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La réduction du déficit - l'Algérie

59 min
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La réduction du déficit

Mercredi 23 avril, Michel Sapin, Ministre des Finances et des Comptes publics, a présenté le programme de stabilité pour la période 2014-2017. Il s’agit de ramener notre déficit public dans le cadre européen des 3% d’ici à 2015, puisque le gouvernement n’a pas réussi à obtenir un délai supplémentaire de ses partenaires à Bruxelles. Pour le président de l'Eurogroupe, le néerlandais Jeroen Dijsselbloem, la France « doit tenir ses engagements ». D’après un commissaire européen la France « s'est découverte d'un coup sans ami ».

Le programme de stabilité prévoit 50 milliards d’économies d’ici à 2017, répartis de la façon suivante : 18 milliards d'euros pour l'Etat et ses agences, 11 milliards d'euros pour les collectivités locales, 10 milliards d'euros pour l'assurance maladie et 11 milliards d'euros pour la protection sociale. Pour l'heure, les contours de ce vaste plan d'économies restent flous, mais l'exécutif laisse entrevoir un coup de rabot sur les prestations sociales, le gel du point d'indice pour les fonctionnaires et des diminutions de postes dans certains ministères. Pour Gilles Carrez, président UMP de la commission des finances de l'Assemblée nationale, le plan du gouvernement « ne suffit pas ». Il est rejoint par Chantal Jouanno et Hervé Morin, députés UDI, qui ont présenté mardi 22 avril "un contre-pacte" de responsabilité qui propose une réduction du déficit de 80 milliards et des mesures de compétitivité comme le rétablissement des 39 heures ou une baisse des charges pour les entreprises.

En revanche, les députés de gauche sont nombreux à estimer que le gouvernement fait preuve de trop d’austérité. Plusieurs d’entre eux ont élaboré des scénarios alternatifs, qui préconisent une réduction des dépenses publiques de 28 milliards d’euros seulement. Ils recommandent de limiter les baisses d’impôts sur les entreprises, de ne pas geler les prestations sociales et d’augmenter le point d’indice des fonctionnaires. Le programme de stabilité sera débattu et soumis au vote de l’Assemblée nationale mardi prochain (29 avril), et transmis à la Commission européenne le 7 mai. Bon nombre des députés de gauche envisagent de s’abstenir. L’écologiste François de Rugy annonce que « pour l’instant, le groupe est entre l’abstention et le contre. » Le gouvernement tente de convaincre sa majorité et Manuel Valls a fait l’annonce d’une mesure en faveur des retraités modestes. Dans un entretien au Monde le 23 avril, Michel Sapin en a appelé au sens de la responsabilité des élus socialistes et a dit espérer qu’« au-delà de la majorité, il y a des hommes et des femmes qui s'intéressent à l'intérêt général » et qui pourraient soutenir le gouvernement. A droite et au centre, certains députés, comme l’UMP Frédéric Lefebvre, ont fait part de leur intention de voter le programme de stabilité du gouvernement.

L'Algérie

Abdelaziz Bouteflika a été élu jeudi 17 avril à un quatrième mandat à la tête de l’Algérie. Il a obtenu 81,5 % des voix dès le premier tour d’un scrutin marqué par une forte abstention : seuls 51,7 % des électeurs ont voté. Le principal rival du président sortant, Ali Benflis, n’a obtenu que 12,1 % des suffrages. L’opposition conteste le résultat et parle de fraude. Pour Ali Benflis, « Il n'y a pas eu d'élections, ce dont il s'est agi ce 17 avril, c'est d'une répartition administrative de suffrages entre les candidats. » Ce résultat sans surprise arrive au terme d’une campagne que l’opposition a qualifiée de mascarade. Abdelaziz Bouteflika, affaibli par un accident vasculaire cérébral survenu en avril 2013, n’a pas pu faire campagne lui-même. Depuis l’annonce de sa candidature, le 22 février dernier, la société algérienne est traversée par une vague de contestation inédite. Les appels au boycott se sont multipliés, de la part des partis minoritaires et du mouvement civil Barakat. Depuis l’élection, une vague de violences secoue le pays. Samedi 19 avril, onze militaires ont été tués en Kabylie par Al-Qaida au Maghreb islamique. Le lendemain, des émeutes ont éclaté en Kabylie après l’interdiction de la commémoration du « printemps berbère ». Les manifestants, attachés à la défense de la langue berbère, se sont heurtés à une violente répression policière.

Au sein même de l’armée, qui tient les rênes du pays, certains généraux ont critiqué le maintien au pouvoir du Président Bouteflika. C’est pourtant l’armée qui a installé Abdelaziz Bouteflika au pouvoir en 1999. L’Algérie sortait alors d’une guerre civile meurtrière. Il avait décidé une amnistie partielle qui avait consolidé la pacification du pays. Pour l'historien Benjamin Stora "Abdelaziz Bouteflika restera aux yeux des Algériens comme l'artisan du retour à la paix civile". En plus de sa figure de garant de la stabilité du pays, Abdelaziz Bouteflika peut compter sur l’appareil du parti majoritaire FLN, au pouvoir depuis l’indépendance, et sur les grands syndicats, également attachés au statu quo politique et social. L’Etat algérien s’assure la paix sociale en redistribuant la manne des hydrocarbures. Cette manne permet notamment de limiter le chômage endémique par des emplois subventionnés dans la fonction publique. Le bilan économique du régime est pourtant très mauvais. Le chercheur Kader Abderrahim parle d’un « paradoxe algérien : l’Algérie est un pays très riche avec une population en constante paupérisation depuis vingt ans. » L’économie du pays est peu diversifiée et la corruption généralisée éloigne les investisseurs étrangers. La Banque mondiale classe l'Algérie au 153e rang sur 187 pour le climat des affaires. Et pour le politologue Rachid Tlemçani, « en matière de liberté individuelle, le bilan d'Abdelaziz Bouteflika est catastrophique. »

Invités

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Eric LE BOUCHER, éditorialiste aux Echos et co-fondateur de Slate.fr

Marc-Olivier PADIS, directeur de la rédaction de la revue Esprit

Brèves

Daniel SOULEZ LARIVIERE, La transparence et la vertu (Albin Michel, mai 2014)

Partice GUENIFFEY, sous la direction de, Les derneirs jours des rois (Editions Perrin, janvier 2014)

Jean-Pierre PEYROULOU, Fabrice LE GOFF, Atles des décolonisations, Une histoire inachevée (Autrement, avril 2014)

Mona OZOUF, Jules Ferry, La liberté et la tradition (Gallimard, avril 2014)

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