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La situation politique en Italie - La relation franco-allemande

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La situation politique en Italie :

Mardi, le nouveau gouvernement italien d’Enrico Letta a obtenu la confiance des sénateurs avec 233 voix sur 310, après celle de 453 députés contre 153. Nommé le 24 avril par le Président de la République Giorgio Napolitano, Enrico Letta, vice-président du Parti Démocrate, a formé un gouvernement de coalition dont. Angelino Alfano, secrétaire général du Peuple de la Liberté, le parti de Silvio Berlusconi, est le vice-président et le ministre de l’intérieur. Le gouvernement est composé de neuf ministres du Parti Démocrate, cinq du Peuple de la Liberté, les autres étant issus d’autres partis ou étant des personnalités qualifiées. Le directeur de la banque d’Italie a ainsi été nommé Ministre de l’économie, et le directeur de l’Institut des statistiques Ministre du travail. « C’était le seul gouvernement possible et sa constitution ne pouvait pas attendre », a déclaré M. Napolitano.

Fin février dernier, les élections n’avaient dégagé aucune majorité au Sénat, tandis qu’à la Chambre des Députés la majorité issue du Parti Démocrate de Pier Luigi Bersani, ne parvenait pas à un accord avec les différents partis. Le 18 avril, les 1.007 grands électeurs (députés, sénateurs et représentants de régions) étaient appelés à élire un nouveau Président de la République. La candidature de Romano Prodi, ancien chef du gouvernement italien, proposée par M. Bersani, a été rejetée le 19 avril, le Peuple de la Liberté s’étant abstenu, et un quart des électeurs de la gauche n’ayant pas respecté la consigne de vote. Cet échec a provoqué la démission de M. Bersani de la présidence du Parti Démocrate. Après 6 tours de scrutin, c’est Giorgio Napolitano, âgé de 87 ans, qui a été réélu le 20 avril avec près de 75% des voix. Sa réélection a été qualifiée de « coup d’Etat » par Beppe Grillo, le leader du Mouvement 5 Etoiles, qui avait recueilli le quart des voix aux élections générales.

Dans son discours devant les députés, M. Letta s’est donné 18 mois pour mener plusieurs réformes, ajoutant qu’en cas d’échec il en « tirerait les conséquences ». Le Président du Conseil a souhaité que les élections de février soient les dernières « organisée en vertu de la loi électorale actuelle », considérée comme une des causes de l’impasse politique en Italie. « L’Italie se meurt à cause de la seule austérité », a déclaré M. Letta qui a ajouté que « les politiques en faveur de la relance ne [pouvaient] plus attendre ». Il a assuré que l’Italie respecterait ses engagements européens, mais attendait en retour une « marge de manœuvre ». Mercredi, après son entretien avec M. Letta, Herman Van Rompuy, le président du Conseil Européen, a assuré que l’UE était prête à « utiliser pleinement la flexibilité existante tout en conservant comme objectif central le maintien de finances publiques saines ». Le même jour, après un entretien avec François Hollande, M. Letta a exprimé son souhait d’une Union bancaire en Europe, « premier point de solution et de succès avec l’union économique, budgétaire et politique ». En 2012, la dette de l’Italie s’élevait à 127% du PIB. En février, le taux de chômage était de 11,6%.

La relation franco-allemande :

La semaine dernière, interrogé sur la relation franco-allemande, Claude Bartolone déclarait au Monde : « [François Hollande] appelle cela la « tension amicale », pour moi, c’est la tension tout court, et s’il le faut, la confrontation ». Manuel Valls a jugé ces propos « irresponsables, démagogiques et nocifs », tandis que Pierre Moscovici a qualifié l’idée d’une confrontation avec l’Allemagne de « fausse et contre-productive ». Le 27 avril, Le Monde publiait des extraits d’un projet de texte rédigé par le Parti Socialiste en vue de sa convention nationale sur l’Europe du 16 juin. Ce projet dénonçait « l’intransigeance égoïste de la chancelière Merkel » et appelait également à une « confrontation démocratique ». « On ne résoudra pas les problèmes de l’Europe sans un dialogue intense et sincère avec l’Allemagne », a réagi Jean-Marc Ayrault, tandis que Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, s’est désolé qu’« à cause d’un brouillon, on ait créé une polémique », soulignant que toutes les expressions « stigmatisantes » avaient été retirées du texte définitif. « Le fond du problème n’est pas d’invectiver Mme Merkel mais de créer un rapport de force avec elle », a déclaré la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann, tandis que Benoît Hamon, ministre délégué à l’économie sociale et solidaire, déclarait dimanche au quotidien britannique The Observer : « Il est temps d’en finir avec les politiques d’austérité en Europe. (…) Seule Merkel, soutenue par quelques pays du Nord, croit que l’austérité marche ».

« Les difficultés de la France n’ont pas leur origine en Allemagne », a déclaré lundi le porte parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert, précisant que les deux pays « travaill[aient] très bien ensemble » et que la Chancellerie « n’av[ait] pas le sentiment d’un changement de politique » de la part de la France. Les élections législatives en Allemagne se tiendront le 22 septembre prochain. Les derniers sondages sont favorables à la CDU d’Angela Merkel, crédité de 38 à 42% des suffrages et 4% pour ses alliés libéraux, contre 23 à 26% pour les socialistes du SPD et environ 14% pour leurs alliés Verts.

Le prochain Conseil européen se tiendra les 27 et 28 juin, et portera sur la compétitivité et la politique industrielle. D’après les chiffres publiés par Eurostat mardi, le chômage dans la zone euro a atteint un taux record de 12,1% de la population active en mars. Il est de 27,2 % en Grèce, 26,7 % en Espagne et 17,5% au Portugal. Jeudi, la BCE a annoncé l’abaissement de son principal taux directeur à 0,5%, son plus bas historique. Son président Mario Draghi a assuré que la décision avait fait l’objet d’un « fort consensus » au sein du conseil des gouverneurs, bien qu’elle n’ait pas été adoptée à l’unanimité. « Le message de la BCE est : ne détricotez pas ce que vous avez fait. (…). Ce qu’il faut faire, c’est prendre des mesures qui adoucissent [la] contraction » de l’économie européenne, c’est-à-dire « consolider en réduisant les dépenses, pas en augmentant les impôts », a-t-il déclaré. Les élections européennes auront lieu en mai 2014.

Invités

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Eric LE BOUCHER, éditorialiste des Echos et co-fondateur du site Slate.fr

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves

  • Jacques Lévy, Réinventer la France.Ttrente cartes pour une nouvelle géographie (Fayard, 2013)

  • Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, La guerre au nom de l’humanité. Tuer ou laisser mourir (PUF, 2012)

  • Jérôme Deschamps, Foie de morue et café au lait (Presses de la Renaissance, 2013)

  • Ollivier Pourriol, On/off (Nil Editions, 2013)

  • Sergio Rubin et Francesca Ambrogetti, Le Pape François - Je crois en l’homme : Conversations avec Jorge Bergoglio (Flammarion, 2013)

  • Les films de Jacques Demy

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