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Le 14 avril 2018, les Etats-Unis ont mené, avec la France et le Royaume-Uni, des frappes aériennes en réponse à l'attaque chimique présumée menée par le régime de Bachar Al-Assad à Douma

Syrie : mieux vaut tard que jamais ? / La fabrique des images selon Emmanuel Macron

57 min
À retrouver dans l'émission

Emission en direct et en public du studio 105 de la Maison de Radio France avec Monique Canto Sperber, philosophe, Elisabeth Roudinesco, historienne, Gérard Courtois, journaliste au Monde et Thierry Pech, directeur général de Terra nova.

Le 14 avril 2018, les Etats-Unis ont mené, avec la France et le Royaume-Uni, des frappes aériennes en réponse à l'attaque chimique présumée menée par le régime de Bachar Al-Assad à Douma
Le 14 avril 2018, les Etats-Unis ont mené, avec la France et le Royaume-Uni, des frappes aériennes en réponse à l'attaque chimique présumée menée par le régime de Bachar Al-Assad à Douma Crédits : Handout / AFP / ECPAD - AFP

Dans L'Esprit public ce dimanche, deux sujets : le conflit syrien après les frappes de missiles dans la nuit de vendredi à samedi, et la "fabrique des images" selon Emmanuel Macron, alors que le président donne deux interviews télévisées à quelques jours d'intervalle.

Une émission à revoir en vidéo ici.

Syrie : mieux vaut tard que jamais ?

Des frappes Etats-Unis-France-Grande Bretagne ont donc eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi. L’opération a visé des sites militaires et un centre de recherche soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime de Bachar El-Assad, près de Homs et à Damas. Chine et Russie dénoncent des frappes effectuées sans l’aval de l’ONU, la diplomatie russe allant jusqu'à mettre en doute la responsabilité syrienne dans l’attaque chimique de la semaine dernière. L’Occident a donc frappé ce week-end mais demain ? En géopolitique, le temps perdu se rattrape-t-il ?

Adolescent syrien arrivé dans le camp de déplacés Al-Bal à l'est d'Azaz, après l'évacuation de la ville de Douma dans la Ghouta orientale (Syrie), 10 avril 2018
Adolescent syrien arrivé dans le camp de déplacés Al-Bal à l'est d'Azaz, après l'évacuation de la ville de Douma dans la Ghouta orientale (Syrie), 10 avril 2018 Crédits : NAZEER AL-KHATIB / AFP - AFP

Tout ce temps passé depuis l’été 2013, un été en forme d’occasion manquée, quand Bachar El-Assad, très affaibli, avait décidé de recourir aux armes chimiques. Cet été où l’opposition syrienne modérée pouvait encore reconquérir des positions. Où Daech n’était pas encore installé. Où la France était prête à intervenir mais pas sans l’aide des Etats-Unis de Barack Obama, justement élu pour ne plus intervenir militairement à l’étranger. Alors il ne s’était rien passé.  Cinq ans et 300 000 morts plus tard, plus de califat mais les cartes de la région ont été largement rebattues : Russie et Iran aux manettes pour maintenir le régime du président syrien, occuper le terrain et bloquer les mécanismes onusiens... jusqu'à ce que revienne sur le tapis la question des armes chimiques. Alors même si Donald Trump lance des missiles - avec l’aide de la France et de la Grande-Bretagne, la formule « mieux vaut tard que jamais » pourra-t-elle faire sens aujourd'hui en Syrie ?

La fabrique des images selon Emmanuel Macron

En régie à l'école primaire de Berd'huis (Orne) pendant l'interview du président de la République par Jean-Pierre Pernaut sur TF1 le 12 avril 2018.
En régie à l'école primaire de Berd'huis (Orne) pendant l'interview du président de la République par Jean-Pierre Pernaut sur TF1 le 12 avril 2018. Crédits : YOAN VALAT / POOL / AFP - AFP

Cette semaine, la fabrique des images présidentielles a tourné à plein régime. D’abord il y a ce plan comm’ « disruptif » qui a consisté à transformer en case d’actualité politique le JT de Jean-Pierre Pernault sur TF1, régulièrement moqué pour son prisme « France éternelle et marronniers ». Puis ce dimanche, à marier Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, à Jean-Jacques Bourdin de RMC/BFM TV pour co-interviewer le président de la République sur la scène du théâtre de Chaillot. Que de créativité déployée pour réinventer la médiatisation de la geste présidentielle. Et continuer de marquer la différence avec François Hollande, le président du monde d’avant, celui qui lui, avait fait mercredi-jeudi la promo de son livre le plus classiquement du monde, sur des chaînes du service public. Il y a aussi ces images dans lesquelles le chef de l’Etat n'apparaît pas mais pourtant empreintes de macronisme : celles de l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes qui viennent rappeler l’intransigeance présidentielle sur la question du respect de "l'état de droit". Une profusion d'images donc, dont il reste à établir l'analyse sémiologique, afin de comprendre quelle mise à jour du macronisme elles contiennent.

Intervenants
  • Philosophe, directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l’ENS et ancienne présidente de l'université Paris sciences et lettres (PSL), auteure de plusieurs ouvrages de philosophie antique et philosophie morale contemporaine
  • Historienne de la psychanalyse.
  • journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde
  • Co-président de la Convention citoyenne, ex-directeur général du think tank Terra Nova
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