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La majorité présidentielle et les questions de sécurité - La situation au Mali

58 min
À retrouver dans l'émission

La semaine prochaine, dimanche 21 octobre, l’émission se tiendra en direct et en public du studio 105 de la Maison de Radio France. Accès libre, dans la limite des places disponibles, à partir de 10h30 (porte B, rue de Boulainvilliers).

La majorité présidentielle face aux questions de sécurité et de justice :

Mercredi 3 octobre, Christiane Taubira a présenté aux procureurs généraux et procureurs de la République sa circulaire de politique pénale. Après avoir indiqué qu’elle n’a pas « adressé d’instructions individuelles aux magistrats depuis (sa) nomination », la Garde des sceaux a rappelé que, depuis une circulaire du 20 juillet, la nomination des procureurs généraux est soumise à l’avis du Conseil supérieur de la magistrature. Elle a ensuite présenté les 7 « principes directeurs », de sa nouvelle politique pénale, parmi lesquels : la limitation du recours systématique aux peines planchers ; le frein mis aux comparutions immédiates ; l’aménagement des peines, dont les parquets sont appelés à faire une « priorité ». La circulaire précise que le « recours à l’incarcération doit répondre aux situations qui l’exigent strictement », conformément à la loi pénitentiaire de 2009, qui stipulait déjà que la prison doit être un « dernier recours ». Les procureurs doivent être attentifs à la surpopulation carcérale. Au 1er septembre, les prisons françaises comptaient 66.126 prisonniers pour 57.385 places. Dans un entretien accordé au Monde le 20 septembre, la Ministre déclarait : « Il faut débattre du sens de la peine. (…) Des études multiples ont prouvé que la prison augmente davantage les risques de récidive que les autres peines pénales la formule « la prison, école du crime » n’est pas complètement fantaisiste ».

Le 19 septembre, Manuel Valls présentait aux forces de l’ordre les orientations de son ministère en matière de sécurité. Le ministre de l’Intérieur veut « sortir de l’instrumentalisation politique et médiatique permanente de données ». Il a promis 480 postes supplémentaires en 2013, dont 288 pour la police et 192 pour la gendarmerie. Il a confirmé avoir renoncé à la mise en place d’un récépissé lors des vérifications d’identité par les policiers. Conformément à l’engagement de campagne de François Hollande, il a annoncé la création de 50 à 60 zones de sécurité prioritaires d’ici à un an. Début août, il avait présenté les 15 premières d’entre elles, notamment les quartiers nord d’Amiens et de Marseille, où M. Valls et Mme Taubira ont effectué leur premier déplacement commun le 21 septembre. M. Valls avait alors affirmé la « volonté commune » des deux ministères de « faire face aux enjeux de la lutte contre la délinquance ». Après la mise en examen de 12 policiers soupçonnés d’avoir extorqué de l’argent et de la drogue à des dealers, M. Valls a dissous le 6 octobre la Brigade anticriminalité (BAC) nord de Marseille.

Mercredi 3 octobre, un projet de loi « relatif à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme » a été présenté en Conseil des ministres. Il contient une disposition permettant d’élargir les compétences de la justice française en matière de crimes et délits terroristes commis par des Français à l’étranger. Samedi 6 octobre, 7 personnes ont été interpelées en région parisienne dans le cadre de l’enquête sur l’attentat contre une épicerie casher de Sarcelles en septembre.

La situation au Mali :

Le 6 avril dernier, des forces rebelles touaregs réunies dans le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont revendiqué l’indépendance de ce territoire situé au nord du Mali. Depuis le mois de juin, les milices islamistes qui avaient dans un premier temps soutenu les rebelles touaregs ont pris le contrôle de la partie Nord du pays. La milice salafiste Ansar Dine, le Mouvement pour l’unicité du djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et l’Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique) se partagent le contrôle d’une zone englobant les villes de Tombouctou, Gao et Kidal et y imposent la charia. D’après le rapport publié le 27 septembre par l’ONG Human Rights Watch , « les lapidations, amputations et flagellations sont devenues courantes». Plus de 450.000 personnes ont été contraintes de fuir à l’intérieur du pays ou vers les pays voisins, et 270.000 réfugiés ont rejoint le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).

Depuis le départ en avril de la junte militaire présidée par le capitaine Amadou Sanogo, un gouvernement de transition siège dans la capitale à Bamako, au Sud. Le 30 août, le président par intérim Dioncounda Traoré a demandé « l'intervention d'une force militaire internationale afin d'aider l'armée malienne à reconquérir les régions du Nord occupées ». Le 4 septembre, il a également demandé l'aide militaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Dans une interview au Monde le 30 septembre, le Premier ministre Cheick Modibo Diarra a rejeté catégoriquement « la perspective de négociation avec les islamistes armé ».

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a déclaré que « toute solution militaire pour résoudre la crise sécuritaire dans le nord du Mali devrait être envisagée avec une extrême prudence », car « elle pourrait avoir de graves conséquences humanitaires ». Le haut responsable de l'Afrique au département d'État américain, Johnnie Carson, a déclaré le 1er octobre que les États-Unis « seraient prêts à soutenir une intervention armée bien préparée (…) et agréée par ceux qui seront directement concernés ». Lors de la conférence sur le Sahel du 27 septembre, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, François Hollande a annoncé que la France ferait « tout ce qu’elle peut » pour soutenir les futures opérations militaires, estimant que « la nécessité de libérer nos otages ne (devait) pas passer par un renoncement à assurer l'intégrité du Mali ». Six ressortissants français sont détenus par le réseau terroriste dans le Nord du pays. Mardi, un projet de résolution française a été présenté au Conseil de sécurité. Le texte prévoit l'envoi sur place de personnels à même d'entraîner l'armée malienne ainsi que le déploiement d'une force panafricaine, avec le soutien logistique de pays occidentaux. Le même jour, Ban Ki-moon a nommé l'ancien chef du gouvernement italien Romano Prodi envoyé spécial pour le Sahel afin de coordonner les efforts de l'ONU en faveur d'une « stratégie régionale intégrée ». Vendredi, la question d’une intervention a été posée au Conseil de sécurité. Elle devrait être réglée dans les 30 jours à venir.

Invités :

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

- La Mouette et Oncle Vania , mis en scène par Christian Benedetti, au Théâtre Studio d’Alfortville du 12 novembre au 1er décembre (réservations : 01.43.76.86.56)

  • Britannicus , mis en scène par Jean-Louis Martinelli au Théâtre des Amandiers à Nanterre jusqu’au au 27 octobre 2012 (réservations : 01 46 14 70 00)

  • « Ces femmes qui gâchent la vie de François Hollande » – couverture de L’Express du 10 octobre 2012

  • Johann Chapoutot, Le nazisme et l’Antiquité (PUF, 2012)

  • Histoire de la France contemporaine , sous la dir. deJohann Chapoutot(Seuil,2012)

  • Mo Yan, Beaux seins, belles fesses (Seuil, 2004), Le Clan du sorgho (Actes Sud, 1990)

  • Laurent Wetzel, Ils ont tué l’histoire-géo (François Bourin Editeur,2012)

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