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Emmanuel Macron à Sarcelles le 27 avril 2017

Le bilan du premier tour // les enjeux de la campagne

57 min
À retrouver dans l'émission

Le résultat du premier tour de l'élection présidentielle a provoqué un bouleversement du paysage politique français // Le second tour du scrutin aura lieu le 7 mai

Emmanuel Macron à Sarcelles le 27 avril 2017
Emmanuel Macron à Sarcelles le 27 avril 2017 Crédits : Martin Bureau - AFP

LE BILAN DU PREMIER TOUR

Dimanche 23 avril, Emmanuel Macron et Marine le Pen sont arrivés en tête du premier tour des élections présidentielles, avec respectivement 24,01 et 21,3% des voix. Le candidat du parti socialiste, Benoît Hamon, obtient l’un des scores les plus bas de son parti à une élection présidentielle avec 6,36% des voix. Le candidat des Républicains François Fillon rassemble 20,01% des suffrages, talonné par Jean-Luc Mélenchon à 19,98%. Nicolas Dupont-Aignan obtient 4,7% des voix. Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, Jean Lassalle et François Asselineau ne passent pas la barre des 2%. L’abstention atteint 22 ,7% du corps électoral et 1,78% de votes blancs ont été relevé.

Marine le Pen a salué le « résultat historique » du Front National : la candidate a fait mieux que Jean-Marie le Pen, qui, en 2002, accédait au second tour face à Jacques Chirac avec 16,86% des voix. Le candidat de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon améliore sensiblement son résultat de 2012, après une forte percée dans les sondages en fin de campagne. Selon un sondage Ipsos Sopra Steria, il obtiendrait le meilleur score dans la catégorie des 18-25 ans, soit près de 30%.

L’annonce des résultats a été immédiatement suivie par la constitution d’un « Front Républicain » contre le Front National. Benoît Hamon a été le premier à appeler à voter pour le candidat d’En Marche, afin de « battre le plus fortement et le plus puissamment Marine Le Pen ». Dans son allocution, François Fillon a également affirmé qu’il n’y avait « pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite » et appelé ses électeurs à voter Emmanuel Macron. Il a été rapidement suivi par plusieurs figures de son parti comme Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé, et Christian Estrosi. Jean-Luc Mélenchon, Jean Lassalle et Philippe Poutou n’ont pas adressé de consignes de vote à leurs électeurs. Le candidat de la France Insoumise a affirmé n’avoir « reçu aucun mandat des 450.000 personnes qui ont décidé de présenter [sa] candidature » pour s'exprimer à leur place. Il a décidé de s’en remettre à ses militants via une consultation lancée ce mercredi sur internet qui doit se poursuivre jusqu’à mardi prochain. Alors que selon les sondages, 17 à 19% de ses électeurs pourraient se reporter sur Marine le Pen, la consultation exclut cette possibilité, proposant l’abstention, le vote blanc ou le vote en faveur du candidat d’En Marche !. Face aux critiques sur l’absence de consigne de Jean-Luc Mélenchon, le porte-parole de la France Insoumise Alexis Corbière a réaffirmé « qu’aucune voix ne doit aller au Front National. »

LES ENJEUX DE LA CAMPAGNE

Le leader d’En Marche ! arrivé en tête du 1er tour avec 24,1% des voix a remercié François Fillon et Benoît Hamon d’avoir appelé à voter pour lui et exprimé son ambition d’ouvrir « une nouvelle page de notre vie politique » par la construction rapide d’une majorité de gouvernement. Il s’est défini comme le « futur président des patriotes face aux nationalistes ». La présidente du Front National, forte de 21,3% des suffrages s’est présentée comme le rempart « contre les délocalisations, la concurrence internationale déloyale, l’immigration de masse, la libre circulation des terroristes et le règne de l’argent roi ».

A France 2, Emmanuel Macron a affirmé qu’il ne modifiera pas son programme électoral pour rassembler davantage d’électeurs mais « consacrera les prochains jours à l’expliquer et à aller au contact des Français ». Il a réaffirmé le caractère résolument européen de sa démarche qu’il a opposée au projet de Marine Le Pen, qualifié de « brutal et haineux ». Il a rejeté les critiques sur son attitude jugée trop optimiste face à un Front National présent au second tour et accusé ses détracteurs « issus du système des vieux partis politiques » d’avoir permis la montée du parti d’extrême droite au cours des dernières années. Le candidat est revenu sur la controverse qui a suivi la fête organisée le soir du 1er tour à la brasserie La Rotonde, il l’a qualifié de « moment de cœur avec son équipe » et affirmé qu’il n’avait « pas de leçon à recevoir du petit milieu parisien »

A TF1, la candidate du Front National a qualifié le programme d’Emmanuel Macron de « fratricide ». Elle s’est présentée comme « la candidate du peuple » face au candidat « des centres villes, des gagnants de la mondialisation et de l’oligarchie » et s’est posée comme un recours pour les électeurs de Jean-Luc Mélenchon qu’elle a appelé à ne pas voter pour « la France soumise ».

La semaine a été marquée par la visite des deux candidats à l’usine Whirlpool d’Amiens où 600 emplois sont menacés par la délocalisation en Pologne de la production de sèche-linges. Marine Le Pen s’est rendue sur le site pour s’adresser aux ouvriers en grève alors qu’Emmanuel Macron rencontrait au même moment l’intersyndicale à la Chambre de commerce d’Amiens. La candidate du Front National a pris l’engagement de sauver le site et de se battre contre des « délocalisations scandaleuses ». Emmanuel Macron s’est rendu à l’usine quelques heures plus tard dans une atmosphère tendue et s’est engagé à chercher un repreneur à même de préserver le plus d’emplois possibles.

Les derniers sondages donnent Emmanuel Macron vainqueur de l’élection avec 60,5% des voix face à Marine Le Pen créditée de 39,5% des suffrages. Le taux d’abstention sera un enjeu majeur du scrutin alors que Jean-Luc Mélenchon a refusé de donner une consigne de vote et que de nombreux électeurs déçus ont annoncé leur refus de se rendre dans l’isoloir.

Brèves

Philippe MEYER a recommandé l'interview au journal Le Monde de Lawrence Lessig du 23 avril 2017 et la vidéo de l'interpellation de Viktor Orban par Guy Verhofstadt au Parlement européen le 26 avril 2017

Nicole GNESOTTO : Petit Pays, de Gaël Faye (Grasset, août 2016)

Lionel ZINSOU : Euro, par ici la sortie, de Patrick Artus et Marie-Paule Virard (Fayard, février 2017)

Thierry PECH : Désintégration, de Matthieu Angotti et Robin Recht (Delcourt, mars 2017)

Nicolas BAVEREZ : La France périphérique, de Christophe Guilluy (Flammarion, septembre 2014) et Ma petite France, de Pierre Péan (Albin Michel, mars 2017)

Intervenants
  • historien, économiste, essayiste, éditorialiste au Point et au Figaro
  • Historienne et politiste, titulaire de la chaire « Union européenne » au Conservatoire national des arts et métiers.
  • directeur général de Terra Nova
  • banquier d'affaires franco-béninois, ex Premier ministre du Bénin
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