martelé, en évoquant ses récents accords commerciaux avec la Chine, le Canada et le Mexique. Le président a aussi défendu sa politique étrangère, à l'instar de son soutien à l'opposant vénézuélien Juan Guaido, un de ses invités au Congrès. En revanche Donald Trump est passé rapidement sur sa confrontation avec l'Iran et son plan de paix israélo-palestinien, avant de réaffirmer son intention de «ramener à la maison» à terme les soldats américains d'Afghanistan où, a-t-il dit, ils n'ont pas vocation à assurer le «maintien de l'ordre pour d'autres pays». 

Une vraie bonne semaine pour Donald Trump: avec l'acquittement qui a eu lieu le lendemain par le Sénat et qui marque l'épilogue d'une procédure de destitution engagée depuis cinq mois qui n'a pas fait vaciller sa base électorale toujours fidèle. Mieux, selon le dernier sondage de l'institut Gallup, le milliardaire républicain enregistre 49% d'opinions favorables, son score le plus élevé depuis son installation dans le Bureau ovale en janvier 2017. Ultime motif de satisfaction pour Le président américain cette semaine: les primaires démocrates pour lui désigner un adversaire ont débuté lundi dans l'Iowa par un retentissant fiasco nous y reviendrons sans doute.

Au fond, pour Donald Trump au cours de cette semaine de rêve, la seule légère contrariété fut sans doute Mitt Romney : seul élu républicain à voter la destitution du Président et le justifiant par des mots forts qui disaient le rejet du style Trump par une partie, mais une partie seulement, de l’Amérique.

Troisième partie : Municipales: 36 000 nuances de vert

La protection de l’environnement s’impose désormais au premier rang des inquiétudes des Français, a montré cette semaine l’enquête « Fractures françaises » de l’institut Ipsos Sopra-Steria pour Le Monde, la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne. 51 %  des personnes interrogées souhaitent des mesures environnementales rapides, même si cela entraîne des sacrifices financiers.

Signe de l’émergence –ENFIN-d’une conscience écologique mondiale : à force de canicules et d’incendies à répétition, de prévisions du GIEC, et de mobilisation massive des jeunes lors des marches climat. TOUS les partis politiques sans exception ont bien compris cette évolution sociétale, et à quelques semaines des municipales, les programmes des candidats rivalisent de créativité verte. Avec un avantage sur la ligne de départ pour l’écologie politique canal historique, EELV,-donnée grande favorite et en passe de devenir une troisième voie dans un paysage politique dominé par LREM et le RN, les écologistes apparaissant désormais comme une alternative crédible pour gérer de nouvelles grandes villes. 

36 000 nuances de vert donc, à l’horizon de ces Municipales, notamment à Paris où la guerre des candidats fait rage et la surenchère verte aussi, du Central Park à la place de la gare de l'Est de Benjamin Grivaux aux projets d’agriculture urbaine d’Anne Hidalgo… Paris, mon beau Paris, dis moi qui est le plus vert ?

Référence / conseil de lecture

  • Thomas Gomart, _L'affolement du monde. 10 enjeux géopolitiques (_Tallandier)
  • Bob Woodward, Peur. Trump à la Maison Blanche (Le Seuil, 2018)
Intervenants
  • Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls
  • Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  • Président et co-fondateur de la société de conseil Vae Solis Communications
  • diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
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