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Emmanuel Macron le 18 octobre 2016 à Montpellier

Le candidat Emmanuel Macron // les débuts de Donald Trump

59 min
À retrouver dans l'émission

L'ancien ministre de l'économie Emmanuel Macron a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle // Donald Trump a commencé à constituer sa future administration

Emmanuel Macron le 18 octobre 2016 à Montpellier
Emmanuel Macron le 18 octobre 2016 à Montpellier Crédits : Pascal Guyot - AFP

LE CANDIDAT EMMANUEL MACRON

L’ancien ministre de l’économie et fondateur du mouvement En Marche ! Emmanuel Macron a annoncé mercredi 16 novembre sa candidature à l’élection présidentielle depuis le centre des métiers de Bobigny en Seine-Saint-Denis. Il s’est posé en « alternative à un système politique obsolète et clanique » et comme porteur d’un « projet d’émancipation des personnes et de la société française ». Il a décrit une France « bloquée par les corporatismes » et appelé à « réhabiliter le travail, croire en la jeunesse et libérer les énergies » dans une démarche de « rassemblement des Français » au-delà du clivage gauche/droite.

Cette déclaration fait suite à un long entretien d’Emmanuel Macron publié par le magazine l’Obs du 10 novembre où le candidat expose les principales mesures de son programme. Il s’y prononce en faveur d’une « véritable autonomie pédagogique des établissements scolaires » au bénéfice des écoliers les moins favorisés, d’une adaptation de la durée légale du travail selon l’âge des salariés, d’une modulation de l’âge du départ à la retraite en fonction des métiers exercés, d’une nationalisation de l’Unédic et d’une extension du droit au chômage pour les démissionnaires, les travailleurs indépendants et les auto-entrepreneurs.

Cette candidature annoncée trois jours avant le premier tour des primaires de la droite et du centre a provoqué l’agacement de personnalités comme Valérie Pécresse qui a refusé de reconnaître Emmanuel Macron comme un centriste et François Baroin qui l’a qualifié d’ « enfant de la Hollandie entrainant dans la curée ceux qui lui ont donné sa chance de départ ». Les réactions les plus vives émanent cependant du camp socialiste : le candidat à la primaire à gauche Benoît Hamon a appelé Emmanuel Macron à rendre public les noms des donateurs de sa campagne qu’il a estimé « très riche ». Le premier secrétaire du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a jugé cette candidature « très embêtante » et mis en garde contre une dispersion des voix de gauche avant l’élection présidentielle.

La presse étrangère a relayé la fébrilité causée par l’annonce de cette candidature dans les rangs socialistes : La Frankfurter Algemeine Zeitung fait état d’une « crédibilité du président de la République toujours plus affaiblie alors que le Premier ministre Manuel Valls spécule toujours plus ouvertement sur sa renonciation à briguer un deuxième mandat ». Le quotidien espagnol El Pais relève « un nouveau coup porté par le jeune candidat à son mentor déjà très affaibli » alors que « même dans ses propres rang, on pousse le Président à abandonner l’idée de se présenter ».

LES DÉBUTS DE DONALD TRUMP

Donald Trump dispose de deux mois pour composer son gouvernement et assurer la transition avec celui d’Obama. Le président élu dont le vice-président, Mike Pence, est connu depuis juillet a choisi Reince Priebus, président du comité national du Parti républicain, pour le poste de Chief of Staff – ou secrétaire général – de la Maison-Blanche. Le directeur de campagne de Donald Trump, Stephen Bannon, ancien de Goldman Sachs et directeur du média controversé Breitbart News, a été nommé chef de la stratégie et haut conseiller du président. Le général à la retraite Mike Flynn, favorable à la collaboration des États-Unis et de la Russie et adversaire déterminé du fondamentalisme islamique, sera le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche. Le sénateur de l'Alabama Jeff Sessions, hostile à l’immigration, l’avortement et au mariage homosexuel, occupera le poste de procureur général des Etats-Unis. Mike Pompeo dirigera la CIA. Il est membre du Tea Party et s’est opposé à la fermeture de Guantanamo ainsi qu’à l’accord sur le nucléaire iranien.

Donald Trump est revenu sur certaines promesses de campagne. Sa volonté de supprimer l’Obamacare semble s’être infléchie lors de sa rencontre avec le président Obama. Lors d’un entretien accordé au Wall Street Journal, Trump a expliqué que la loi sera finalement « soit amendée, soit abrogée, soit remplacée ».

La promesse de « déchirer » l’accord sur le nucléaire iranien a été nuancée par son conseiller en politique étrangère Walid Phares : il s’agit désormais de le « réexaminer ». Donald Trump a déclaré sur CBS que l’expulsion des 11 millions de migrants illégaux pourrait se limiter à ceux qui parmi eux « sont des criminels et [qui] ont un casier judiciaire » ; soit 2 ou 3 millions de personnes. La construction d’un mur de béton le long de la frontière mexicaine a été qualifiée par Newt Gingrich de « super-outil de campagne ». Trump est revenu sur cette promesse en mentionnant la possibilité d’une clôture partielle. Barack Obama, au cours de sa conférence de presse du 15 novembre, a déclaré voir en Trump « un pragmatique » davantage qu’ « un idéologue ».

Le président élu persiste dans son ambition de se retirer au plus vite de l’accord de Paris sur le climat. Sa liste de 4 candidats pressentis au poste d’administrateur de l’agence de protection de l’environnement compte 2 lobbyistes pour les énergies fossiles.

Le rejet de l’avortement et la défense du droit au port d’arme, au sujet desquels la position de Trump est inchangée, relèvent de la compétence de la Cour suprême. Or, depuis la mort du juge conservateur Antonin Scalia en février 2016, et suite au rejet par le Sénat du juge désigné par Obama, la majorité politique de la Cour suprême dépend du choix du président élu et de l’approbation d’un Congrès aujourd’hui de la même couleur politique, quoique pas nécessairement de la même nuance.

Brèves

Philippe MEYER a recommandé l'écoute des livres lus 2084, de Boualem Sansal ; La promesse de l'aube, de Romain Gary et de Police, de Jo Nesbø édités par Gallimard et de Colomba, de Prosper Mérimée édité par Frémeaux et associés

Sylvie KAUFFMANN : Une histoire cambodgienne, de Jean-Daniel Gardère (L'Harmattan, août 2016)

Thierry PECH : A qui la faute ?, de Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz (Fayard, novembre 2016)

Jean-Louis BOURLANGES : Hongrie l'angoisse de la disparition, de Françoise Pons (Nevicata, octobre 2016)

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Directrice éditoriale au journal Le Monde. Spécialiste notamment des questions internationales.
  • directeur général de Terra Nova
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