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Simone et Antoine Veil au Panthéon le 1er juillet

Simone Veil : un Panthéon pour ne jamais oublier ?

58 min
À retrouver dans l'émission

L'Esprit public en direct et en public du studio 106 avec Monique Canto Sperber, philosophe, Daniel Cohen, économiste, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au Monde et Wajdi Mouawad, dramaturge et directeur du théâtre de la Colline. Et la participation exceptionnelle du pianiste Ibrahim Maalouf.

Simone et Antoine Veil au Panthéon le 1er juillet
Simone et Antoine Veil au Panthéon le 1er juillet Crédits : Ludovic Marin - AFP

Simone Veil, la crise de l'Europe sur les migrants et la limitation à 80 km/h : l'Esprit public en direct et en public du studio 106 avec Monique Canto Sperber, philosophe, Daniel Cohen, économiste, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au Monde et Wajdi Mouawad, dramaturge et directeur du théâtre de la Colline. Et la participation exceptionnelle du pianiste Ibrahim Maalouf.

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Simone Veil : Un Panthéon pour ne jamais oublier ?

L'académicienne Simone Veil et son époux Antoine seront inhumés ce dimanche au Panthéon.
L'académicienne Simone Veil et son époux Antoine seront inhumés ce dimanche au Panthéon. Crédits : Thomas SAMSON / AFP - AFP

Simone Veil entre au Panthéon ce dimanche, un an presque jour pour jour après sa mort, aux côtés de son mari Antoine, lors d’une cérémonie organisée par l’Elysée et riche de symboles et de références à cette idée européenne dont elle était une inlassable promotrice : les pavés de la rue Soufflot recouverts d'un tapis bleu; la chanson de Jean Ferrat "Nuit et brouillard" et Barbara Hendricks pour interpréter la Marseillaise. Et à toutes les valeurs qu’incarnait cette femme transcendée par l’Histoire : le féminisme, le courage, la Résistance, l’Europe, la paix. Simone Veil célébrée en ce 1er juillet 2018, au moment où l’Europe est fracturée comme jamais, fermée, réduite à son plus petit dénominateur commun, quelle ironie du sort...

Europe : comment en est-on arrivés là ?

Horst Seehofer, ministre de l'Intérieur allemand, Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien, Sebastian Kurz, chancelier fédéral d'Autriche, Viktor Orban, premier ministre hongrois
Horst Seehofer, ministre de l'Intérieur allemand, Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien, Sebastian Kurz, chancelier fédéral d'Autriche, Viktor Orban, premier ministre hongrois Crédits : T. FABI / M. KAPPELER - DPA / D. AYDEMIR - Anadolu Agency / A. OIKONOMOU - AFP

Vendredi 29 juin, les 28 pays membres de l'Union se sont mis d’accord sur la création de centres d’accueil sur le sol européen, mais sur la base du volontariat : l’Autriche de Sebastian Kurz ayant déjà écarté l’idée d’accueillir de tels centres sur son sol. Les aides seront également renforcées pour le dispositif Frontex, et pour les pays de transit comme la Turquie ou ceux du Maghreb. Il s’agira aussi d’éviter les déplacements de migrants entre les pays de l’Union, les 28 promettant de revoir Dublin, afin de désenclaver les pays riverains de la Méditerranée. Il a fallu des heures de négociation pour en arriver là. Et l’on sent bien qu'à l'issue de cet accord, les participants se sont un peu forcés pour parler de « victoire », a fortiori quand, quelques heures après la fin du sommet, Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien, annonçait que les ports italiens seraient fermés tout l’été aux bateaux des ONG humanitaires. Si Angela Merkel a sobrement qualifié de "positif" le texte final, la déclaration d'Emmanuel Macron, sobre elle aussi, semblait vaguement contrainte. En attendant, les extrêmes-droites européennes continuent de brandir le « spectre de la submersion migratoire » et l'Europe se transforme progressivement, si ce n'est en forteresse, du moins en continent difficile d’accès. Comment en est-on arrivés à cette Europe-là ?

Limitation à 80km/h : l'esprit français est-il râleur ?

Que nous dit la polémique autour de la limitation à 80km/h de l'esprit râleur tellement français, marqué par un rapport incivique à la norme - et à la loi en général - qui nous distingue de nos voisins européens ?
Que nous dit la polémique autour de la limitation à 80km/h de l'esprit râleur tellement français, marqué par un rapport incivique à la norme - et à la loi en général - qui nous distingue de nos voisins européens ? Crédits : JEFF PACHOUD / AFP - AFP

La limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires entre en vigueur ce dimanche et pour une durée d’expérimentation de deux ans. Depuis de semaines, les associations d’automobilistes et de motards manifestaient bruyamment, jusqu'à ce que la polémique ne prenne un tour plus politique : certains ténors de l’opposition interprétant cette nouvelle limitation comme la mise en œuvre déguisée d’une nouvelle « pompe à fric » qui ferait fi de la réalité de territoires ruraux ou de montagne dont le réseau routier sera largement concerné par cette réduction de vitesse. Est-il si scandaleux de demander à ces automobilistes de perdre deux minutes sur un trajet... si cela permet de sauver 400 vies par an ? Et pourquoi parler de « pompe à fric » ? A moins de présupposer que l'automobiliste français, en vertu d'un certain esprit "gaulois", ne pourra qu'enfreindre la loi et par conséquent devoir à l’Etat le prix de l'amende ? Est-ce à cause de ce même "esprit" qu'une société de vélos en libre-service a quitté la France en mars dernier en raison des actes de vandalisme dont elle était victime ? En 2014, une étude nous plaçait en avant-dernière position du classement du civisme en Europe, juste devant les Slovaques. Comment faut-il qualifier cet "esprit" qui adore fumer où c’est interdit, jeter son chewing-gum par terre, mettre ses pieds sur les fauteuils dans les transports en commun, marcher sur les pistes cyclables, mépriser les consignes de tri sélectif et traverser au rouge : frondeur, râleur... ou carrément incivique ?

Intervenants
  • Philosophe, directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l’ENS et ancienne présidente de l'université Paris sciences et lettres (PSL), auteure de plusieurs ouvrages de philosophie antique et philosophie morale contemporaine
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure
  • Directrice éditoriale au journal Le Monde. Spécialiste notamment des questions internationales.
  • Auteur, metteur en scène, comédien et directeur du théâtre national de la Colline
  • Musicien, compositeur, arrangeur
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