LE DIRECT

La réforme des régions et des institutions - Le Royaume-Uni

59 min
À retrouver dans l'émission

La réforme des régions et des institutions

La chambre des députés a adopté mardi 25 novembre la réforme des régions au cours d’un vote solennel. 277 députés ont voté en faveur du projet de loi tandis que 253 se sont prononcés contre. Le nombre de régions métropolitaines passera de 22 à 13 à compter de 2016. Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a salué la création de « régions d’une taille critique, inscrites dans des territoire de projet plus vastes, qui ont vocation à leur permettre de compter d’avantage dans l’Europe » . L’examen de la réforme a donné lieu à une confrontation entre le Sénat et l’Assemblée Nationale : les sénateurs s’étaient prononcés pour une France à 15 régions maintenant une séparation entre les régions Midi-Pyrénées/Languedoc Roussillon et entre l’Alsace et le bloc Lorraine/Champagne-Ardenne. Une commission mixte paritaire devra tenter d’accorder les deux assemblés faute de quoi la chambre des députés aura le dernier mot.

Un mouvement de réflexion sur la réforme des institutions se poursuit alors que le Premier ministre Manuel Valls a évoqué une possible introduction du système de scrutin proportionnel aux élections législatives « au printemps prochain » . Le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a annoncé le 8 octobre la mise en place d’une mission sur l’avenir de nos institutions présidée par lui-même et l’historien Michel Winock. Claude Bartolone s’était déjà prononcé pour la suppression du poste de premier ministre, la fusion du Sénat et du Conseil économique et social, la réduction du nombre de parlementaires et la suppression du droit de dissolution du Président de la république dans un ouvrage publié en octobre 2014 Je ne me tairai plus . Les travaux de la mission ont commencé le 27 novembre et doivent aboutir à des propositions pour le printemps 2015.

La mission Bartolone est composée de 11 parlementaires dont la député écologiste Cécile Duflot, la député communiste Marie-Georges Buffet et le député UMP Bernard Accoyer. 11 personnalités qualifiées travailleront de concert avec les parlementaires.

Les sénateurs UMP ont refusé de participer à la mission, le président du groupe UMP au Sénat Bruno Retailleau reprochant à Claude Bartolone de « réserver les places plus nombreuses et les meilleures à ses amis de gauche » et trouvant le moment inapproprié pour commencer un processus de réforme des institutions.

Le Royaume-Uni

Le parti eurosceptique et anti-immigration Ukip s’impose comme un nouvel acteur important de la vie politique britannique : arrivé en tête des élections européennes de mai 2014 avec plus de 27% des voix il a remporté les élections partielles organisées jeudi 20 novembre dans la circonscription de Rochester and Strood et un deuxième siège au parlement de Westminster par la même occasion.

Les élections législatives auront lieu au Royaume-Uni en mai 2015. La question européenne s’est imposée comme une thématique centrale du débat politique outre-manche : le Premier ministre conservateur David Cameron a annoncé la tenue d’un référendum sur la sortie de l’Union européenne en cas de réélection, estimant que le Royaume-Uni ne devait pas en rester membre « à n’importe quel prix » . Il a opposé une fin de non recevoir à la demande de la Commission européenne visant au versement par Londres de 2 milliards d’euros de contribution supplémentaire au budget de l’Union. Cette demande faisait suite à une modification du système de calcul du PIB des Etats membres.

La coalition entre conservateurs et libéraux démocrates est mal perçue par l’opinion après la politique d’austérité menée par le gouvernement Cameron. Le libdem est particulièrement fragilisé : les sondages ne le créditent plus que de 8% d’intentions de vote alors qu’il avait remporté 23% des suffrages en 2010. Le parti travailliste est donné favori pour les prochaines élections malgré la grande impopularité se son dirigeant Ed Miliband : 74% des britanniques mettent en doute sa capacité à diriger.

Les indépendantistes écossais du Scotish National Party regagnent du terrain moins de deux mois après la victoire du non à l’indépendance lors du référendum de septembre dernier : alors que le SNP ne disposent que de six élus à la chambre des communes, les derniers sondages avancent qu’il pourrait décrocher au printemps 54 des 59 sièges de députés élus en Ecosse, devenir le troisième parti national et le pivot d’une future coalition. L’ancien Premier ministre écossais et leader indépendantiste Alex Salmond a réclamé à David Cameron la concrétisation des promesses d’octroi de pouvoirs élargis au parlement écossais, soulignant que « les élections de 2015 offrent une véritable possibilité de mettre l’Ecosse aux commandes » . La Commission Smith mise en place par David Cameron après le référendum a rendu public ses conclusions vendredi 28 novembre : elle propose un transfert au parlement écossais de la gestion de l’impôt sur le revenu, de la moitié de la TVA et du versement de plusieurs allocations sociales.

L’économie du Royaume-Uni a renoué avec la croissance : le PIB brut a progressé de 0,7% entre le deuxième et le troisième trimestre 2014, le taux de chômage s’est stabilisé à 6% soit son plus faible niveau depuis 2008 avec une augmentation moyenne des salaires de 1,3% sur les trois derniers mois.

Invités

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

Eric LE BOUCHER, éditorialiste des Echos et co-fondateur du site Slate.fr

Marc-Olivier PADIS, directeur de la rédaction de la revue Esprit

Thierry PECH, directeur général de la fondation Terra Nova

Brèves

Philippe MEYER a évoqué les oppositions entre la maire de Paris Anne Hidalgo et la Commission du Vieux Paris

Eric LE BOUCHER a évoqué le discours du pape François devant le Parlement européen le mardi 25 novembre

Colette BEC, La sécurité sociale - une institution de la démocratie (Gallimard, 2014)

Stefan ZWEIG, Derniers messages (Bartillat, 2013)

François VILLEROY DE GALHAU, L'espérance d'un Européen (Odile Jacob, 2014)

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......