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Le conflit ivoirien - L’éclatement du paysage politique français

59 min
À retrouver dans l'émission

Le conflit ivoirien

Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, battu par Alassane Ouattara au second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre a refusé d’admettre la victoire de son adversaire, bien qu’elle soit reconnue par les Nations unies, l’Union Africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEAO), ainsi que par les grandes puissances occidentales. Il y a deux semaines, les forces armées soutenant Alassane Ouattara ont lancé une offensive éclair et se sont emparées de la quasi-totalité du pays. Depuis la guerre civile de 2002-2003, la Côte d’Ivoire reste largement divisée entre le Nord, musulman, favorable à M. Ouattara, et le Sud, chrétien, favorable à M. Gbagbo.

Laurent Gbagbo a été arrêté lundi dans sa résidence d’Abidjan où il s’était retranché avec son épouse et quelques fidèles. Alassane Ouattara s’est donné « un à deux mois » pour « pacifier » le pays, et a invité « tous ses compatriotes qui seraient gagnés par un sentiment de vengeance à s’abstenir de tout acte de représailles ou de violence » . Les responsables de la gendarmerie, de la police, et de la marine fidèles à Laurent Gbagbo ont prêté allégeance à Alassane Ouattara mardi. Le Conseil de sécurité de l’ONU a encouragé ce dernier à former un gouvernement « avec une large assise » . Barack Obama a remercié l’ONU et la France pour les actions entreprises afin de « protéger les civils » en Côte d'Ivoire.

La semaine dernière, l’ONU a mis en œuvre la résolution 1975 adoptée à l’unanimité le 30 mars. Cette résolution autorise l’usage de « tous les moyens nécessaires pour empêcher l'utilisation d'armes lourdes contre la population civile en Côte d'Ivoire » . Les hélicoptères de l’ONU et ceux de l’armée française ont détruit les armes lourdes de Laurent Gbagbo à Abidjan. La force française Licorne, présente sur le sol ivoirien depuis 2002, a été renforcée au cours des dernières semaines pour atteindre 1650 soldats. 12 000 ressortissants français sont présents en Côte d’Ivoire, dont 7 300 binationaux.

François Fillon a assuré mardi devant l’Assemblée Nationale que «pas un seul soldat français n’a mis les pieds dans la résidence » de Laurent Gbagbo, où « il leur était interdit d’entrer » . Le porte-parole de Laurent Gbagbo à Paris, Alain Toussaint, affirme de son côté que « Laurent Gbagbo a été enlevé par des forces spéciales françaises qui l'ont ensuite conduit à l'hôtel du Golf » . Le porte-parole de l’état-major des armées a indiqué jeudi que la priorité de la force Licorne est désormais d’appuyer l’Onuci pour favoriser « le retour à la vie normale » à Abidjan. Les effectifs de la force française devraient revenir prochainement à leur niveau d’avant la crise (environ 980 soldats). La ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a par ailleurs annoncé une aide d’urgence de 400 millions d’euros pour relancer les services publics et l’économie en Côte d’Ivoire.

Selon les Nation-Unies, la prise de Duékoué, un important carrefour de l’Ouest ivoirien, par les combattants pro-Ouattara le 29 mars, s’est accompagnée de « massacres à grande échelle ». Les tueries ont fait au moins 330 morts civils selon l’ONU, et près de 800 selon la Croix-Rouge internationale. Plus de 1 500 personnes ont été tuées dans les violences en Côte d'Ivoire depuis la fin du mois de novembre, et plus d’ 1 million de personnes ont été déplacées, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés.

L’éclatement du paysage politique

Jean-Louis Borloo, président du Parti radical et ancien ministre de 2002 à 2010 a annoncé la semaine dernière son départ de l’UMP. Un temps pressenti pour le poste de Premier ministre, l’ancien ministre de l’Ecologie avait quitté le gouvernement en novembre dernier. Il a annoncé qu’il voulait « organiser l'aile sociale, humaniste de la majorité » et incarner « une alternative au PS et à l'UMP » . Jean-Louis Borloo s’est aussi dit « prêt » à être le candidat présidentiel de « l’alliance républicaine, écologiste et sociale » qu’il appelle de ses vœux. Il a également affirmé son intention de rassembler la nébuleuse centriste, du Nouveau Centre d’Hervé Morin à La Gauche moderne de Jean-Marie Bockel, en passant par l’Alliance centriste Jean Arthuis et le club Perspectives et réalités d’Hervé de Charrette, qui se revendique dépositaire de la marque UDF. L’ex-secrétaire d’Etat Rama Yade a également annoncé sa démission de l’UMP pour accompagner « une page de l'histoire politique » .

François Fillon a réagi en affirmant « je dis à Jean-Louis Borloo et aux radicaux qui veulent le suivre, aux centristes qui hésitent, que je me reconnais moi aussi dans plusieurs des valeurs qu’ils défendent mais que personne n’a intérêt à découper la majorité en tranches » . Le Premier ministre a néanmoins précisé « le nombre de nos adversaires nous interdit de multiplier les candidatures aux présidentielles. L’unité, ça n'est pas une option parmi d'autres, c'est une nécessité vitale » . François Bayrou a considéré que Jean-Louis Borloo « manque de crédibilité et d’indépendance » et « ne vise qu’à ramener le centre dans la majorité » .

Mercredi, Nicolas Hulot a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2012, sans préciser s’il participerait aux organisées par Europe Ecologie-Les Verts. 12 000 adhérents et 2 000 coopérateurs sont invités à voter pour ces primaires, qui se dérouleront le 24 juin et le 9 juillet (en cas de deuxième tour). L’animateur a déclaré « je sollicite le soutien de l'ensemble des écologistes, et notamment, évidemment, s’ils le souhaitent, de ceux dont je me sens le plus proche, mes amis d'Europe Ecologie-Les Verts » . Il a associé à sa démarche « toutes celles et tous ceux ne se résignent pas au déclin conjoint de l’humanité et de la nature » . « Ma candidature s’inscrit dans le souci de l'intérêt général et elle se situe à l’opposé des choix, des méthodes et de la vision de la majorité actuelle » a-t-il affirmé. Nicolas Hulot avait fait signer un « pacte écologique » aux candidats de l’élection présidentielle de 2007. Eva Joly, candidate aux primaires d’Europe Ecologie-Les Verts a reproché jeudi à Nicolas Hulot de « ne pas avoir dit un mot du nucléaire » et s’est posée comme candidate des « intérêts du citoyen » et non de ceux « des multinationales » .

Enfin, Dominique de Villepin a présenté jeudi son projet politique pour la France. L’ancien Premier ministre, qui a fondé en juin dernier le mouvement République Solidaire, s’est dit soucieux de « ne pas mettre la charrue avant les bœufs » et a affirmé attendre que « le véritable paysage politique se clarifie au fil des mois » avant de se prononcer sur sa candidature à l’élection présidentielle de 2012.

Intervenants
  • Romancier et historien
  • Journaliste, cofondateur de Slate.fr et directeur de la rédaction du magazine Enjeux-Les Échos.
  • Correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
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