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Faut-il poser la question de l'efficacité des aides sociales ? / Qui a peur de Recep Tayyip Erdoğan ?

59 min
À retrouver dans l'émission

L'Esprit public ce dimanche avec Daniel Cohen, économiste, Gaspard Gantzer, ancien conseiller en communication de François Hollande, Philippe Manière, directeur du cabinet de conseil Footprint et Christine Ockrent, journaliste et productrice d’Affaires étrangères.

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' Crédits : PHILIPPE HUGUEN / AFP - AFP

Première partie. Faut-il poser la question de l'efficacité des aides sociales ? 

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' Crédits : Alain Pitton / NurPhoto - AFP

L’heure est donc venue pour le gouvernement d’entrer dans le « maquis » des aides sociales : oser l’évaluation de leur « efficacité » tout en rassurant sur la pérennité d’un Etat continuant d’assurer la protection des plus faibles. Mais entre ce ministre qui déclare qu’il y a "trop" d’aides sociales et celle qui dit qu’il n’est pas question "d’y toucher", il y a …. la direction du budget à Bercy, chargée de proposer un catalogue d’économies. Que retiendra de ce catalogue - surnommé le « Musée des horreurs » dans les couloirs du Ministère - Emmanuel Macron qui a promis de baisser la dette sans augmenter les impôts ? Comment évitera-t-il d’être perçu comme le président des riches ? Et que dira-t-il à l’aile gauche de sa majorité qui l’incite à mettre enfin en avant le volet social de son projet ? 

RSA, APA, AAH, APL, allocations familiales, retraites, indemnités chômage : ces prestations sociales qui représentaient en 2016 26% des dépenses publiques françaises (soit près de 5 points de plus en une quinzaine d’années) font la spécificité d’un modèle d’Etat protecteur, régulateur, redistributeur. Qu’en fera le Président de la République ? En condamnera-t-il certaines ou se contentera-t-il d'en revoir les conditions d’accès et la revalorisation ? Comment fera-t-il pour n’apparaître ni comme l’incarnation d’un pouvoir technocrate mettant à mal un état social, ni comme celui qui, à force de plaider le « en même temps », n’accomplit,  à l'instar de son prédécesseur, que des réformes cosmétiques sans effets réels sur l’ampleur de nos déficits ? Que doit-on lire enfin entre les lignes de ces propos sibyllins : « Nous allons faire des économies sans toucher aux paramètres » ?
 

Seconde partie. Qui a peur de Recep Tayyip Erdoğan ? (et la nouvelle vogue des hommes forts)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, 4 avril 2018.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, 4 avril 2018. Crédits : ADEM ALTAN / AFP - AFP

Un portrait en gros plan du président turc, Recep Tayyip Erdoğan et deux mots : "Le dictateur", telle était la Une, sobre et efficace, de l'hebdomadaire Le Point la semaine dernière. Un titre clair, comme pour ne pas avoir les pudeurs de ceux qui emploient les mots d’autocrates, de démocratures pour qualifier sur le mode de la litote ces leaders politiques du XXIe siècle : Vladimir Poutine, Xi Jinping ou encore Rodrigo Duterte. Mais la clarté de ce titre a suscité la colère des partisans du président Erdoğan, et de militants qui sont allés jusqu’à contraindre des kiosquiers à retirer l’affiche de leur vitrine, comme au Pontet dans le Vaucluse où la gendarmerie a dû intervenir pour rétablir l’ordre. Incroyable affaire médiatico-diplomatique qui a poussé le président de la République à réagir officiellement, jugeant « inacceptable que des affiches soient retirées au motif qu’elles déplaisent aux ennemis de la liberté ». Déclenchant en retour cette riposte du chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu  : « La démocratie ne se limite pas à l’acceptation d’insultes et de mensonges, c’est aussi la prise en compte des sensibilités de l’autre. » Une affaire folle qui a fait dire à Charlie Hebdo  « Je suis le Point » et nous interroge sur cette nouvelle génération de dictateurs qui ne supportent pas qu’on remette en cause leur attachement démocratique. A l’instar d’Erdoğan qui condamne à la prison à perpétuité des écrivains, comme Ahmet Altan, jette des centaines de journalistes en prison, limoge des fonctionnaires et fait arrêter des milliers de personnes au simple motif de leur participation à des manifestations critiquant le régime. Dès lors se pose la question : faut-il avoir peur d’Erdoğan ? Et au-delà, de ces dictateurs si populaires qu'on dit d'eux qu’ils sont « les hommes forts » du nouveau monde….

Et le conseil de Gaspard Gantzer : Fluctuat Nec Mergitur, la série documentaire consacrée aux attentats du 13 novembre 2015, disponible par abonnement sur Netflix.

Intervenants
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure
  • co-fondateur de l'agence de conseil en communication "2017", ancien conseiller en communication de François Hollande
  • Président et co-fondateur de la société de conseil Vae Solis Communications
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
L'équipe
Production
Réalisation
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