LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La crise chypriote - L'élection du Pape François

59 min
À retrouver dans l'émission

La crise chypriote

Le 16 mars, la Banque centrale européenne, la commission européenne et le FMI sont parvenus à un accord sur un plan de sauvetage pour Chypre d’un montant de 10 milliards d’euros, destinés à recapitaliser les banques de l’île et à éponger des pertes essentiellement liées à la restructuration de la dette grecque. Ce plan prévoit en contrepartie une taxation des dépôts bancaires, qui devrait rapporter 5,8 milliards d’euros pour financer la dette publique et faire face aux dépenses budgétaires urgentes. Lundi, les bailleurs de fonds de la troïka, après des négociations avec le gouvernement chypriote, ont proposé que cette taxe s’élève à 9,9% pour les comptes de plus de 100.000 euros, et à 6,75% pour les montants inférieurs. Mardi soir, le Parlement chypriote a rejeté ce projet par une large majorité de 36 voix contre et l’abstention des 19 élus du parti du Président conservateur Nicos Anastasiades, élu le 24 février dernier. Mardi matin, le gouvernement avait ajouté au projet de loi l’exonération des dépôts inférieurs à 20.000 euros. Le PIB de la République de Chypre (environs 18 milliards d’euros) représente 0,2% de celui de la zone euro dans laquelle Chypre est entrée en 2008, 4 ans après avoir adhéré à l’Union. L’économie du pays s’est principalement développée autour des services financiers, grâce à une fiscalité attractive. L’impôt sur les sociétés s’élève à seulement 10%, le taux le plus bas de l’ensemble de l’UE. Les actifs bancaires chypriotes représentent huit fois son PIB. D’après les données de la BCE, à la fin 2012, près de 30% des dépôts étaient détenus par des étrangers. Lundi, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que l’imposition d’une taxe sur les dépôts bancaires serait « injuste, non professionnelle et dangereuse ». « Quiconque met son argent dans des pays où il paye moins d’impôts assume le risque quand les banques de ces pays ne sont plus solvables », déclarait le même jour Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand. Le ministre des finances chypriote, s’est rendu jeudi à Moscou pour tenter d’obtenir une prolongation du crédit de 2,5 milliards d’euros accordé fin 2011 par le gouvernement russe que Chypre doit finir de rembourser fin 2016.

Jeudi, Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, a déclaré : « Les liquidités d’urgence de la BCE ne sont disponibles que pour les banques solvables. Or la solvabilité des banques chypriotes n’est pas assurée si un programme d’aide n’est pas décidé qui garantisse une recapitalisation du secteur bancaire ». Le même jour, à l’issue d’une réunion de responsables politiques visant à examiner les moyens de lever les 5,8 milliards d’euros exigés par les bailleurs de la troïka, le président du Parlement Yiannakis Omirou affirmait quant à lui : « Le sujet de la taxe n’était pas sur la table ». Le porte-parole du gouvernement Christos Stylianides a indiqué que Chypre comptait créer un fonds d’investissement de solidarité. Les banques chypriotes, fermées depuis le 16 mars, le seront jusque mardi prochain, de façon à éviter un retrait massif de fonds par les épargnants.

L’élection du pape François

Le 13 mars, après 5 tours de scrutin, José Mario Bergoglio, cardinal argentin, a été élu Pape. Il a pris le nom de François, en référence à Saint François d’Assise. Le 25 février, son prédécesseur démissionnaire, Benoît XVI avait publié un motu proprio autorisant la tenue avancée du Conclave, qui débute d’ordinaire 15 à 20 jours après la vacance du Saint-Siège. Au cours des congrégations générales préparant l’élection du pape, des divergences sont apparues entre les cardinaux italiens, et les « étrangers », les cardinaux non italiens partisans d’une réforme de la Curie Romaine, et qui ne souhaitaient pas avancer la date du conclave afin de disposer d’assez de temps. « Nous voulons avoir connaissance de ce qui se vit au Vatican », déclarait l’archevêque de Lyon le 4 mars.

Les cardinaux ont fixé le début du conclave au 12 mars. Le 13 mars, José Mario Bergoglio a été désigné par les 115 cardinaux électeurs de moins de 80 ans. « Il n'est pas du système curial […] mais par sa culture et son enracinement, il est italo-compatible » déclarait à son sujet le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, faisant référence aux origines piémontaises du Pape François. « J'ai choisi le nom du patron de l'Italie, François d'Assise, et cela renforce mon lien spirituel avec cette terre », a déclaré le pape dimanche dernier.

Premier pape latino-américain et premier pape jésuite, le cardinal Bergoglio a fait de la pauvreté son combat, qu’il considère comme une « violation des droits de l’homme ». Opposé à la loi autorisant le mariage homosexuel mise en place par la présidente argentine Cristina Kirchner, il est également contre l’avortement. Le 16 mars, il s’est déclaré en faveur d’« une Eglise pauvre pour les pauvres ». Lors de sa messe d’intronisation, mardi, il a mis en avant le devoir d’être « gardien des dons de Dieu », en même temps que celui d’« accueillir avec affection et tendresse l'humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles ». Mercredi, il a reçu les représentants des principales religions, chrétiennes et non chrétiennes, auxquels il a exprimé sa volonté de « promouvoir l’amitié et le respect […] dans la diversité [des] traditions religieuses ». Le secrétaire général de l’Organisation de la Coopération Islamique, Ekmeleddin Ihsanoglu, a exprimé son espoir « de voir les relations entre l'islam et la chrétienté redevenir cordiales et marquées par l'amitié sincère ». Monseigneur Joseph Coutts, archevêque de Karachi, a également souhaité que le pape « tende la main au monde musulman ». L’archevêque de Montréal a exprimé son souhait que le pape aille « jusqu’au bout dans [la] réforme » de la curie. Monseigneur Ricard, archevêque de Bordeaux, a déclaré : « Nous avons besoin d'une politique qui fasse travailler les gens ensemble, de plus de transparence, de plus de rigueur morale ».

Invités :

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • Exposition De l’Allemagne, 1800-1939, de Friedrich à Beckmann , au Louvre, du 28 Mars au 24 Juin.

  • Laurence Debray, Juan Carlos d’Espagne (Perrin, 2013)

  • Hommage à Robert Castel. Robert Castel, A Buchenwald (Revue Esprit, Juillet 2007), consultable sur le site : http://www.esprit.presse.fr/archive/review/article.php?code=14125

  • André Fontaine, Histoire de la Guerre Froide (Fayard, 1966 réédition Seuil, Points Histoire, 2006)

L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......