LE DIRECT

Le Conseil européen des 27 et 28 juin - La progression du Front National

59 min
À retrouver dans l'émission

Le Conseil européen des 27 et 28 juin :

Jeudi et vendredi, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Européen se sont réunis à Bruxelles. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a annoncé jeudi qu’un « accord politique » avec le Parlement Européen avait été trouvé sur le budget européen de 2014-2020. Ce budget est le fruit d’un compromis adopté en février par les chefs d’Etat et de gouvernement et prévoit 960 milliards d’euros de crédits d’engagement. Le Parlement européen l’avait rejeté en mars, réclamant une plus grande flexibilité dans le budget. L’accord, qui doit être voté par le Parlement pour être validé, prévoit notamment le report d’une année sur l’autre des crédits non dépensés.

Dans le cadre du budget pluriannuel, le Conseil a prévu de consacrer 6 milliards d’euros à la lutte contre le chômage des jeunes, et en particulier dans les régions où le taux de chômage des moins de 25 ans est supérieur à 25%. En France, cette mesure concernerait 300.000 jeunes et représenterait 600 millions d’euros. Une réunion des ministres de l’Emploi européens est prévue à Berlin la semaine prochaine afin de déterminer les modalités d’utilisation de ces 6 milliards d’euros. Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a déclaré que la flexibilité permise par le nouvel accord signifiait qu’il y aura « substantiellement plus d’argent disponible que les six milliards ».

Les Vingt-Sept se sont également engagés à faciliter l’accès au crédit des PME et ont demandé à la Banque Européenne d’Investissement de « mettre en œuvre un plan visant à augmenter son activité de prêt dans l’UE de 40% au moins ». « La banque pourra prêter aux PME entre 50 et 100 milliards d’euros de plus » a expliqué François Hollande.

Enfin, la mise en œuvre d’une union bancaire a été de nouveau affirmée comme « priorité absolue pour la stabilité financière ». Le 30 mai, une contribution franco-allemande avait recommandé la mise en place d’un cadre financier « plus intégré » et proposait de développer l’union bancaire à travers un « conseil de résolution unique » et l’instauration d’un président de l’Eurogroupe à plein temps. François Hollande a déclaré vendredi que le projet était « en voie d’être réalisé » et devrait être efficace « au milieu de l’année 2014 ». Il a ajouté que l’idée était d’aller « le plus loin possible dans le cadre des traités existants », tandis que la chancelière allemande Angela Merkel déclarait que de nouvelles compétences pour la Commission « devaient être liées à des changements de traités ».

Le 17 juin, M. Barroso avait qualifié les défenseurs de l’exception culturelle de « réactionnaires ». La Ministre de la culture française Aurélie Filippetti avait réagi en jugeant ces propos « consternants » et « inacceptables », tandis qu’Arnaud Montebourg déclarait mardi que le président de la Commission était « le carburant du Front national ». Vendredi, Nicole Bricq, la Ministre du commerce extérieur, a estimé que M. Barroso n’avait « rien fait de son mandat ». Jeudi, François Hollande a souhaité « saluer » le « travail de la Commission et du président de la Commission », tandis que M. Barroso déclarait que le conflit était « complètement artificiel ».

La progression du Front National :

Au second tour de l’élection législative partielle organisée dans la 3ème circonscription du Lot-et-Garonne qui fut celle de Jérôme Cahuzac, le candidat UMP Jean-Louis Costes l’a emporté par 53,76% des voix contre le candidat du Front National Etienne Bousquet-Cassagne, qui a recueilli 46,24% des suffrages. Au premier tour, le FN était arrivé en deuxième position, avec 26,04% des voix, derrière le candidat UMP (28,71% des voix), soit moins de 900 voix d’écart. Le candidat socialiste n’avait recueilli que 23,69% des suffrages soit, en tenant compte d’une abstention de 54,12% au premier tour, à peine 10,35% des inscrits. 14,25% des électeurs ont voté blanc ou nul. Il s’agit d’une « défaite électorale » mais d’une « victoire idéologique », a considéré M. Bousquet-Cassagne, tandis que Marine Le Pen affirmait que le « soit-disant front républicain était mort » et soulignait la « progression spectaculaire » du candidat frontiste, qui a gagné 7.095 voix entre les deux tours. « S’il y avait eu un rassemblement de la gauche, nous serions au second tour », a déclaré le premier secrétaire du Parti Socialiste Harlem Désir, tandis que la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann regrettait « l’absence de débat stratégique » au sein du Parti.

« Si on veut écarter l’extrême droite démocratiquement (…) il faut lutter contre le chômage, donner une perspective à la nation et être exemplaire », analysait François Hollande au soir du premier tour. Lors de l’élection législative partielle organisée dans la 2ème circonscription de l’Oise en mars, la candidate du FN Florence Italiani avait recueilli 27% des suffrages exprimés (7.249 voix) au premier tour, et 49% (13.190 voix) au second. C’est la huitième fois depuis le début du quinquennat que le Parti Socialiste perd une élection législative partielle, et la 4ème fois que le candidat socialiste est éliminé dès le premier tour.

« Le score est serré et on voit bien le risque un jour pour l’UMP d’être battue en duel par l’extrême-droite », a analysé l’ancien président UMP de l’Assemblée Nationale Bernard Accoyer. « Si personne à l’UMP n’imagine d’alliance avec le FN, il y a des positionnements différents, et cela nuit à la lisibilité des voix et à la crédibilité de notre parti », a-t-il ajouté. Depuis vendredi et jusque ce soir, les quelques 315.000 adhérents de l’UMP sont appelés à se prononcer sur l’accord par lequel François Fillon et Jean-François Copé ont renoncé à une nouvelle élection à la présidence de leur parti et accepté la tenue de primaires en 2016 pour la désigner leur candidat à la présidentielle de 2017.

Le FN « aura des maires en 2014, et des centaines (…) de conseillers municipaux », a affirmé Mme Le Pen cette semaine. Lors des dernières élections législatives, son parti a dépassé les 43% au second tour dans 51 villes de plus de 4.000 habitants. Les élections municipales se tiendront en mars prochain, les élections européennes en mai.

Invités :

Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis Bourlanges, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max Gallo, romancier et historien

Thierry Pech, directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques

Brèves :

  • Jacques Follorou, La guerre des parrains corses (Flammarion, 2013)

  • Revue Le débat n°175, dossier « Difficile enseignement de l’histoire »

  • Jean-François Revel, Histoire de la philosophie occidentale (Coll. Bouquins, Laffont, 2013)

  • Entretien avec Lance Armstrong, Le Monde du 29 juin 2013 : « Lance Armstrong : impossible de gagner sans dopage », propos recueillis par Stéphane Mandard

  • Olivier Tort, La droite française. Aux origines de ses divisions, 1814-1830 (Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 2013)

L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......