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La démission de Benoît XVI - L'état de l'Union européenne

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La démission de Benoît XVI :

Lundi matin à Rome, à l’issue d’un consistoire ordinaire public, le Pape Benoît XVI, âgé de 85 ans, a annoncé sa démission aux cardinaux présents. « Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne me permettent plus d’exercer adéquatement le ministère pétrinien », a déclaré le souverain pontife en latin, rappelant qu’il était « bien conscient de la gravité de cet acte » et qu’il agissait « en pleine liberté ». Le 19 avril 2005, le cardinal allemand Joseph Ratzinger avait succédé à Jean-Paul II, dont le pontificat avait duré vingt-six ans et demi. C’est la première fois, depuis la démission de Célestin V en 1294, qu’un pape rend sa charge. Selon l’article 332 du Code de droit canonique de 1983, le Pontife Romain peut renoncer à sa charge, sous garantie « que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit. ».

Le président sortant du Conseil italien, Mario Monti, s'est dit « très secoué » par la nouvelle. François Hollande a déclaré lundi ne pas « avoir de commentaire particulier sur cette décision qui est éminemment respectable et qui fera qu’un nouveau pape sera choisi. ». La chancelière allemande Angela Merkel a salué « l'un des penseurs religieux les plus éminents de notre temps ». « Nous sommes d’abord stupéfaits puis admiratifs devant le courage [de Benoît XVI] », a déclaré le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des Evêques de France.

C’est le 28 février, à 20 heures que la vacance du siège sera effective. Le collège électoral composé des cardinaux âgés de moins de quatre-vingts ans, au nombre de 117 sur 210, se réunira en conclave dans la chapelle Sixtine pour élire le successeur de Benoît XVI. Le nouveau Pape devrait être élu en mars, avant Pâques, fixé cette année au 31 mars. Après le 28 février Joseph Ratzinger demeurera dans l’enceinte du Vatican, pour mener une vie « de prière, de réflexion et d’écriture, dans la discrétion ». « Benoît XVI s'est inscrit dans la continuité de son prédécesseur, dont il avait été un étroit collaborateur » commentait mardi le cardinal Paul Poupard, signalant qu’il avait « insisté sur le dialogue entre foi et raison » et « aidé l'Église à se recentrer sur l'essentiel : Dieu. ».

L’Eglise catholique compte environs 2 milliards de baptisés, 450.000 prêtres, 800.000 religieux et religieuses et 5.000 évêques dans le monde. D’après les statistiques données par l’annuaire pontifical, le nombre de fidèles a baissé sur le continent européen et en Amérique du Sud, mais augmenté en Afrique (qui comptait 179 millions de catholiques en 2009) et en Asie. En France, le nombre de séminaristes s’élève à 691 en 2012, soit une baisse de 29,2% en douze ans.

L’état de l’Union européenne :

Les Vingt-Sept sont parvenus difficilement à un accord les 7 et 8 février sur le cadre financier pluriannuel de l’Union pour la période 2014 – 2020. Tandis que la Commission avait proposé un cadre d’un montant de 1.033 milliards d’euros, les 27 l’ont ramené à 960 milliards d’euros (1% du PIB européen) pour les crédits d’engagement, contre 994 milliards pour la période 2007-2013. Les fonds attribués à la politique agricole commune sont en baisse de 12% par rapport au précédent budget, ainsi que les fonds dits de « cohésion », destinés aux régions les plus pauvres de l’Union (en baisse de 9%). David Cameron, qui avait averti en ouverture du sommet : « Les chiffres doivent redescendre et si ce n’est pas le cas, il n’y aura pas d’accord », s’est réjoui que « les Pays-Bas, la Suède, la Finlande et Angela [Merkel] » aient été « à [s]es côtés ». François Hollande a regretté que l’Europe « n’ait pas gagné comme elle l’aurait pu ». En vertu du Traité de Lisbonne, le Parlement devra, pour la première fois, approuver cet accord lors de la prochaine session plénière, en juillet. « C’est comme s’il y avait une 28ème voix autour de la table, dotée d’un droit de veto », a commenté Alain Lamassoure, le président de la commission des budgets du Parlement. Les quatre principaux groupes parlementaires européens (les conservateurs, les socialistes, les libéraux et les écologistes) ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas ce cadre en l’état.

Le 5 février, devant les députés du Parlement européen à Strasbourg, François Hollande a plaidé pour un « grand chantier de la réforme de la politique économique et monétaire dans l’Union européenne ». « Une zone monétaire doit avoir une politique de change, a expliqué le président français, sinon elle se voit imposer une parité qui ne correspond pas à l’état réel de son économie. (…). Il ne s’agit pas d’assigner de l’extérieur un objectif à la BCE qui est indépendante, mais d’engager l’indispensable réforme du système monétaire international ». Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble a pour sa part déclaré qu’il n’y avait « pas de problème de taux de change de l’euro », même s’il « pouvait y avoir des préoccupations concernant d’autres grandes devises ». Le taux de l’euro a progressé de plus 12% depuis l’été, et évolue depuis le début du mois autour de 1,35 dollars.

Mardi, dans son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès américain, le Président Barack Obama a déclaré qu’il souhaitait « lancer des discussions sur un accord transatlantique global sur le commerce et l’investissement avec l’Union européenne ». Mercredi, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso ont déclaré : « le futur accord sera un véritable moteur pour nos économies. Il apportera 5% de richesse en plus pour les Européens ».

Invités :

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Brèves :

  • Musée Carnavalet, Exposition « Les couleurs du ciel. Peintures des églises de Paris au XVIIè siècle », jusqu’au 24 février 2013 (23 rue de Sévigné, 75003 Paris)

  • Guillaume Duval, Made in Germany . Le modèle allemande au-delà des mythes (Seuil, 2013)

  • Claude Dagens, entretien avec Jean-Marie Guénois, Souci du monde et appels de Dieu (Editions de Fallois, 2013)

  • Jean-Joseph Boillot et Stanislas Dembinski, Chindiafrique. La Chine, l’Inde et l’Afrique feront le monde de demain (Odile Jacob, 2013)

  • Roger Errera, Et ce sera justice… Le juge dans la cité (Gallimard, 2013)

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