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Kim Jong-un au siège du Parti du Travail le 13 janvier 2016

La non-prolifération nucléaire en Corée du Nord et en Iran // Pologne : une remise en cause de l'État de droit ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Alors que les sanctions contre Téhéran ont été levées cette semaine, la Corée du Nord a annoncé avoir réussi un test à la bombe H // Les membres du gouvernement polonais se sont présentés devant les instances européennes qui les accusent de ne pas respecter l'État de droit.

Kim Jong-un au siège du Parti du Travail le 13 janvier 2016
Kim Jong-un au siège du Parti du Travail le 13 janvier 2016 Crédits : Kcna Kcna - Reuters

LA NON-PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE EN CORÉE DU NORD ET EN IRAN

Alors que les sanctions contre Téhéran ont été levées cette semaine après le feu vert de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), rendant à l’Iran sa place dans les échanges internationaux, la Corée du Nord est unanimement condamnée pour les essais nucléaires menés par Kim Jong-Un le 6 janvier dernier.

En effet, le leader Nord-Coréen a annoncé la réussite d’un test de bombe à hydrogène miniaturisée, étape supplémentaire après la maîtrise de la bombe A, elle-même testée trois fois depuis 2006 en violation des résolutions de l’ONU. Toutefois, les experts soupçonnent fortement la Corée du Nord de bluffer car les secousses sismiques enregistrées laissent penser que le test du 6 janvier concernerait de nouveau une bombe A. À l’approche du 7ème congrès du Parti des Travailleurs qui se tiendra en mai prochain, le premier depuis 1980, l’annonce de l’essai réussi d’une bombe H apparaît comme une stratégie de l’héritier Kim Jong-Un pour imposer sa légitimité, en référence à l’annonce par son père Kim Jong-il de la réalisation de la bombe A.

Toutefois, après la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la Chambre des représentants des Etats-Unis s’est prononcée pour un durcissement des sanctions à l’encontre de Pyongyang. Le Forum économique mondial de Davos a annulé son invitation à la Corée du Nord qui a qualifié cette décision de « gravement injuste ». La présidente sud-coréenne Park Geun-hye réclame l’aide de la Chine face à ce « défi inacceptable » imposé par son voisin.

Concomitamment, l’Iran a réintégré officiellement la communauté internationale dimanche dernier grâce à la levée des sanctions de l’Union européenne, des États-Unis et de l’ONU. L’AIEA a en effet attesté que Téhéran a notamment réduit le nombre de centrifugeuses qui permettent d’enrichir de l’uranium. L’accord conclu le 14 juillet à Vienne ne pouvait entrer en vigueur qu’après une série de vérifications, pour une levée des sanctions qui se déroulera en trois étapes d’ici à 2025.

Hassan Rohani s’est félicité de « l’ouverture d’une nouvelle page » pour l’Iran. John Kerry, le chef de la diplomatie américaine, a annoncé le remboursement de 1,7 milliards de dettes datant de la Révolution islamique de 1979. En tout, l’Iran devrait récupérer 30 milliards de dollars retenus à l’étranger. Le FMI prévoit une croissance de 5% pour le pays qui va pouvoir exporter librement son pétrole et s’ouvrir aux investissements occidentaux. Sa première annonce phare, après la levée des sanctions, a été l’achat de 114 Airbus.

POLOGNE : UNE REMISE EN CAUSE DE L'ÉTAT DE DROIT ?

La Première ministre polonaise au Parlement européen le 19 janvier
La Première ministre polonaise au Parlement européen le 19 janvier Crédits : Vincent Kessler - Reuters

Des membres du gouvernement au pouvoir en Pologne depuis le mois d’octobre dernier se sont rendus cette semaine à Bruxelles pour défendre leur politique devant les instances européennes. Lundi, le président polonais Andrzej Duda a rencontré Donald Tusk, le président du Conseil européen. Mardi, c’est la première ministre Beata Szydlo qui s’est présentée devant le Parlement européen dans le cadre d’un débat. 

Depuis le 13 janvier, la Pologne est sous surveillance de la Commission européenne qui, pour la première fois de son histoire, applique, je cite, un dispositif de « sauvegarde de l’État de droit » à un membre de l’Union européenne. Deux mesures sont dans le viseur de Jean-Claude Juncker : la mainmise du gouvernement polonais sur le Tribunal constitutionnel et sa réforme des médias publics. Dès son arrivée au pouvoir, le Parti Droit et Justice (PiS) a limogé les chefs des agences de sécurité et placé des amis au Tribunal constitutionnel en nommant cinq nouveaux juges. Juste avant Noël, le gouvernement de Beata Szydlo a voté une loi qui place les médias publics sous le contrôle du ministre du Trésor, provoquant la démission de plusieurs directeurs de chaînes de télévision. Par ailleurs, la chambre basse du Parlement polonais a fait passer une « loi de surveillance » qui donne à la police le droit de contrôler les données des internautes. Ces mesures inquiètent l’Europe mais aussi l’agence de notation américaine Standard & Poors qui a rétrogradé la Pologne, ce que le ministre des finances polonais a qualifié d’ « incompréhensible du point de vue de l'analyse économique et financière ».

Des manifestations ont eu lieu à Varsovie au cours du mois de décembre et le 9 janvier dernier, rassemblant plusieurs milliers de personnes. Elles avaient pour mot d’ordre la liberté des médias et la défense de la démocratie. Cependant, devant le Parlement européen, Beata Szydlo a défendu la souveraineté polonaise en affirmant qu’elle ne faisait qu’appliquer le programme pour lequel le Parti Droit et Justice a été porté au pouvoir lors des élections législatives. Quant à Andrzej Duda, il a tenté de calmer le jeu face à Donald Tusk en rappelant l’attachement de la Pologne à l’Union européenne.

Un autre sujet préoccupe l’Europe : farouchement opposé au plan européen de répartition des migrants, le PiS rejoint la position de Viktor Orban, le Premier ministre hongrois. Cette alliance empêche de facto la prise de sanctions de la part de l’Europe puisque Viktor Orban a d’ores-et-déjà annoncé qu’il s’y opposerait. Le 12 février prochain, la Première ministre polonaise Beata Szydlo rencontrera pour la première fois la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin pour aborder la question des réfugiés.

Brèves

Philippe MEYER : Au Rendez-vous des mariniers de Frédéric VITOUX (Fayard, 2015)

Nicole GNESOTTO : Le Passé de la Russie est imprévisible de Andreï GRATCHEV (Alma, 2014)

François BUJON DE L'ESTANG : _I_ntégrale des oeuvres pour piano seul de Maurice RAVEL par Bertrand CHAMAYOU (Erato, 2016)

Thierry PECH : Le Bouquin des méchancetés de François-Xavier TESTU (Bouquins, 2015)

Jean-Louis BOURLANGES : Soudain le fascisme de Emilio GENTILE (Gallimard, 2015)

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