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La Côte d’Ivoire - La Hongrie face à l’Union Européenne

59 min
À retrouver dans l'émission

La lutte entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire

La Côte d'Ivoire est plongée dans une grave crise politique depuis l’élection présidentielle du 28 novembre, à l’issue de laquelle la Commission électorale indépendante avait déclaré Alassane Ouattara vainqueur avec 54,1 % des voix, contre 45,9 % pour le président sortant Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara a été reconnu président par la communauté internationale, et Laurent Gbagbo s’est proclamé président du pays, chacun formant un gouvernement.

Le premier ministre kenyan Raila Odinga a conduit une mission de la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) au début de la semaine à Abidjan, afin de convaincre Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir. Ce dernier a offert mardi de négocier sans condition préalable une « issue pacifique » à la crise et de lever le blocus instauré autour de l'hôtel du Golf, où résident Alassane Ouattara et son gouvernement, sous protection des Nations unies. Le camp du président Ouattara a rejeté la proposition. Après l’échec de la médiation, la Cédéao a indiqué que « l’option militaire pouvait aussi être considérée comme un moyen de résoudre de façon durable la crise en Côte d'Ivoire » .

Mercredi, Alassane Ouattara a affirmé « je suis pour la paix dans mon pays. Je préfère une solution pacifique, une solution négociée » . « Les risques de guerre civile n'existent pas du tout » a-t-il ajouté. Jeudi, il s’est dit favorable à une « opération spéciale non violente » des Etats de l’Afrique de l’Ouest pour « enlever Laurent Gbagbo » et le chasser du pouvoir. « Il appartient à la Cédéao de prendre des mesures nécessaires qui peuvent inclure la force légitime » a-t-il déclaré. Alassane Ouattara s’est également dit « confiant » et certain d’avoir « la totalité du pouvoir dans les jours à venir ». Il a promis que Laurent Gbagbo partirait « avant la fin du mois de janvier » .

Selon l’opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), le dernier bilan fait état de 210 morts depuis mi-décembre, dont 31 dans la semaine écoulée, notamment lors d'affrontements entre communautés dans l'Ouest.

Le gouvernement de Laurent Gbagbo a annoncé jeudi le renvoi de Côte d’ Ivoire des ambassadeurs de Grande-Bretagne et du Canada. Le gouvernement d’Alassane Ouattara, a rejeté cette décision qu’il a qualifiée de « nulle et de nul effet » . De son côté, le département du Trésor américain a gelé jeudi les avoirs de Laurent Gbagbo aux Etats-Unis.

Nicolas Sarkozy a assuré que les 900 soldats français présents en Côte d'Ivoire « n'ont pas vocation à s'ingérer dans les affaires intérieures » du pays. Alain Juppé, ministre de la Défense, a confirmé mardi que « la France ne prendra pas l'initiative d'une intervention militaire » . La communauté française en Côte d’Ivoire compte 15 000 ressortissants (sur 21 millions d'habitants), essentiellement concentrés à Abidjan.La Hongrie face à l’Union Européenne

La Hongrie, qui est entrée dans l’Union Européenne en 2004, a pris le 1er janvier la présidence tournante de l’UE pour six mois. La présidence sera assurée par le premier ministre hongrois Viktor Orbán, dont le parti nationaliste Fidesz a remporté plus des deux tiers des sièges aux élections législatives en avril 2010.

Depuis son accession au pouvoir, Viktor Orbán a mis en œuvre une série de mesures qui heurtent l’UE. Il a réduit les compétences de la Cour constitutionnelle, qui ne pourra plus s’exprimer sur les questions budgétaires et fiscales, ni sur la question du droit à la propriété privée. Une nouvelle loi sur les médias, promulguée mi-décembre et entrée en vigueur le 1er janvier, a instauré une autorité de contrôle sur les médias publics et privés, qui est en mesure d’infliger des amendes pouvant aller jusqu'à 730 000 euros en cas « d'atteinte à l'intérêt public, l'ordre public et la morale » , ou encore d’« informations partiales » . Cette entité chargée de réguler la presse écrite, l’audiovisuel, les sites internet et les blogs est composée de membres du parti au pouvoir.

La Commission européenne a fait part lundi de ses « doutes » sur la conformité de cette loi avec les textes européens, notamment la Charte des droits fondamentaux, et a demandé mercredi des « clarifications » à la Hongrie. Au Parlement européen, les socialistes, les libéraux et les écologistes ont demandé au président de la Commission, José Manuel Barroso, de prendre des mesures nécessaires contre une loi « clairement répressive, en contradiction totale avec les traités européens » .

Le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, a critiqué la loi hongroise. En France, le porte-parole du gouvernement François Baroin a demandé mardi une réaction européenne « suffisamment forte sur le plan politique et diplomatique » afin de « mettre entre parenthèses » la loi incriminée. Viktor Orbán a répondu jeudi : « j'estime que la manière avec laquelle les gouvernements français et allemand ont réagi dans ce débat est trop prématurée et inutile » . Vendredi, le premier ministre hongrois a finalement assuré que la Hongrie modifiera sa loi sur les médias si l’Union Européenne l'exige, tout en se disant convaincu que son pays ne recevra pas d’avis négatif. De son côté, José Manuel Barroso a assuré que « la loi sera mise en œuvre dans le respect total des valeurs de l'UE et de la liberté des médias » .

Le déficit public de la Hongrie pour 2010 a atteint 3,8% du PIB, un chiffre conforme à l’engagement pris par l’Etat hongrois vis à vis des institutions internationales qui lui avaient accordé un crédit de 20 milliards d’euros en octobre 2008. Ce résultat a été obtenu par le gel des dépenses publiques et par la mise en place d’une une « taxe exceptionnelle » visant les grands groupes des secteurs de l'énergie, des télécommunications et de la grande distribution. Les multinationales concernées, qui sont presque toutes étrangères, ont saisi la Commission européenne.

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
  • Journaliste, cofondateur de Slate.fr et directeur de la rédaction du magazine Enjeux-Les Échos.
  • directeur général de Terra Nova
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