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La situation en Egypte - Les ambitions de Nicolas Sarkozy pour le G20

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La situation en Egypte

Depuis mardi, l’Egypte est secouée par des manifestations en faveur de réformes politiques. Ces manifestations se sont multipliées depuis l’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement, faite par le président Hosni Moubarak dans la nuit de vendredi à samedi. Le président égyptien, âgé de 82 ans et au pouvoir depuis 1981, a promis des réformes sans les détailler, affirmant « nous aspirons à plus de démocratie, plus d'efforts pour combattre le chômage, la pauvreté et la corruption » . Il a néanmoins assuré : « je défendrai la sécurité et la stabilité de l'Egypte, et la sécurité de son peuple » . Le gouvernement égyptien a démissionné hier à la mi-journée et Omar Souleïmane, qui dirigeait les services de renseignement égyptiens, a été nommé vice-président. Le poste de premier ministre a été confié à Ahmad Chafic, ministre sortant de l’aviation civile et ancien commandant de l’armée de l’air.

Des dizaines de milliers d'Egyptiens se sont rassemblés hier et vendredi dans les rues du Caire et des principales villes du pays pour réclamer le départ d’Hosni Moubarak, défiant le couvre-feu imposé par le pouvoir. Selon le bilan de l’AFP ce matin, les affrontements ont fait 102 morts et au moins 2.250 blessés depuis mardi, dont 33 morts hier. Depuis jeudi soir, les autorités égyptiennes ont bloqué l’accès à Internet dans l’ensemble du pays. Toutes les communications par téléphone portable étaient coupées vendredi, et deux compagnies de téléphonie mobile assuraient de nouveau leurs services samedi.

Barack Obama a appelé vendredi Hosni Moubarak « à prendre des mesures concrètes pour tenir ses promesses » et à « s’abstenir d'utiliser la violence contre les manifestants pacifiques » . L’Union Européenne a elle aussi appelé à « l’arrêt de la violence pour stopper les effusions de sang ». En France, Michèle Alliot-Marie a exprimé vendredi dans un communiqué sa « vive préoccupation » , appelant à la « retenue » et au « dialogue » . « La France, amie de l'Egypte et des Egyptiens, appelle à l'apaisement et à la responsabilité de tous » affirme le communiqué. Le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre britannique David Cameron ont publié hier une déclaration conjointe dans laquelle appellent « le président Moubarak à éviter à tout prix l'usage de la violence contre des civils sans armes et appelons les manifestants à exercer leur droit pacifiquement ». Ils concluent : « nous appelons le président Moubarak à engager un processus de changement qui se traduise à travers un gouvernement à représentation élargie et des élections libres et justes ».

En Jordanie, plus de 3.000 manifestants se sont rassemblés vendredi dans le centre d’Amman, la capitale, pour réclamer des élections libres et le départ du Premier ministre, Samir Rifai, et de son gouvernement.

A noter, le dossier spécial de franceculture.com : "Egypte : l'épreuve de force"

Les ambitions de Nicolas Sarkozy pour le G20

Nicolas Sarkozy s’est prêté lundi à l’Elysée la troisième conférence de presse depuis le début de son quinquennat, conférence uniquement consacrée aux questions internationales et destinée à permettre au chef de l’Etat d’annoncer les priorités du prochain sommet du G20 présidé par la France, qui se tiendra les 3 et 4 novembre à Cannes.

Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité d’une réforme du système monétaire international. « Depuis le début des années 70, nous vivons dans un non-système monétaire international. On n'est plus dans Bretton Woods » a-t-il déclaré. Il a rappelé que l’objectif du prochain sommet du G20 est de parvenir à un accord permettant de mieux contrôler les flux de capitaux afin de limiter la spéculation sur les devises. Pour cela, Nicolas Sarkozy propose un renforcement du rôle du Fonds monétaire international afin qu’il puisse fournir des liquidités aux pays en difficulté. Le président de la République a aussi déclaré, face aux réticences des Etats-Unis à l’idée d’un « nouvel ordre monétaire », que « le dollar est et restera la devise prépondérante ». Il se rendra en Chine fin mars, avec Angela Merkel, afin d’entamer des discussions sur la réforme du système des changes.

Nicolas Sarkozy a également évoqué une « présidence collective » du G20 : à sa demande, la chancelière allemande Angela Merkel, le président mexicain Felipe Calderon, le Premier ministre britannique David Cameron et le président russe Dimitri Medvedev dirigeront, avec la France, des groupes de travail sur les monnaies, le développement et les matières premières. Il a souligné l’importance d’une régulation des prix des matières premières agricoles, et rappelé aux 20 pays les plus riches leur promesse faite lors du G20 de Londres en avril 2009 de consacrer 100 milliards de dollars à l’aide au développement des pays les plus pauvres. « Il n’y a que par les financements innovants que nous y arriverons », a déclaré le président français avant de conclure « la présidence française est déjà satisfaite en obtenant que tous les sujets qu’elle défend soient sur la table ».

La première secrétaire du Parti Socialiste, Martine Aubry, a réagi en indiquant : « il faut mettre tout dans la bataille et ne pas y aller à reculons, c’est un peu l’impression que Nicolas Sarkozy a donné ce matin » . De son côté, le secrétaire général de l’UMP estime que « Nicolas Sarkozy a ouvert des pistes innovantes, réalistes et crédibles ».

Selon le baromètre mensuel BVA pour les Echos et France Info paru lundi, 70% des Français estiment que le président français ne « parviendra pas à faire de sa présidence du G20 un succès ».

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
  • Journaliste, cofondateur de Slate.fr et directeur de la rédaction du magazine Enjeux-Les Échos.
  • Correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
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