LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La crise politique en Ukraine - L'armée française

1h
À retrouver dans l'émission

La crise politique en Ukraine

Le 21 novembre dernier, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch annonçait que son gouvernement renonçait à signer l’accord d'association avec l'Union européenne. Bruxelles et Kiev négociaient ce document depuis plusieurs années et devaient le signer lors du sommet de Vilnius sur le Partenariat oriental des 28-29 novembre. Le Kremlin est très hostile à ce que son ancien vassal s’arrime à l’Ouest, et le président russe confiait en septembre à des journalistes : « Nous sommes une seule nation ». Moscou a mené ces six derniers mois une guerre commerciale contre Kiev pour marquer son mécontentement. Les exportations ukrainiennes dépendent à environ 30 % de la Russie. Selon le quotidien russe Vedomosti, c’est à la suite d’un entretien hautement confidentiel avec Vladimir Poutine, le 9 novembre, que le président ukrainien a fait son choix. Il a justifié cette décision au nom de « raisons purement économiques ». L’Union proposait, dans son accord de libre échange, une aide de 610 millions d'euros, en échange de réformes structurelles de l’économie ukrainienne, aujourd’hui en récession. De son côté, la Russie propose à l’Ukraine un crédit d'une dizaine de milliards d'euros, du gaz bon marché, et le rééchelonnement de la dette.

Dès l’annonce de la décision de Viktor Ianoukovitch, des manifestants ont occupé la place de l'Indépendance de Kiev, qui fut déjà l'épicentre de la « révolution orange » de 2004. Comme il y a neuf ans, beaucoup de manifestants viennent de l’ouest du pays, catholique et proeuropéen, tandis que l’Est est traditionnellement orthodoxe et prorusse. Mais de nombreux analystes soulignent la forte mobilisation des étudiants de tout le pays. Les slogans des jeunes manifestants expriment leur attachement à l’état de droit et le rejet du modèle autoritaire de Moscou.

La protestation a pris un tour insurrectionnel après l’échec du sommet de Vilnius. Les manifestants réclament le départ de Viktor Ianoukovitch qu’ils accusent de « trahison ». Malgré les interventions brutales de la police, les manifestants occupent le centre de Kiev et bloquent l’accès au siège du gouvernement. Les partis d'opposition se sont ralliés à la contestation populaire et ils ont présenté mardi dernier une motion de défiance à l'encontre du premier ministre Mykola Azarov. Le Parlement, dominé par le Parti des régions, au pouvoir, lui a toutefois renouvelé sa confiance. Les chefs de l’opposition ont promis aux manifestants de poursuivre le combat jusqu’au bout mais ne semblent guère préparés à provoquer la chute du pouvoir en place. A l’issue d’une visite de quatre jours à Pékin, Viktor Ianoukovitch doit discuter de coopération économique avec Moscou.

L’armée française

Mardi, l’Assemblée nationale a voté en première lecture la Loi de programmation militaire pour 2014-2019. Elle prévoit 190 milliards d’euros de crédits sur cette période et poursuit la réduction d’effectifs engagée par la précédente loi de programmation. 34 000 postes vont être supprimés en six ans. Des coupes sont également prévues dans les programmes d’armement. En revanche, les crédits affectés à la dissuasion nucléaire sont maintenus, et les moyens affectés au renseignement sont renforcés. En 2020 et malgré la diminution constante des effectifs, l’armée emploiera 242 000 personnes, dont 187 000 militaires. Le ministre de la défense Jean-Yves le Drian assure donc au Figaro que « la France restera la première armée d’Europe », et que « l’armée continuera à remplir les trois missions majeures que sont la protection du territoire, la dissuasion nucléaire et l'intervention extérieure ». François Fillon a quant à lui défendu le rejet du texte à l’assemblée, car il estime que la loi de programmation militaire va plonger la France dans un « déclassement » stratégique. En 2014, nos dépenses militaires seront inférieures à celles de l’Allemagne. D’après l’ancien Premier ministre, « la rigueur budgétaire ne porte en définitive que sur ceux dont on est assuré qu'ils ne s'en plaindront pas. » Il redoute une perte de crédibilité de l’outil militaire français pour mener des opérations extérieures.

Pour Alain Barluet dans Le Monde, « l'intervention qui se profile en Centrafrique, après celle au Mali, est là pour nous rappeler l'importance des enjeux de défense ». Jeudi soir, après le feu vert unanime du Conseil de sécurité des Nations unies, François Hollande a lancé l’opération de maintien de la paix en République Centrafricaine. Elle engage environ 1.200 soldats français. Au Mali, 3.000 soldats français sont toujours présents, un millier d’entre eux devraient rester après le mois de janvier pour continuer à lutter contre le terrorisme. Au Mali comme en Centrafrique, la France intervient sur le terrain sans ses alliés européens. L’Union européenne apporte des aides financières pour soutenir les opérations françaises mais pas de troupes. Début novembre, le ministère français de la défense a annoncé la dissolution d’un régiment de la brigade franco-allemande, très peu déployée sur le terrain en raison des difficultés à s’accorder sur des interventions militaires communes. La politique de sécurité et de défense commune est à l’ordre du jour du prochain Conseil européen les 19 et 20 décembre prochains.

Invités

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Eric LE BOUCHER, éditorialiste aux Echos et co-fondateur de Slate

Thierry PECH, directeur de la rédaction d'Alternatives Economiques

Brèves

Françoise THOM, Beria, Le Janus du Kremlin (Editions du Cerf, octobre 2013)

Zaki LAIDI, Le reflux de l'Europe (Presses de Sciences Po, novembre 2013)

Arlette JOUANNA, Le pouvoir absolu. Naissance de l'imaginaire de la royauté (Gallimard, mars 2013) Prix Chateaubriand 2013

Michel de MONTAIGNE, Les Essais , chapitre 26 du Livre 1

L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......