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La crise chypriote, droit de suite - L'intervention de F. Hollande à la télévision jeudi

59 min
À retrouver dans l'émission

La crise chypriote – droit de suite

Après le rejet par le Parlement chypriote, le 16 mars, des conditions du plan d’aide proposé la semaine dernière par l’Union européenne et le FMI qui prévoyait, en l’échange du versement de 10 milliards d’euros, la taxation des dépôts bancaires, les représentants des institutions européennes, du FMI et le président chypriote Nikos Anastasiades sont parvenus lundi à un accord sur les conditions d’un nouveau plan de sauvetage. Le versement de l’aide de 10 milliards d’euros (dont 9 pris en charge par le Mécanisme Européen de Stabilité et 1 par le FMI) prévoit en contrepartie d’importantes réformes, parmi lesquelles la restructuration du secteur bancaire du pays. « Le plan se concentre sur les deux banques qui posent problème », a expliqué Christine Lagarde, la directrice générale du FMI. La Bank of Cyprus, première enseigne bancaire du pays, sera restructurée. Les dépôts d’un montant supérieurs à 100.000 euros seront amputés dans une proportion comprise entre 30 et 50%, opération qui permettra de générer 4,2 milliards d’euros destinés à recapitaliser l’établissement. La Laiki Bank, deuxième établissement du pays, sera démantelée, au prix de lourdes pertes pour les gros comptes, les actionnaires et les créanciers obligataires. Les dépôts inférieurs à 100.000 euros seront repris par la Bank of Cyprus, qui devra également assumer à l’égard de la BCE la dette d’un montant de 9 milliards d’euros de la banque Laiki. A eux deux, ces établissements représentent 80% des avoirs bancaires chypriotes. Vendredi 22 mars, le Parlement chypriote avait voté une série de lois permettant cette restructuration, prévoyant l’encadrement des transactions financières et restreignant les mouvements de capitaux. « Toutes les lois nécessaires sont en place », a précisé Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe. Jeudi, les banques du pays ont rouvert après douze jours de fermeture. Un décret limite les retraits en espèces aux guichets à 300 euros par jour, par personne et par banque, et limite les paiements et virements à l’étranger à 5.000 euros par mois.

Christine Lagarde a jugé que l’accord fournissait « un plan complet et crédible pour traiter les défis économiques auxquels est confronté le pays ». « L’Europe prétend nous aider mais le prix à payer est trop élevé », a pour sa part jugé le Ministre des Affaires étrangères chypriote Ioannis Kasoulides dans un entretien aux Echos jeudi, tout en reconnaissant que « les erreurs [étaient] partagées ». « C’est un nouveau commencement pour l’économie chypriote », a commenté le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Mercredi, l’euro est tombé à son plus bas niveau depuis quatre mois, et les principales bourses européennes ont clôturé en baisse. Lundi, Jeroen Dijsselbloem avait déclaré au Financial Times : « Si une banque ne peut se recapitaliser elle-même, alors nous discuterons avec les actionnaires et les créanciers obligataires, nous leur demanderons de contribuer en recapitalisant la banque et, si nécessaire, nous le demanderons aux détenteurs de dépôts non garantis », avant de préciser lundi soir dans un communiqué que Chypre était « un cas spécifique » et qu’il n’existait « aucun modèle ».

L’intervention de François Hollande à la télévision jeudi soir

Jeudi soir, François Hollande a répondu aux questions de David Pujadas sur France 2. Au sujet de la crise qui frappe le pays, le chef de l’Etat a déclaré : « Quand je me suis présenté [à l’élection présidentielle], je connaissais la situation. Mais ce que nous n’avions pas anticipé, c’est que cette crise allait encore durer, plus longtemps que prévu ». Le Président a rappelé les réformes mises en œuvre depuis le début du quinquennat pour atteindre le « cap » de la croissance : emplois d’avenir, crédit d’impôt pour les entreprises, mise en place du contrat de génération et réforme du marché du travail négociée par les partenaires sociaux. « Les outils sont là, il faut les utiliser pleinement », a-t-il commenté. Promettant un « choc de simplification » administrative à destination des entreprises, il a réaffirmé son intention d’inverser la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année. « Ce n’est pas un pronostic, c’est un engagement et une bataille », a-t-il affirmé. Selon les chiffres publiés mardi par le Ministère du travail, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 0,6% au mois de février, pour le 22ème mois consécutif, portant le nombre de chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) à 3.187.000. Au cours de l’année écoulée, le nombre de chômeurs de longue durée a progressé de 14,7%, alors que le nombre d’inscrits de moins d’un an a connu une hausse de 6,9%. Les chômeurs de longue durée représentent désormais 40% de l’ensemble des chômeurs en France.

Fin décembre, le Conseil constitutionnel, saisi par le groupe UMP de l’Assemblée, a censuré la décision de taxer à 75% les revenus d’activité de plus d’un million d’euros, qui devait s’appliquer pendant deux ans. Le chef de l’Etat a annoncé jeudi que lorsque « la rémunération des chefs d’entreprises dépasse[ra] 1 million d’euros, [c’est] l’entreprise [qui] prendra en charge la taxe de 75% ». Il a ajouté qu’il n’y aurait pas d’augmentations d’impôts supplémentaires en 2014, ce qui impliquera de renforcer les économies à faire sur les dépenses de l’Etat. Indiquant que ces dernières avaient été en croissance constante ces quarante dernières années, il a précisé qu’elles avaient été stabilisées en 2013, et s’est engagé à les réduire d’un milliard et demi d’euros supplémentaires en 2014. Qualifiant l’idée d’une fiscalisation des prestations familiales de « ridicule », M. Hollande a annoncé que les allocations seraient modulées en fonction des revenus. Sur la question des retraites, le chef de l’Etat a rappelé les « 20 milliards d’euros de déficit en 2020 », et a confirmé qu’il faudrait à l’avenir « des durées de cotisations plus longues ». Afin de donner un « coup de pouce » au pouvoir d’achat des Français, il a annoncé le déblocage immédiat et « pour une durée de six mois » des participations, jusque là bloquées pour cinq ans, pour les salariés des entreprises ayant pris part aux bénéfices, jusqu’à un montant de 20.000 euros.

Concernant l’intervention française au Mali, M. Hollande a déclaré que l’objectif avait été atteint, et annoncé le retrait progressif des troupes à partir du mois d’avril, de façon à ce qu’il n’y ait « plus que 1.000 [soldats français d’ici] à la fin de l’année », contre plus de 4.000 aujourd’hui. Il a annoncé que le budget de la Défense sera maintenu en 2014 au même niveau qu’en 2013.

Invités

Jean-Louis BOURLANGES

Eric LE BOUCHER, éditorialiste d’Enjeux-Les Echos et du site Slate.fr

Marc-Olivier PADIS, directeur de la rédaction de la revue Esprit

Brèves

- Pierre Bost, Monsieur Ladmiral va bientôt mourir (Gallimard, 2005). Adapté au cinéma par Bertrand Tavernier sous le titre Un dimanche à la campagne (1984)

- Herman Melville, Bartleby (Allia, 2003)

  • Bianca Maria Fontana, Montaigne en politique (Agone, 2013)

  • Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, L’esthétisation du monde : vivre à l’âge du capitalisme artiste (Gallimard, 2013)

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