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Manifestation pour la défense de 'hopital public à Paris, le 14 novembre / Femme se recueillant devant le Bataclan le 13 novembre 2018, 4 ans après les attaques terroristes ayant entraîné le mort de 130 personnes

Étudiants, hôpitaux, retraités: diagnostic d’une colère française / Djihadisme: le mal du siècle ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Tentative de diagnostic d'une colère française, un an après le début du mouvement des Gilets Jaunes, tandis que les malaises étudiant et hospitalier se sont faits entendre cette semaine. Et puis, 4 ans après les attentats du 13 novembre 2015, comment le djihadisme s’est-il invité dans nos vies ?

Manifestation pour la défense de 'hopital public à Paris, le 14 novembre / Femme se recueillant devant le Bataclan le 13 novembre 2018, 4 ans après les attaques terroristes ayant entraîné le mort de 130 personnes
Manifestation pour la défense de 'hopital public à Paris, le 14 novembre / Femme se recueillant devant le Bataclan le 13 novembre 2018, 4 ans après les attaques terroristes ayant entraîné le mort de 130 personnes Crédits : STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec les journalistes Christine Ockrent et Gérard Courtois, l’économiste Daniel Cohen et l’essayiste Philippe Manière.

Première partie - Étudiants, hôpitaux, retraités : diagnostic d’une colère française

Un étudiant lyonnais s’est immolé par le feu vendredi 8 novembre devant les locaux du CROUS, après avoir laissé un message indiquant que son geste était motivé par des difficultés financières, visait volontairement un lieu politique et par extension le gouvernement.  L’événement a déclenché beaucoup d’articles cette semaine sur les conditions étudiantes en France, avec les inévitables batailles de chiffre, ceux citant celui des 20% d’étudiants vivant sous le seuil de pauvreté, et à l’inverse ceux rappelant que la notion d’abandon par l’Etat était à relativiser, la France dépensant 13 900 euros par an en moyenne pour un étudiant contre 13 400 dans l’OCDE et dépensant 2 fois plus que les autres pays de la même zone pour les aides aux repas, transports et logements des étudiants. 

Même genre de décalage avec la colère des professionnels de l'hôpital public, entendue également cette semaine. Tout le personnel hospitalier est allé manifester jeudi 14 novembre, dans toute la France, pour dénoncer une situation intenable et exiger davantage de moyens et d'effectifs. Au même moment, dans son Panorama de la santé 2019 l'OCDE décernait un ­satisfecit à la ­France et notamment à "la grande ­qualité" des soins délivrés par ses hôpitaux. Au total, les dépenses pour se soigner ­représentent 11,2% du PIB, l'une des proportions les plus élevées de l'OCDE où la moyenne est de 8,8%.  Malgré la chasse aux lits conduite ces dernières années et le développement des soins ­ambulatoires, l'offre ­hospitalière est plus large que chez nos voisins. Avec un ratio de 182 lits pour 1.000 habitants la France est mieux dotée que le Canada ou le ­Royaume-Uni, mais moins bien que l'­Allemagne, le pays du tout-hôpital.  L’OCDE souligne cependant que les mesures d'économie conduites ces dernières années réduisent les marges de manœuvre des services. Et que les salaires des infirmiers spécifiquement ont fait les frais de ces politiques d'austérité. À l'hôpital, leurs rémunérations sont ainsi inférieures à celles pratiquées dans les autres pays de l'OCDE.  

De la rationalité froide des chiffres dans les rapports, au ressenti de ceux qui vivent ces situations au quotidien : colère hospitalière, colère étudiante, colère de ceux qui se préparent le 5 décembre prochain à protester contre la réforme des retraites. Un an après la crise des Gilets jaunes, comment caractériser cette ou ces colères françaises, et surtout, comme les apaiser ?

Deuxième partie - 13/11, Erdogan, Rapport Fondapol :  Djihadisme :  le mal du siècle ?

C’est un rapport qui ne donne pas le remède mais qui a le très grand mérite de présenter parfaitement le tableau clinique. 40 ans de terrorisme islamiste c’est le titre de cette étude de la Fondation pour l’innovation politique que dirige Dominique Reynié, l’un de nos fidèles visiteurs du dimanche. Quantifier et localiser précisément le phénomène djihadiste de ses origines en 1979 à nos jours : presque 34 000 attentats, plus de 160 000 morts, 81 pays touchés, mais avec des écarts considérables. Plus de 44% des attentats commis au Moyen Orient et donc des victimes majoritairement musulmanes, 30% d’attentats commis en Asie du sud (Afghanistan, Pakistan Inde), plus de 20% en Afrique sub-saharienne, Europe et Russie loin derrière avec seulement 0,9% des attentats. Et dans ce secteur européen la France la plus touchée avec 71 attentats et 317 morts.

Une étude qui montre clairement la domination de l’Etat islamique dans ce morbide palmarès et l’intensification des actes ces dernières années, l’Etat Islamique ou Daech en tête avec plus de 52 000 morts, devant les Talibans, Boko Haram et Al Qaeda.

Mais au fond, peu importe l’acronyme et c’est ce que nous enseigne cette Etude de la Fondapol. L’essentiel reste ce fait commun avec lequel nous devons désormais tous composer quel que soit notre pays ou presque : la possibilité de l’attentat islamiste, défini comme l’usage illégal de la violence par un acteur non étatique visant par la terreur à l’instauration d’un ordre politique et social fondé sur la religion musulmane interprétée dans un sens fondamentaliste. Poser les chiffres, les faits, les définitions, pour espérer mener un débat sans tabous, face à un fléau conçu justement par ses théoriciens pour nous empêcher de débattre rationnellement mais au contraire nous conduire à nous diviser entre clans identitaires, à grands renforts de mesures simplistes et souvent extrêmes : ou comment « le populisme et le terrorisme peuvent se nourrir mutuellement dans une spirale mortifère » écrivait cette semaine le journaliste Stéphane Albouy…

Alors Djihadisme : le mal du siècle ? En France, c’est en 2015 qu’il est vraiment rentré dans nos vies et dans nos cauchemars.

Intervenants
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
  • journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure, Président de l'Ecole d'Economie de Paris
  • Président et co-fondateur de la société de conseil Vae Solis Communications
L'équipe
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