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Emmanuel Macron lors de la conférence de presse du 25/04/19 ; le Général de Gaulle lors d'une conférence de presse en juillet 1964 / Donald Trump / Hassan Rohani

La conférence de presse présidentielle : un exercice de style ? / Trump et l’Iran : d’où vient l’obsession ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine avec la philosophe Monique Canto-Sperber, le professeur de relations internationales Bertrand Badie, l'économiste Daniel Cohen et l'ancien Ministre des affaires étrangères Hubert Védrine.

Emmanuel Macron lors de la conférence de presse du 25/04/19 ; le Général de Gaulle lors d'une conférence de presse en juillet 1964 / Donald Trump / Hassan Rohani
Emmanuel Macron lors de la conférence de presse du 25/04/19 ; le Général de Gaulle lors d'une conférence de presse en juillet 1964 / Donald Trump / Hassan Rohani Crédits : Ludovic Marin / Archives AFP / Mandel Ngan / Adem Altan - AFP

Première partie - La conférence de presse présidentielle: un exercice de style?

La conférence de presse élyséenne était un exercice avec lequel le Général de Gaulle avait eu l’occasion de se familiariser, lui qui en avait mené dix-sept en 10 ans ! Pour Emmanuel Macron jeudi dernier, c’était la première du genre, et la référence au père de la Ve république était claire notamment dans la mise en scène : le président Macron ayant choisi de s’asseoir comme le général à une table, en surplomb des journalistes. Première conférence de presse à l’Elysée de l’ère Macron et  un discours qui semblait moins qu’auparavant chanter l’air du « en même temps » : ainsi Laurent Joffrin avait noté dans Libération un manifeste  « virage en ligne droite », cette « droite sociale » qui longtemps avait défini la droite gaulliste : Dédoublement des classes, prise en charge par l’état des pensions alimentaires non réglées, gel des fermetures d’écoles ou d’hopitaux, création de maisons de service public : autant de mesures sociales pour accompagner par ailleurs un discours qui rappelait beaucoup celui d’un Nicolas Sarkozy: sur le travailler plus, la politique migratoire et l’Islam politique.

Mais si Macron était devenu un président de la droite sociale, cela ne satisfaisait pas totalement le Figaro ! Certes le quotidien saluait comme « une sage décision » le non rétablissement de l’ISF et les baisses annoncées de l’impot sur le revenu pour les tranches les plus basses, mais il jugeait décevant en revanche le recul du président sur les 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires et sur l’age légal de départ à la retraite. Enfin seul Le Parisien semblait avoir apprécié la formule  certainement ciselée pour être la « punch line » du jour, cet « art d’être français » mentionné à plusieurs reprises par le chef de l’état, Le Parisien saluant une volonté présidentielle  d’oxygéner la démocratie par le recours annoncé au référendum d’initiative partagée, une dose de proportionnelle aux législatives et une gouvernance revue, moins techno et plus proche du terrain.  Et puis il y avait eu un passage du discours qui lui n’était clairement pas « gaullien » : celui où le président macron avait confirmé la révision de l’ENA, fondé en 1945 par les Gaullistes, ou lorsqu’il avait également dit sa méfiance quant à la pratique du référendum national.

Enfin, à l’issue de ce long propos liminaire du président, les journalistes avaient  pu poser leurs questions. Et il était tragi comique de se dire qu’à la fin, l’histoire ne retenait pas grand-chose de ces grand-messes médiatico-politiques. Restaient quelques formules : pour le meilleur mais aussi pour le pire…. 

Deuxième partie - Trump et l’Iran: d’où vient l’obsession?

Le Président américain Donald Trump avait annoncé lundi que plus aucun pays ne pourrait acheter de pétrole iranien à partir du 2 mai prochain, dans le but je cite «  de porter à zéro » les exportations de Téhéran et je cite toujours «  de priver le régime de sa principale source de revenus ». En clair, Washington avait décidé cette semaine de mettre fin au régime des dérogations qui permettaient encore à 8 pays, Chine Inde turquie japon Corée du sud Taiwan Italie et Grèce d’importer du brut iranien . Une décision américaine qui avait fait grimper lundi les cours du pétrole à leur plus haut niveau de l’année.

Une phase nouvelle de pression sur Téhéran, interprétée comme une preuve supplémentaire que Donald Trump voulait mettre l’Iran à genoux en frappant le secteur clef de son économie, une stratégie de pression maximale dans le but de faire revenir les Iraniens à la table des négociations. Le but de la Maison blanche : parvenir avec Téhéran à un nouvel accord global qui, outre le nucléaire, traiterait du programme balistique iranien, ainsi que du soutien de la République islamique aux groupes et pays hostiles aux intérets américains au Moyen Orient, milices chiites en Irak, rebelles houtis au Yemen, régime Syrien de Bachar, Hezbollah libanais et Hamas palestinien.

Restait maintenant à évaluer les effets en cascade d’une telle décision, et le risque d’escalade que certains redoutaient.

Intervenants
  • professeur des universités à Science Po Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).
  • Philosophe, directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l’ENS et ancienne présidente de l'université Paris sciences et lettres (PSL), auteure de plusieurs ouvrages de philosophie antique et philosophie morale contemporaine
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure
  • diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
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