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L'accord sur le nucléaire iranien - La réforme des rythmes scolaires

1h
À retrouver dans l'émission

L'accord sur le nucléaire iranien

Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, à Genève, après des années de blocage, l’Iran a conclu un accord provisoire sur son programme nucléaire avec six grandes puissances, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne. Le 9 novembre dernier, les parties déjà réunies à Genève s’étaient séparées sans s’entendre. L’accord conclu dimanche est valable pour une période de six mois renouvelable une fois. Il prévoit que l'Iran cesse d'enrichir l'uranium au-dessus de 5% et neutralise ses réserves enrichies à 20%. Téhéran renonce à produire du plutonium dans la centrale d’Arak et autorise les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique à contrôler ses sites. En échange, les « 5 1 » consentent à un allégement des sanctions internationales « limité, temporaire, ciblé et qui pourra être annulé », équivalant à 7 milliards de dollars. Ils n'imposeront pas de nouvelles sanctions si l'Iran respecte ses engagements. Mais la plupart des sanctions resteront en vigueur jusqu’à la conclusion d’un accord final.

Cette première étape intervient au terme de négociations secrètes entre Iraniens et Américains. Elles avaient été entamées avec le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad avant même l'élection de son successeur plus modéré Hassan Rohani, le 14 juin dernier. Hassan Rohani avait fait de l'allégement des sanctions internationales un engagement majeur de sa campagne. Le programme nucléaire bénéficie d’un large soutien patriotique en Iran, mais les sanctions mises en place depuis 2010 par les Etats-Unis, l’Union européenne et les Nations unies ont mis l’économie du pays à genoux. De leur côté, les Etats-Unis n’ont pas caché leur volonté de restaurer des liens avec Téhéran depuis l’élection de Barack Obama en 2008. L’Iran, chef de file de l’Islam chiite, peuplé de près de 80 millions d’habitants, détient les deuxièmes réserves mondiales d’hydrocarbures et aspire à un statut de grande puissance régionale. L’accord conclu à Genève est un premier pas mesuré vers sa réintégration dans la communauté internationale.

Toutes les parties célèbrent cet accord provisoire, mais des différences d’interprétation préfigurent les difficultés à venir pour parvenir à un règlement complet. D’après Barack Obama lui-même, « d'immenses difficultés persistent ». Les négociateurs iraniens présentent comme une victoire la mention de l'enrichissement de l’uranium dans le texte, alors que les Occidentaux considèrent que le texte ne précise aucun « droit à l'enrichissement » pour Téhéran. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a dénoncé dimanche une « erreur historique ». D’après lui, les sanctions internationales « ont été levées en échange de concessions cosmétiques de l'Iran, lesquelles peuvent être annulées en quelques semaines ».

La réforme des rythmes scolaires

Le 14 novembre, 23% des instituteurs étaient en grève contre la réforme des rythmes scolaires, d’après les chiffres du gouvernement. Cette réforme consiste à revenir à une semaine de quatre jours et demi, et à utiliser le temps gagné pour du soutien scolaire ou des activités éducatives et sportives. Elle porte l’année scolaire à 180 jours contre 144 actuellement. Elle fait suite une à concertation sur l’école, lancée au début du quinquennat par Vincent Peillon et qui avait recommandé la semaine de quatre jours et demi et des vacances d’été plus courtes. Cette réforme devait être effective à la rentrée 2013 mais les mairies pouvaient demander un report d’un an. 17% des communes ont choisi de l’appliquer dès cette année.

Les rythmes scolaires avaient déjà été modifiés lors du précédent quinquennat. En 2008, le ministre de l’éducation nationale Xavier Darcos avait décidé un passage à la semaine de 4 jours. La France avait alors l’année scolaire la plus courte de l’OCDE, et un nombre d’heures par jour parmi les plus élevés. En 2010, un rapport de l’Académie de médecine soulignait le caractère « inadapté et préjudiciable » de l’organisation du temps scolaire. Une circulaire avait donc été introduite pour encourager l’organisation en quatre jours et demi, et Luc Chatel, devenu ministre de l’éducation nationale, avait lancé une « Conférence nationale sur les rythmes scolaires ». Cette très vaste concertation avait abouti en octobre 2012 à la préconisation de la semaine de quatre jours et demi et d’un allongement de l’année scolaire. La mise en œuvre était repoussée après l’élection présidentielle.

Malgré un large consensus sur le principe, la réforme des rythmes scolaires est vivement critiquée à la fois par les parents d’élèves, par les enseignants et par les élus. La FCPE, fédération de parents d’élèves, reste convaincue du bien fondé de la réforme. Mais d’autres associations invoquent la grande fatigue des enfants et le manque d’organisation. Les maires s’inquiètent du financement des activités périscolaires. Le 21 novembre, lors du 96e congrès des maires de France, Vincent Peillon a reconnu qu’il demandait « un effort sans précédent aux collectivités locales ». Quelques jours plus tôt, 55 maires avaient annoncé qu’ils n’appliqueraient pas la réforme « en l’état » à la rentrée 2014. Pour Vincent Peillon, c’est de la « petite délinquance civique ». L’U.M.P a demandé un report. Selon un sondage CSA pour BFM-TV, 54% des Français souhaitent l'abandon de la réforme. Toutefois, une enquête de l’Association des Maires de France a montré que si les maires qui ont mis en place les nouveaux rythmes sont nombreux à souligner leurs difficultés à dégager le budget nécessaire ils le sont tout autant à se montrer satisfaits de la réforme.

Invités

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d'Alternatives Economiques

Brèves

Conteur ? Conteur , Texte et jeu de Yannick JAULIN, au théâtre des Bouffes du Nord, du 6 au 21 décembre 2013

Vassili GROSSMAN, Carnets de guerre, De Moscou à Berlin , 1941-1945 (Livre de Poche, février 2008)

François HEISBOURG, La fin du rêve européen (Stock, septembre 2013)

Annie COHEN-SOLAL, Mark Rothko (Actes Sud, octobre 2013)

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