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Rome, Piazza di Spagna, 12 mars 2020

Coronavirus : château de cartes et vertige de l'inconnu

58 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de ce dimanche 15 mars, un seul sujet, le village global confronté à un ennemi commun : le coronavirus. Château de cartes et vertige de l'inconnu.

Rome, Piazza di Spagna, 12 mars 2020
Rome, Piazza di Spagna, 12 mars 2020 Crédits : Alberto PIZZOLI - AFP

C’est un dimanche matin qui ne ressemble à aucun autre : encore moins de monde dans les rues que ces autres dimanches où l’on part travailler, 3 personnes dans une rame de métro se tenant à bonne distance, et à la sortie, le kisoquier auquel on achète chaque semaine ses journaux est fermé, comme le troquet où l’on demande d’habitude un café à emporter. Maison de la Radio partout les affiches de concerts et d’évènements avec la mention annulée…

Nous venons de basculer dans l’inconnu : en France c’est à 20h jeudi en écoutant le Président Macron nous annoncer la fermeture des écoles colleges lycées et universités que nous avons commencé à comprendre, puis hier soir en écoutant cette fois Edouard Philippe ordonner la fermeture des restaurants cinémas et autres commerces « non indispensables à la vie du pays ». Ainsi donc, nous n’échapperions pas aux images d’abord chinoises, puis italiennes, à ces vies confinées dont nous nous étions d’abord dit qu’elles étaient spécifiques à la dictature d’un Xi Jinping, puis, ensuite, lorsque ces images s’étaient rapprochées, de l’autre côté des Alpes, nous avions fait les autruches avec le mécanisme bien connu du « ça n’arrive qu’aux autres ».

Quelle expérience vertigineuse que de se dire qu’à présent partout dans le monde ou presque nous allions avoir le même quotidien : plusieurs fois par jour, les médias, les réseaux sociaux, égrenant les nouveaux chiffres des contaminés et des morts, pays par pays, les bourses mondiales enregistrant de nouvelles chutes, les frontières se fermant les unes après les autres.

Nous tous confrontés au même avenir incertain, observant nos dirigeants gérer une situation totalement inédite et singulière, des politiques qui faisaient ce qu’ils savaient faire constatait samedi Laurent Joffrin dans Libération,  « les effondristes annonçaient l’effondrement, les souverainistes le retour de la souveraineté les interventionnistes plus d’intervention, les nationalistes le retour des nations, les écologistes l’avènement de la sobriété ».

Drôle de moment que traversait notre planète qui d’un coup nous semblait si petite, nous tous interdépendants mais pas forcément solidaires avait écrit Edgar Morin… Bienvenue dans le village global à l’heure du coronavirus, contraint de repenser hygiène, système de soins, dépenses publiques, scolarité, télé travail, mobilité….village global  qui allait devoir révéler ses failles mais aussi, pourquoi pas, sa résilience…

Intervenants
  • professeur des universités à Science Po Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).
  • journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde
  • Président et co-fondateur de la société de conseil Vae Solis Communications
  • diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
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