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La question de la réduction des dépenses publiques dans la campagne présidentielle - La Syrie

59 min
À retrouver dans l'émission

La question de la réduction des dépenses publiques dans la campagne présidentielle :

Mardi, la Cour des comptes remettait au Chef de l’Etat son rapport public annuel pour 2012. Lors de sa présentation à la presse, Didier Migaud, le premier président de la Cour, a insisté sur la nécessité pour la France de sortir de la « zone dangereuse » dans laquelle le pays est entré. Notre dette publique s’élevait au troisième trimestre 2011 à 1.989 milliards d’euros. Le rapport souligne que le gouvernement a « engagé depuis 2011 un effort structurel de réduction du déficit (…) d’une ampleur inconnue depuis les années 1994 à 1998 ». Les magistrats financiers observent néanmoins que cet effort passe surtout par des prélèvements supplémentaires, et que le déficit public reste « plus élevé que la moyenne des pays européens ». En 2011, il atteignait 5,7% du PIB (soit environs 100 milliards d’euros), contre 3,7% en moyenne dans la zone euro, et 4,5% dans l’Union européenne. La Cour craint que les mesures annoncées par le gouvernement ne suffisent pas à atteindre l’objectif de déficit fixé pour cette année à 4,5%. Le rapport insiste sur la nécessité de mesures supplémentaires en 2013 et 2014. Le levier des hausses de prélèvements ayant été largement utilisé, les magistrats qualifient d’ « indispensable » un « ralentissement plus marqué des dépenses publiques ».

Avant la publication du rapport, la Ministre du Budget Valérie Pécresse a précisé : « Les chiffres sur lesquels [la Cour] se base pour dire qu’elle est inquiète sont anciens ». « Ce que nous disons reste totalement d’actualité, a répondu Didier Migaud, une grande partie de l’effort reste devant nous. Ce message (…) s’adresse à tous ». Dans son projet présidentiel, le candidat socialiste s’engage à faire descendre le déficit à 3,5% dès 2013, soit 29 milliards d’euros d’économies à réaliser. Selon François Hollande, « le grand débat de cette élection, ce n’est pas les 29 milliards d’euros, un peu plus ou un peu moins, c’est qui va les payer ». Son projet prévoit que la dépense de l’Etat resterait stable en volume au cours du mandat, celle de l’ensemble des administrations publiques ne progressant que de 1%. En 2017, la dépense publique n’en aurait pas moins diminué de 50 milliards d’euros, passant de 56,5 à 53,9 % du PIB, grâce à une prévision de croissance de 2% en 2014 et de 2 à 2,5% ensuite jusqu’en 2017. Lors de la présentation de son projet présidentiel le 1er février, François Bayrou déclarait : « Tous ceux qui prétendent qu’on peut à nouveau dépenser, qu’il n’est pas besoin de faire des économies, ceux-là, une nouvelle fois, mentent et trompent ». Le candidat centriste, qui fait de la lutte contre le surendettement sa priorité, propose de geler les dépenses publiques à leur niveau de 2012 à 2014, selon le principe d’une « augmentation zéro en valeur ». M. Bayrou a dénoncé la surestimation des chiffres de la croissance par François Hollande et par le gouvernement. Ses prévisions sont plus modestes : 0,2% pour 2012, 1% en 2013, et seulement 1,5% en 2014, contre 2% selon les dernières prévisions du gouvernement.

Mercredi, le projet de loi de finances rectificatives était présenté au Conseil des ministres. Selon les nouvelles prévisions du Ministère de l’Economie, la dette publique gonflera davantage que prévu, à 89,1% du PIB en 2012, contre les 88,3% attendus jusque là, et atteindra un pic à 89,3% en 2013. Elle ne devrait commencer à refluer qu’en 2014 et non en 2013, pour atteindre 88,3%, puis 86% en 2016.

La Syrie :

Depuis le 3 février, de violents bombardements opérés par l’armée régulière syrienne ont fait près de quatre cent victimes civiles dans la province de Homs, située à l’ouest du pays, à cent soixante kilomètres au nord de Damas. Selon l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme, 217 civils auraient été tués dans la nuit du 3 au 4 février dans cette région.

Le 4 février, la Chine et la Russie ont de nouveau opposé leur veto à une résolution présentée par le Maroc au Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce texte était soutenu à la fois par les Etats-Unis et l’Union européenne. Cette seconde résolution prévoyait « de faciliter une transition politique conduite par les Syriens eux-mêmes » et appelait à un arrêt total des violences. Ce second refus sino-russe fait suite à celui exprimé en octobre 2011 à propos d’une résolution exhortant Bachar el-Assad à quitter le pouvoir.

Reconnaissant « l’usage disproportionné de la force et le grand nombre de victimes » en Syrie, Dmitri Medvedev, le président russe, n’en a pas moins déclaré le 8 février que « la Syrie est un pays ami, avec lequel (son pays) a de nombreuses relations économiques et politiques. » Mercredi, Nicolas Sarkozy s’est entretenu avec le chef de l’Etat russe, lui demandant de soutenir le plan présenté par la Ligue arabe le 22 janvier. Ce plan, rédigé par les vingt-deux Etats membres de cette organisation, est à l’origine de la résolution rejetée par la Russie et la Chine. A l’invitation du Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, les pays arabes ont fermé les ambassades syriennes sur leur territoire tandis que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France rappelaient leurs ambassadeurs « pour consultations ». Les pays membres de la Ligue arabe ont décidé jeudi dernier de renvoyer un contingent d’observateurs en Syrie.

Invités :

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Eric LE BOUCHER, directeur de la rédaction d’Enjeux-Les Echos, éditorialiste du site Slate.fr

Référence :

Zoé Shepard, Absolument dé-bor-dée ! ou le paradoxe du fonctionnaire (Albin Michel, 2010)

Brèves :

  • Adieu camarades ! , série documentaire d’Andrei Nekrasov, coffret DVD Arte Editions

  • Le débat, numéro 168, janvier-février 2012. Articles de Jean-Luc Gréau (Survivre à la crise ), Jacqueline Hénard (Que veut l’Allemagne ? ), Gilles Kepel (Journal de Tunisie ), Donatien Grau (Sainte-Beuve : le sourire d’un inactuel contemporain )

  • Charles-Henri Filippi, Les 7 péchés du capital (Descartes et Cie, 2012)

  • Jean-Louis Beffa, La France doit choisir (Seuil, 2012)

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