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La semaine de François Hollande et du Gouvernement - La contestation étudiante au Québec

58 min
À retrouver dans l'émission

Prochaine émission en public :

Dimanche 10 juin, au Théâtre du Vieux-Colombier (21, rue du Vieux-Colombier, 75006 Paris).

Accès libre à partir de 10h30, dans la limite des places disponibles.

La semaine de François Hollande et du Gouvernement :

Mardi soir, François Hollande était l’invité du Journal Télévisé de France 2. Le président de la République a commenté sa participation à la réunion du G8 à Camp David et au sommet de l’OTAN à Chicago. A propos du retrait anticipé des troupes combattantes françaises d’Afghanistan, il a insisté sur le respect de « l’engagement qu’il avait pris devant les Français durant [la] campagne ». Au sujet de son intention de renégocier le traité européen sur la discipline budgétaire signé en mars par 25 pays de l’Union européenne, M. Hollande a déclaré : « Je crois qu’est adopté le fait qu’il y aura de la croissance dans le pacte ». Il a repoussé l’idée que le couple franco-allemand soit « l’unique moteur » de l’UE. Il s’est prononcé en faveur d’une intervention armée en Syrie sous mandat de l’ONU. En matière de politique intérieure, le chef de l’Etat a confirmé qu’il demanderait un « coup de pouce » pour le SMIC, précisant que cette augmentation devrait « rattraper ce qui n’a pas été accordé cette dernière année » tout en veillant « à ce que cela ne déstabilise pas les entreprises ». Il a confirmé son engagement de ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB en 2013 et admis la nécessité d’un « effort » de la part des Français en matière fiscale. Evoquant les élections législatives à venir, le chef de l’Etat a conclu : « Si les Français veulent ces réformes, je crois qu’ils auront à cœur d’accorder une majorité large, solide et cohérente au Président de la République ».

Le même jour, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault recevait les partenaires sociaux, entouré de plusieurs membres du gouvernement. Les syndicats se sont félicités de la tenue de cette première rencontre, de même que Laurence Parisot, la présidente du Médef. « Au début d’un quinquennat, les relations sont toujours très bonnes c’est en général après que ça se gâte », a nuancé François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT. François Fillon a pour sa part commenté : « Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche », dénonçant « l’hypocrisie » de M. Ayrault sur la question des retraites. Cette rencontre intervient alors que plusieurs sites industriels sont menacés de fermeture. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a remis à Jean-Marc Ayrault une liste de 46 entreprises en difficulté, sur le point de supprimer 45.000 postes. Vendredi 25 mai, le ministre du redressement productif avait rencontré les représentants syndicaux de l’usine Fralib à Géménos et ceux de la raffinerie LyondellBasell à Berre-l’Etang, sites tous deux menacés de fermetures.

Mardi prochain, le premier ministre réunira de nouveau les partenaires sociaux pour fixer l’ordre du jour de la conférence sociale qui se tiendra en juillet. Dans un entretien publié dans L’Express mercredi, il a précisé que la règle d’un écart maximum de 1 à 20 dans les entreprises publiques, engagement pris par François Hollande pendant sa campagne, s’appliquerait aux mandats « en cours ».

La contestation étudiante au Québec :

Au Québec, le 22 mai dernier a marqué le centième jour de la grève étudiante commencée le 13 février. Les organisations étudiantes ont appelé à manifester dans les grandes villes de la province sur le thème « 100 jours de grève. 100 jours de mépris. 100 jours de résistance ». Il s’agit de la plus longue grève étudiante de l’histoire de la province.

Surnommé « Printemps québécois » ou « Printemps érable » – en référence au printemps arabe –, ce mouvement est né de la volonté du gouvernement libéral de Jean Charest d’augmenter les frais d’inscription à l’université. Le projet initial, rejeté par les associations étudiantes, prévoyait une hausse de 75 % en cinq ans des droits de scolarité. Remanié, ce projet porte actuellement sur une augmentation de 82 % en sept ans, amenant le montant des droits d’inscription à 3.793 dollars canadiens annuels en 2017, soit 2.974 euros. Pour le gouvernement Charest, cette mesure doit permettre aux universités d’augmenter leurs ressources, tout en rapprochant le montant des frais de scolarité québécois de ceux pratiqués aux Etats-Unis et au Canada anglophone.

Une loi spéciale, la loi 78, a été adoptée le 18 mai pour une durée d’un an. Cette « loi spéciale », surnommée « loi matraque », vise à limiter le droit de grève au nom du droit à l’éducation. Les dispositions les plus critiquées de ce texte concernent l’interdiction de rassemblements « spontanés » de plus de cinquante personnes qui n’auraient pas été notifiés à la police au moins huit heures à l’avance ce texte prévoit en outre de lourdes amendes pour les contrevenants, qu’il s’agisse d’organisations syndicales ou de particuliers. Pauline Marois, leader du Parti québécois (parti de l’opposition), a déclaré le 18 mai que le jour où la loi 78 avait été adoptée « constitu[ait] un des jours les plus sombres de toute la démocratie québécoise ». Depuis, la mobilisation s’est cristallisée autour de cette loi et de multiples manifestations de nuit sont organisées dans la province. A la mobilisation étudiante s’est ainsi ajoutée une « révolution des casseroles » – du nom de l’ustensile utilisé par les opposants à la loi spéciale pour signifier bruyamment leur désapprobation. Dans la nuit du 23 au 24 mai, 518 manifestants ont été arrêtés à Montréal et 176 à Québec.

Des négociations de « la dernière chance » ont été ouvertes lundi entre les représentants des principales organisations étudiantes et la ministre de l’Education, Michelle Courchesne. Ces négociations ont échoué jeudi, au quatrième jour des pourparlers. M. Charest, qui avait proposé mardi de réduire la hausse des frais de scolarité de 35 dollars par an, a déclaré que « malgré le fait que les discussions ont été (…) assez constructives, il y a un important fossé qui sépare toujours le gouvernement et les représentants des associations étudiantes ». Le gouvernement libéral apparaît fragilisé par le « Printemps érable », à l’heure où Jean Charest, au pouvoir depuis neuf ans, est touché par des soupçons de corruption et de collusion liant le Parti libéral à différents acteurs économiques. Un de ses projets phares, le Plan Nord – qui vise à accélérer l’exploitation des ressources naturelles dans le nord du Québec, en privilégiant le secteur privé –, est particulièrement critiqué.

La population québécoise apparaît divisée. Selon un sondage commandé par Radio Canada le 25 mai, 60 % des personnes interrogées refusent la « loi spéciale », tandis que 51 % des sondés sont en accord avec l’augmentation des droits de scolarité.

Invités :

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • François Kersaudy, Churchill contre Hitler. Norvège 1940, la victoire fatale (Editions Tallandier, coll. « Texto », 2012)

  • « Problèmes économiques » n°3013, 16 février 2011 : L’Allemagne, un modèle pour la France ? (La documentation française)

  • Dominique Lormier, Koenig, l’homme de Bir Hakeim (Editions du Toucan, 2012)

  • Eric Reinhardt, Le système Victoria (Stock, 2011)

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