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La grande coalition allemande - La politique africaine de la France

59 min
À retrouver dans l'émission

La « grande coalition » allemande

Le 27 novembre dernier, Angela Merkel et ses nouveaux partenaires de coalition se sont accordés sur le programme du futur gouvernement allemand. Il est développé dans un contrat de 185 pages intitulé « Façonner le futur de l’Allemagne ». L’alliance CDU-CSU d’Angela Merkel avait remporté les élections fédérales allemandes le 22 septembre, mais la chancelière devait former une coalition pour construire une majorité absolue au Bundestag. Les deux partis de droite, la CDU et la CSU, ont donc négocié pendant deux mois avec le SPD, parti social-démocrate, pour s’accorder sur ce contrat de coalition.

Les réformes et projets prévus par le contrat représentent environ 23 milliards d’euros, dont 13 milliards d’euros d’investissement dans la formation, la recherche et les infrastructures. Mais les trois partis se sont engagés à ne pas augmenter les impôts ni alourdir la dette du pays. Le SPD a réussi à imposer plusieurs de ses propositions. La plus emblématique est l’introduction d’un salaire minimum. Il entrera en vigueur en 2015 et sera fixé à 8,5 euros de l’heure. Des exceptions seront possibles pendant deux ans dans le cadre d’accords négociés. Le SPD a également obtenu gain de cause sur la possibilité pour les personnes ayant cotisé 45 ans de partir à la retraite à 63 ans, et sur la création du droit à la double nationalité. La CDU d’Angela Merkel a ajouté au contrat l’absence de hausse d’impôt pendant quatre ans et une revalorisation des retraites des mères de famille. En matière de politique énergétique, les trois partis se sont accordés sur un objectif de 55 à 60% d’énergies vertes dans la production électrique d’ici à 2030. Enfin, l’accord montre une continuité de la politique européenne d’Angela Merkel. La droite a refusé la mutualisation d’une partie des dettes souveraines, que demandait le SPD.

La presse allemande est divisée sur ce contrat de coalition. Pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, ce pacte « déverse la corne d’abondance des avantages sociaux sur le pays », et Die Welt estime que « le signal envoyé à l’Europe est catastrophique. Nous prêchons l’austérité pour les pays en crise et nous engraissons notre Etat social déjà bien potelé, au lieu de le mettre au régime. » Mais pour Die Tageszeitung, quotidien de gauche, le contrat de coalition constitue « une espèce de manuel de réparation pour le tissu endommagé de la société. » François Hollande a salué un accord qui va « dans la bonne direction », ainsi que l’instauration d’un Smic, « compte-tenu des distorsions de concurrence qui existent dans certaines industries, notamment agroalimentaires ». Il estime aussi que le « programme d’investissements et d’infrastructures aura forcément des conséquences sur l’activité en Allemagne et dans l’Europe toute entière. »

La politique africaine de la France

Vendredi 6 et samedi 7 décembre dernier s’est tenu à Paris le « sommet pour la paix et la sécurité en Afrique ». François Hollande a reçu des délégations de 53 pays africains dont 40 chefs d’Etat et de gouvernement, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, des représentants de l’Union européenne, du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.

Ce sommet a eu lieu au moment même où la France s’engageait militairement en Afrique pour la deuxième fois de l’année, après le Mali en janvier. Le 5 décembre a été lancée en République Centrafricaine l’opération de pacification « Sangaris », après le feu vert du conseil de sécurité des Nations Unies. En mars dernier, les rebelles musulmans de la Séléka avaient pris le pouvoir à Bangui. Leurs exactions ont déclenché des représailles menées par des milices d’autodéfense chrétiennes, les « antibalaka ». Le pays menace de sombrer dans un cycle de violences confessionnelles. En saluant l’intervention française, Washington a évoqué le « puissant leadership » de la France. 1.600 soldats français ont commencé lundi le désarmement de Bangui. Deux d’entre eux ont été tués ce même jour. La France intervient aux côtés de la force panafricaine de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca). Samedi dernier, l’Union africaine a décidé de porter de 3.600 à 6.000 hommes les effectifs de la Misca en Centrafrique. Lors du sommet de l’Elysée, François Hollande avait insisté sur la nécessité d’un tel renforcement en déclarant : « C’est aux Africains d’assurer la sécurité de leur continent ». Le Président de la République a proposé de former chaque année 20 000 soldats et de fournir des équipements et une assistance dans le domaine du renseignement.

Mais « la sécurité, c’est aussi le développement », avait rappelé François Hollande dans son discours d’ouverture. Au cours des cinq prochaines années, 20 milliards d’euros de dons et de prêts y seront consacrés. Le Président a rappelé que les entreprises françaises étaient celles qui investissaient le plus en Afrique. Deux jours avant le sommet, une conférence économique avait réuni à Bercy d’importantes délégations africaines. Elle était consacrée à la relance des relations économiques entre la France et l’Afrique, où nos parts de marché ne cessent de diminuer. L’objectif de François Hollande est le doublement le niveau de nos échanges commerciaux en cinq ans. La diplomatie française compte en particulier développer ses relations avec les pays émergents de l’Afrique lusophone et anglophone. Ce sommet et l’intervention en République centrafricaine ont relancé les débats autour d’un néocolonialisme français. Mais le ministre de l’économie Pierre Moscovici a quant à lui déclaré regretter « une décennie perdue en débats stériles sur la manière de se positionner en Afrique ».

Invités

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Marc-Olivier PADIS, directeur de la rédaction de la revue Esprit

Brèves

Mon traître , au théâtre des Bouffes du Nord, du 4 au 21 décembre 2013, mise en scène d'Emmanuel MEIRIEU

Aude CHAMOUARD, Une autre histoire du socialisme (CNRS Editions, février 2013)

Hélène MIARD-DELACROIX, Willy Brandt (Fayard, octobre 2013)

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