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Le budget 2015 face à Bruxelles - Le rôle de la Turquie dans la lutte contre l'EI

59 min
À retrouver dans l'émission

Le budget 2015 face à Bruxelles

Mardi 14 octobre s’est ouverte à l’Assemblée nationale la discussion du projet de loi de finances pour l’année 2015 dont l’objectif affiché est d’alléger la pression fiscale. Pour redonner du pouvoir d’achat aux ménages modestes, la première tranche d’impôt sur le revenu à 5.5% sera supprimée. Parallèlement à la réduction de la pression fiscale, la mise en œuvre du pacte de responsabilité en faveur des entreprises doit permettre une croissance de l’investissement de 0.9% en 2015, et inverser la tendance observée aux deux premiers trimestres de 2014. Le gouvernement table enfin sur une réduction des dépenses publiques de 21 milliards d’euros dès 2015 : 7,7 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de l’Etat, 3,7 milliards sur celles des collectivités territoriales et 9,6 milliards sur la Sécurité sociale. En marge de ces mesures, l’abandon de l’écotaxe a provoqué le mécontentement des écologistes, qui ont prévu de joindre leurs voix à celles des communistes et des « frondeurs » du PS pour proposer des amendements.

Le projet de budget est en contradiction avec les engagements européens de la France : le déficit public devrait encore être de 4,3% en 2015, alors que le gouvernement s’était engagé en 2013 à l’abaisser à 3%, après que Bruxelles lui avait accordé un délai de deux ans. La Commission Européenne doit rendre un avis sur le projet de budget avant le 30 octobre.

Le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a critiqué le projet de budget français, déplorant que le délai de deux ans accordé en 2013 n’ait pas été mis à profit pour engager des réformes structurelles. L’agence de notation Standard & Poor a averti Paris qu’elle pourrait de nouveau abaisser sa note. Le gouvernement a martelé le principe de la souveraineté budgétaire de la France tout au long de la semaine. Michel Sapin, dans un entretien aux Echos du 14 octobre, a affirmé que « la Commission n’avait pas le pouvoir de rejeter, retoquer ou censurer un budget », tandis que l’un des porte-parole du groupe PS à l’assemblée nationale assurait que la France ne serait pas mise sous tutelle, la détermination du budget étant réservé au parlement national.

Si la Commission européenne n’a pas le pouvoir de rejeter la loi de finances française, elle peut émettre un avis pouvant déboucher sur des sanctions comme une amende fixe de 0.2% du PIB. Aucun pays n’a encore été frappé d’une telle sanction.

Le rôle de la Turquie dans la lutte contre l'EI

Les affrontements se poursuivent entre les Kurdes Syriens du PYD (parti de l’union démocratique) et les djihadistes pour le contrôle de la ville stratégique de Kobané, située à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Selon l’observatoire syrien des droits de l’homme 600 personnes y ont trouvé la mort depuis le 16 septembre. Près de 300 000 habitants ont fui - dont plus de 200 000 vers la Turquie - et des milliers en Irak. L’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura a évoqué vendredi 10 octobre la possibilité d’un « nouveau Srebrenica ».

Les pays occidentaux demandent à la Turquie depuis plusieurs semaines d’intensifier son engagement contre l’Etat Islamique alors que les troupes d’Ankara massées à la frontière restent l’arme aux pieds. Après plusieurs jours de négociation, les Etats-Unis ont annoncé dimanche 12 octobre que la Turquie avait donné l’autorisation à la coalition d’utiliser ses bases aériennes pour frapper les djihadistes, déclaration démentie par Ankara quelques heures plus tard.

Révoltés par le sort de la population et par l'inaction d'Ankara, les Kurdes de Turquie ont massivement manifesté le 7 octobre. Ces mouvements ont dégénéré en heurts avec la police qui ont fait 14 morts, principalement parmi les manifestants. Un couvre-feu a été déclaré dans certaines zones du sud-est à majorité kurde. Le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) a menacé de reprendre la guérilla contre la Turquie si rien n’était fait pour sauver Kobané. Ankara a réagit en bombardant lundi 13 octobre des positions du PKK, première opération militaire depuis le cessez-le-feu décrété par les rebelles kurdes en mars 2013. Le président de la république turque Recep Erdogan a manifesté son inquiétude face au soutien de la coalition aux Kurdes syriens du PYD alliés du PKK (parti interdit en Turquie). Il a réclamé la création d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie, la sécurisation de la frontière turco-syrienne sous forme d’une zone tampon et l’entrainement des combattants de l’opposition modérée en Syrie et en Irak. L’exécutif turc a ainsi réaffirmé sa priorité d’une lutte contre le régime de Bachar Al-Assad, qualifié de « source du terrorisme dans la région ».

Invités

Alexandra SCHWARTZBROD, journaliste à Libération et romancière

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

François BUJON DE L’ESTANG, ambassadeur de France

Marc-Olivier PADIS, directeur de la rédaction de la revue Esprit

Brèves

Jean GIONO, Le Hussard sur le toit (Frémeaux et associés, 2014)

Patrick MODIANO, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier (Gallimard, 2014)

Olivier GUEZ, Les Révolutions de Jacques Koskas (Belfond, 2014)

Iaroslav LEBEDYNSKY, La Crimée, des Taures aux Tatars (L'Harmattan, 2014)

Frédéric PONS, Poutine (Calmann-Lévy, 2014)

François DOSSE, Castordialis (La Découverte, 2014)

Raymon ARON, Liberté et égalité , cours au Collège de France (éditions EHESS, 2013)

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