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La rentrée du gouvernement - L'Etat Islamique

58 min
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La rentrée du gouvernement

Le désaccord avec la politique économique de l’exécutif exprimé par Arnaud Montebourg a conduit François Hollande à confier à Manuel Valls la formation d’un nouveau gouvernement le 26 août. Le départ du ministre de l’économie s’accompagne de celui du ministre de l’éducation nationale, Benoît Hamon, et de la ministre de la culture Aurélie Filippetti. Le nouveau gouvernement marque un renforcement de la présence de membres dont la carrière est liée à celle de François Hollande. Le pacte de responsabilité et la politique de l’offre sont réaffirmés, ce que symbolise la nomination à Bercy d’Emmanuel Macron, principal artisan de ce pacte.

Le nouveau gouvernement doit faire face à un chômage passé de 9,6% à 10,3% depuis l’élection de François Hollande, tandis que le déficit public atteint 84.1 milliards d’euros en juillet contre 80.8 milliards un an auparavant. Le ministre des finances Michel Sapin a admis que l’objectif de réduction du déficit à 3% du PIB ne sera pas atteint avant 2017 et non en 2015. La croissance annoncée pour 2014 n’est plus que de 0,4%. A cette situation se superpose une forte défaveur du couple exécutif : selon un sondage TNS-Soffres François Hollande, violemment attaqué dans un livre de son ancienne compagne, est désormais le président le plus impopulaire de la Vème République. Il ne recueille que 13% d’opinions favorables et serait battu par Marine Le Pen au second tour de 2017. Manuel Valls perd 14 points en deux mois pour tomber à 30% d’opinions favorables. La démission de Nicolas Thévenoud, secrétaire d’Etat au commerce extérieur, en raison d’une situation fiscale fautive que l’intéressé explique par une phobie de l’administration, a contribué à écorner l’image du nouveau gouvernement 9 jours après sa présentation.

Les journées de La Rochelle ont mis en relief les divisions au sein du PS avec l’affirmation de l’opposition de députés issus de l’aile gauche du parti. Ces « frondeurs » menacent de s’abstenir collectivement lorsque Manuel Valls engagera la responsabilité du gouvernement devant l’assemblée nationale le 16 septembre. En s’affichant aux côtés des leaders socialistes européens autour de Mateo Renzi, dont la popularité atteint 64%, M. Valls a déclaré «Il faut utiliser toutes les flexibilités des Traités européens pour débloquer l’Europe». Tandis que le président de la BCE ne cesse de rappeler la nécessité des réformes structurelles, l’Italie, qui assure la présidence de l’U.E présente un plan d’utilisation des ressources de la Banque européenne d’investissement et des banques centrales renforçant les investissements dans les secteurs de l’économie verte, des réseaux de transport et d’énergie, du marché numérique unique et des infrastructures sociales et milite pour la flexibilité des critères du pacte de stabilité.

L'Etat islamique

La prise de Mossoul le 10 juin 2014 par l’Etat islamique (EI) a marqué un tournant décisif dans l’expansion de l’entité djihadiste sunnite. Cette étape a été l’occasion pour son leader Abou Bakr al-Baghdadi de s’autoproclamer calife d’une entité qui contrôlait fin août environ 25% de la Syrie et 40% de l’Irak soit un territoire équivalent à celui du Royaume-Uni.

Des sources multiples indiquent que les combattants de l’EI perpétuent une campagne systématique de persécution des minorités notamment chrétiennes, chiites, yézidis et kurdes dans les territoires qu’ils contrôlent. Massacres de masses, enlèvements et pillages se succèdent. Le Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations-Unis (HCR) estime à 1.2 millions le nombre de réfugiés ayant fui la région contrôlée par l’EI dans des conditions dramatiques. Deux journalistes américains, James Folley et Steven Sotloff ont été décapité et la vidéo de leur supplice diffusé sur la toile. Une troisième exécution, celle du travailleur humanitaire David Haines, a été revendiquée par l'EI le 13 septembre.

Ces exécutions de citoyens américains ont poussé Barack Obama à réagir. Si le président des Etats-Unis ne semblait disposé en août qu’à « des frappes limitées » contre des positions de l’EI pour protéger les personnels américains présents en Irak, il a officiellement engagé les Etats-Unis mercredi 10 septembre dans un conflit ouvert avec pour objectif la destruction complète de l’entité djihadiste. Cette opération doit se baser sur une coalition internationale incluant une quarantaine de pays occidentaux et moyen-orientaux. Le 11 septembre l’Arabie Saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Oman, l’Egypte, l’Irak, la Jordanie et le Liban ont adhéré à cette coalition. Des frappes sont prévus sur le territoire syrien mais Barack Obama a de nouveau exclu toute coopération avec le régime de Bachar el Assad et annoncé son intention de renforcer l’opposition « modérée ». L’Iran n’a pas proposé sa coopération, conditionnée à la participation du président syrien sans qui la lutte contre l’EI est vouée à l’échec selon Téhéran.

François Hollande s’est rendu vendredi matin à Bagdad pour « affirmer le soutien et la solidarité de la France » au nouveau gouvernement irakien. Le président a également précisé sa stratégie à l’encontre de l’EI : si la France fournit depuis août des armes aux kurdes irakiens et de l’aide humanitaire aux civils, elle est désormais prête à utiliser ses bombardiers dans le cadre d’une opération américaine en Irak. La conférence pour la paix et la sécurité en Irak qui se tiendra lundi 15 septembre à Paris a pour ambition de définir une stratégie globale de lutte contre l'Etat islamique. Elle rassemblera les représentants d'une trentaine d'états dont les 5 membres du conseil de sécurité de l'ONU.

Invités

Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis Bourlanges, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Thierry Pech, directeur général de la fondation Terra Nova

Lionel Zinsou, banquier d'affaires franco-béninois, normalien et agrégé

Brèves

  • Christian Homber, Ein fairer Blick auf Frankreich / Un regard plus juste sur la France (KFW Economic Research, août 2014)

https://www.kfw.de/PDF/Download-Center/Konzernthemen/Research/PDF-Dokumente-Fokus-Volkswirtschaft/Fokus-Nr.-68-August-2014.pdf

  • Patrice Gueniffey, Bonaparte 1769-1802 (Gallimard, septembre 2013)

  • Pascal Canfin, Imaginons, dialogues avec une ouvrière, un patron de PME, une infirmière, un financier... (Les Petits Matins, août 2014)

  • Comtesse R.G.Waldeck, Athénée Palace (De Fallois, septembre 2014)

  • Lionel Zinsou a mis en avant l'engagement de la France dans la lutte contre le virus Ebola et l'urgence de la situation sanitaire en Afrique de l'Ouest.

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