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Emmanuel Macron à l'Elysée le 17/12/18 // Donald Trump et Xin Jinping à Pékin en novembre 2017

France : quelle doctrine économique après les "gilets jaunes" ? // Chine / Etats-Unis : expansionnisme contre isolationnisme ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec les philosophes Monique Canto-Sperber et François-Xavier Bellamy, l'économiste Daniel Cohen et le journaliste du Monde Gérard Courtois.

Emmanuel Macron à l'Elysée le 17/12/18 // Donald Trump et Xin Jinping à Pékin en novembre 2017
Emmanuel Macron à l'Elysée le 17/12/18 // Donald Trump et Xin Jinping à Pékin en novembre 2017 Crédits : BENOIT TESSIER / Nicolas ASFOURI - AFP

Première partie - France : Quelle doctrine économique après les "gilets jaunes" ?

La révolte des "gilets jaunes" resterait à n’en pas douter comme l’événement politique français de l’année 2018. Après un samedi marqué par un net fléchissement de la mobilisation, 38 600 Gilets Jaunes contre 66 000 la semaine précédente, cette fois, la trêve des confiseurs s’annonçait. Le chef de l’Etat avait dû mettre sur la table 10 milliards d’euros de mesures en faveur du pouvoir d’achat pour tenter d’éteindre l’incendie. Tant pis pour les comptes publics. Restait maintenant l’inconnue de 2019 : que deviendrait le macronisme des origines ? Doctrine économique qui avait voulu penser une conception de l’égalité différente de celle que portait traditionnellement la gauche, en mettant l’accent sur l’émancipation : par exemple en privilégiant toujours les revenus du travail à ceux de l’inactivité.  Sauf qu’aujourd’hui la question de la redistribution devenait incontournable.

Qui était donc le Macron de cette fin 2018 ? Quelle était sa doctrine ? Strauss khanienne ? Lui qui avait voulu débrider l’économie française, l’assouplir, la moderniser à marche forcée (ordonnances travail), lui fournir les armes de la concurrence (réforme de la SNCF), alléger la fiscalité des entreprises et des patrimoines (disparition de l’ISF). Macron était-il  inspiré par l’allemand Gerart Schroeder, lui qui avait voulu commencer par des réformes économiques sévères quitte à attendre (trop longtemps) les fruits d’une croissance retrouvée. Le pari d’une valse à 3 temps : chirurgie libérale d’abord, thérapeutique sociale ensuite, guérison enfin.  Le mot « réformes » était-il encore audible dans la France d’Emmanuel Macron et des Gilets Jaunes, alors même que s’annonçaient les épineuses réformes des retraites, de l’assurance chômage, et le chantier vertigineux de la réforme de l’état ? Comment trouver un minimum d’équité sur le plan fiscal et redistributif, donner des signaux prouvant qu’Emmanuel Macron n’était pas QUE  le président des riches ? Le marcheur du « en même temps » avait jusqu’ici donné le sentiment de savoir surtout utiliser sa jambe droite. Les gilets jaunes lui avaient rappelé l’usage de sa jambe gauche.

Mais au fond en politique pouvait-on être bipède ?
 

Deuxième partie - Chine / Etats-Unis : expansionnisme contre isolationnisme ?

Une porte qui claque et surtout un coup de semonce ! En présentant jeudi sa démission à Donald Trump, Jim Mattis, le ministre de la défense américain marquait clairement son opposition à une décision présidentielle lourde de conséquences : le retrait des troupes de Syrie et la préparation d’un désengagement partiel en Afghanistan ! Mattis qui incarnait une forme de stabilité au sein d’une administration traversée de secousses, un garde fou.Un verrou supplémentaire avait sauté, qui disait cette fois la fin de l’Amérique gendarme du Moyen Orient, tandis que le Président Trump invitait la Russie, l’Iran, la Syrie et beaucoup d’autres à prendre le relais contre l’Etat Islamique. A Moscou d’ailleurs, Vladimir Poutine avait salué « une décision juste », usant d’un « Donald a raison » inhabituel. La fin des Alliés disaient certains, France, Royaume Unis et Allemagne ne cachant pas leur inquiétude, la fin de ce qu’on appelait même « l’occident » osaient même certains. 

Pendant ce temps, en « Orient », la Chine fêtait en grande pompe 40 ans de réformes économiques et d’ouverture du pays, le grand leader Xi Jinping se lançant dans un grand discours d’une heure 30, pour dire que le grand drapeau du socialisme flottait toujours sur la terre chinoise, que personne ne pouvait donner de leçon au peuple chinois : en clair aucune leçon désormais à recevoir du monde occidental, la Chine se disant prête à jouer « progressivement un rôle central sur la scène mondiale » !

La Chine ne cherchera jamais l’hégémonie dit Xi Jinping, tout en annonçant son rôle désormais central et au moment où, cruelle ironie du sort, l'Amérique confirme son repli, nous vivons la confirmation d’un transfert de puissance d’un continent à l’autre ?

Intervenants
  • philosophe, directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l’ENS et présidente fondatrice de PSL, auteure de plusieurs ouvrages de philosophie antique et philosophie morale contemporaine
  • professeur de philosophie, maire adjoint (sans étiquette) de Versailles, auteur de « Les Déshérités » et de « Demeures », tête de liste "Les Républicains" aux européennes 2019
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure
  • journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde
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