LE DIRECT

Dominique Strauss-Kahn - Le secteur agricole

59 min
À retrouver dans l'émission

Dominique Strauss-Kahn

Le directeur général du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn, était à Paris le week-end dernier pour participer à la réunion des ministres des Finances du G20. A cette occasion, Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir « renforcer et rehausser le rôle du FMI qui, plus que jamais, doit être la pierre d'angle de la coopération monétaire internationale ». Dominique Strauss-Kahn a accepté de répondre à une interview publiée lundi dans Le Parisien et il était invité dimanche au journal de 20 heures de France 2, qui a réalisé sa meilleure audience de la saison avec 7,2 millions de téléspectateurs. Il n’a pas voulu s’exprimer sur une éventuelle candidature aux primaires socialistes, dont le dépôt est fixé du 28 juin au 13 juillet et qui l’obligerait à démissionner du FMI avec lequel il s’est engagé jusqu’à fin 2012. Il a mis en avant le fait que sa fonction de directeur général du FMI lui interdisait de s’exprimer sur la politique française.

Dominique Strauss-Kahn a souligné qu’il était heureux d’avoir « la possibilité de dire à tous les chefs d’Etat et de gouvernement de la planète ce qui va et ce qui ne va pas » , puis a insisté sur la crise sociale que connaît aujourd’hui l’Europe en déclarant : « c'est en Europe qu'il y a la souffrance sociale la plus forte, et c'est là qu'il faut porter le fer ». Il a affirmé que le socialisme représentait pour lui « l’espoir, l’avenir, l’innovation ». « Aujourd’hui, c’est au FMI que je travaille », a-t-il enfin dit aux journalistes qui voulaient connaître ses projets pour les primaires socialistes. Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il répondait à sa femme, Anne Sinclair, qui ne souhaite pas qu’il fasse un second mandat au FMI, il a répondu : «elle n’était déjà pas d’accord pour le premier ! Mais ce qu’elle dit est important pour moi » .

Les réactions à gauche sont contrastées. L’ancien premier ministre Laurent Fabius l’a trouvé « extrêmement convaincant ». Le secrétaire national du Parti socialiste chargé de l’international, Jean-Christophe Cambadélis, a dit avoir « entendu un homme d’Etat, pas nécessairement un candidat ». De son côté, François Hollande, qui s’est entretenu avec Dominique Strauss-Kahn dimanche dernier, a déclaré : « J’ai appris, et c’est déjà important, que le FMI corrigeait les erreurs qui étaient jusque-là les siennes ». Ségolène Royal, en déplacement aux Antilles a affirmé « ce n'est pas mon rôle d'interpréter, de commenter, de lire entre les lignes ». Le président du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a parlé d’une « démonstration d’arrogance diplomatique ». A droite, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, l’a trouvé « très loin des Français, lointain et hautain ».

Selon l’Ifop, Dominique Strauss-Kahn obtiendrait 26% au premier tour contre 22% pour Nicolas Sarkozy et 19% pour Marine Le Pen. Selon un sondage CSA pour Marianne publié la semaine dernière, il obtiendrait 61% au second tour face à Nicolas Sarkozy.

Le secteur agricole

Le 48e Salon de l’agriculture s’est ouvert samedi dernier à Paris et s’achève aujourd’hui. Contrairement à l’année dernière, Nicolas Sarkozy l’a inauguré. Il a affirmé aux agriculteurs « vous ne disparaîtrez pas, vous continuerez à exister mais pas de la même manière » . En mars dernier, le chef de l’Etat s’était dit « prêt à aller à une crise en Europe plutôt que d'accepter le démantèlement de la PAC » .

Lundi, le président de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), Xavier Beulin, a affirmé son souhait de d’indexer le prix des produits alimentaires sur ceux des matières premières pour faire face à la flambée des cours. Le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire s’est dit favorable à cette proposition.

Le secteur agricole français a connu une crise sévère en en 2008 et 2009. Après une chute de 34 %, les revenus des exploitants agricoles sont repartis à la hausse en 2010, à la faveur de l’envolée du cours des matières premières agricoles, qui ont atteint un niveau historique en janvier. Le revenu annuel moyen d’un exploitant agricole s’est élevé en 2010 à 24 400 euros, soit 66 % de plus qu’en à 2009. Ce chiffre masque une grande disparité entre les filières : si les céréaliers tirent profit de la flambée mondiale des cours du blé, le secteur de l’élevage reste très pénalisé.

L’agriculture française représente 1,4 % du PIB. La France est le premier producteur agricole des pays de l’Union Européenne, avec une production agricole de 61 milliards d’euros en 2009 (19 % de la production européenne). Elle est la quatrième puissance exportatrice agricole dans le monde, derrière les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne. L'excédent commercial agroalimentaire de la France est passé de 5,4 milliards en 2009 à 8,1 milliards d’euros en 2010, se rapprochant ainsi de son niveau d’avant 2008.

La surface agricole utilisée (SAU) occupe aujourd’hui 32 millions d’hectares sur les 55 millions de la superficie du territoire métropolitain. Le secteur agricole comprend 770 000 actifs permanents travaillant sur une exploitation professionnelle, soit 3,3 % des actifs français. 18 % des exploitants ont plus de 55 ans et plus de la moitié sont âgés de 40 à 55 ans. Ils sont 10 % à avoir moins de 35 ans.

Le Parlement a adopté en juillet 2010 un projet de loi sur la modernisation de l’agriculture, qui prévoit des dispositifs d’assurance contre les risques climatiques et économiques et des caisses de solidarité mêlant fonds publics et privés.

La Politique Agricole Commune (PAC) doit être révisée en 2013. En 2010, elle représentait 57 milliards d’euros, soir 40% du budget de l’UE. Les deux tiers des 13,7 millions d’exploitations agricoles recensées dans l’UE se concentrent dans quatre pays : l’Italie, l’Espagne, la Roumanie et la Pologne. La révision de la PAC devrait voir s’affronter les partisans d’un budget conséquent, comme la France et l’Allemagne, et les partisans d’une réduction de son montant, comme l’Angleterre.

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
  • Journaliste, cofondateur de Slate.fr et directeur de la rédaction du magazine Enjeux-Les Échos.
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......