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Le dépôt des candidatures - L'Europe dans la campagne présidentielle

59 min
À retrouver dans l'émission

Emission en direct et en public du Studio 105 de la maison de Radio France

Le dépôt des candidatures et les dynamiques de la campagne présidentielle :

Le Conseil constitutionnel a enregistré vendredi le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle. Dix candidats ont remis à l’instance présidée par Jean-Louis Debré un nombre minimum de 500 parrainages de maires et élus locaux. Au total, 47.426 élus étaient habilités à parrainer un candidat. Jusqu’en 1976, cent signatures d’élus étaient nécessaires.

La liste définitive des candidats autorisés à se présenter sera publiée demain, à 17h30, après vérification des parrainages. Lors des précédents scrutins, 1 % de ceux-ci ont été invalidés, en raison d’erreurs, de doublons ou de fraudes. La proclamation des candidatures marquera l’entrée dans la campagne officielle et l’application du principe de la stricte égalité du temps de parole accordé à tous les candidats dans tous les medias audiovisuels, sous le contrôle du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Dans les jours qui suivront la proclamation des candidatures, le Conseil constitutionnel publiera pour chaque candidat une liste de cinq cent signataires tirés au sort parmi les dossiers déposés.

Cette dernière disposition a fait l’objet d’une polémique, relayée notamment par Marine Le Pen, qui expliquait ses difficultés à réunir 500 signatures par la crainte de certains édiles de voir leur nom associé au Front national. Son parti a défendu en février l’idée d’une anonymisation des parrainages. Cette démarche a été soutenue par Christine Boutin, qui s’est depuis retirée de la course à l’Elysée, et par Corinne Lepage, la présidente de Cap21. Saisi, le Conseil constitutionnel a estimé qu’ « en instaurant (la publicité des parrainages), le législateur a voulu favoriser la transparence de la procédure de présentation des candidats à l'élection présidentielle ». Ce débat a vu émerger différentes propositions, dont celle d’un « parrainage citoyen » qui permettrait aux électeurs de proposer un candidat à partir d’un seuil de 50.000 ou 100.000 signatures. L’Association des Maires de France plaide pour un double parrainage, à savoir deux signatures, qui resteraient publiques, « l’une de conviction, l’autre républicaine ».

Les candidats présumés sont Nathalie Arthaud, François Bayrou, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande, Eva Joly, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Nicolas Sarkozy. Jeudi soir, Dominique de Villepin a reconnu ne pas avoir recueilli suffisamment de parrainages, tout comme le leader de l’Union de la Droite nationale, Carl Lang. Corinne Lepage attend la proclamation officielle pour savoir si les envois spontanés des maires lui permettront de se présenter.

A 35 jours de l’élection présidentielle, deux sondages contradictoires parus début mars ont donné tour à tour Nicolas Sarkozy (28,5 %, sondage Ifop) et François Hollande (29,5 %, sondage Ipsos) en tête au premier tour, relançant le débat sur la bipolarisation de la campagne, François Bayrou déclarant pour sa part « Le vote utile, c’est moi », tandis que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon suivent une courbe ascendante.

L’Europe dans la campagne présidentielle :

Dimanche dernier, en meeting à Villepinte, Nicolas Sarkozy a surpris en menaçant de mettre la France en congé des règles européennes en matière d’immigration et de préférence commerciale. « Il faut pouvoir sanctionner, suspendre ou exclure de Schengen un Etat défaillant (…). Si je devais constater que, dans les douze mois qui viennent, il n’y avait aucun progrès sérieux dans cette direction, alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu’à ce que les négociations aient abouti. », a-t-il annoncé. Pour le chef de l’Etat, il s’agit de ne « pas laisser la gestion des flux migratoires entre les seules mains des technocrates et des tribunaux ». Le 8 mars, les ministres de l’intérieur européens ont approuvé les premiers principes d’une réforme mise en œuvre en juin 2011, après l’arrivée de réfugiés tunisiens en Italie et le rétablissement de contrôles frontaliers par Paris. L’exécutif communautaire propose de permettre un rétablissement prolongé (et non plus limité à quelques jours) des contrôles aux frontières intérieures s’il estime que la situation l’exige. Claude Guéant, le ministre français de l’intérieur, était absent de cette réunion. Le chef de l’Etat a également plaidé dimanche pour une « exigence de réciprocité » avec les partenaires commerciaux de l’Europe, et menacé d’appliquer unilatéralement cette règle si « aucun progrès (n’était fait sur ce point) dans les douze mois ». « Le libre-échange, oui. La concurrence déloyale, non », a-t-il résumé. Il a enfin demandé la mise en place d’un « Buy European Act », sur le modèle du « Buy American Act », qui permettrait de faire bénéficier de l’argent public européen les entreprises qui produiront en Europe.

« Il me reprochait de vouloir renégocier un traité non ratifié, et le voilà qui menace de sortir de trois traités (…). Il commet une faute », a réagi François Hollande. Hier, le candidat socialiste a réaffirmé devant les dirigeants des principaux partis socialistes européens son intention de renégocier le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance signé le 2 mars à Bruxelles par 25 Etats membres. « Face à un pacte qui porte le nom de 'stabilité' mais qui peut mener à l'austérité, j'oppose un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance », a-t-il déclaré. De son côté, le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, défend une Europe « affranchie du traité de Lisbonne », qu’il juge illégitime puisque « imposé par voie législative après le rejet à près de 55% des Françaises et des Français du traité constitutionnel européen ». François Bayrou a pour sa part jugé que menacer de sortir de l’accord de Schengen relevait du « pur fantasme ». Dans le projet qu’il présentait mercredi, le candidat centriste plaide notamment pour l’élection au suffrage universel d’un président de l’Union européenne, et l’affectation de 10% du budget européen à l’investissement pour l’indépendance stratégique et la stratégie industrielle. La candidate du Front National est quant à elle en faveur de la sortie de l’euro et d’une renégociation de tous les traités européens.

Invités :

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Eric LE BOUCHER, directeur de la rédaction d’Enjeux-Les Echos, éditorialiste du site Slate.fr

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • Intervention de Philippe Meyer à propos du lycée Emile Duclaux d’Aurillac :

« Il y a quatre ans notre émission avait été diffusée en direct et en public depuis le lycée Emile Duclaux à Aurillac dans le Cantal. Par trois fois, lors de la saison radiophonique 2007 2008, nous avions été accueillis dans cet établissement d’enseignement général par des professeurs enthousiastes et des lycéens attentifs et préparés. Le rectorat de Clermont Ferrand se propose de supprimer à la rentrée prochaine 136 des 768 heures d’enseignement qui y sont dispensées. Cette décision, qui aboutira à la déréliction de ce lycée, est annoncée alors que la Région Auvergne investit 14 millions d’euros dans la réfection des bâtiments et des équipements d’Émile Duclaux. C’est sans doute afin de montrer quel souci des deniers publics taraude le susdit rectorat et l’importance que son état-major accorde aux décisions des élus. Cette amputation aboutit à la suppression des enseignements optionnels, et notamment du grec, matière dont l’ensemble du corps enseignant d’Aurillac a été informé par son administration qu’elle était bien trop distinguée pour leurs élèves et que ceux qui tiennent à l’étudier n’ont qu’à devenir pensionnaires à Clermont Ferrand. La décision du rectorat fait peser sur le seul lycée Emile Duclaux 20% des suppressions de postes de l’ensemble de l’Académie. Nous espérons que la nouvelle rectrice, Madame Campion, se fait une autre idée de l’aménagement du territoire et du rôle que peut y jouer l’Éducation nationale. Pour ma part, je trouve ce cas suffisamment exemplaire de cette morgue inepte et du technocratisme aveugle que Sophie Coignard et Romain Gubert ont inventoriés dans un livre récent intitulé « L’Oligarchie des incapables » (Albin Michel, 2012) pour continuer à tenir nos auditeurs informés, dans cette émission ou à l’occasion d’une chronique matinale et toutologique. »

  • Pierre Schoendoerffer (1914 – 2012), romancier et cinéaste : La 317è section (1965, adapté du roman éponyme Prix du meilleur scénario au Festival de Cannes) La section Anderson (1967, Oscar du meilleur film documentaire) Le Crabe-tambour (1977, adapté du roman éponyme) L’honneur d’un capitaine (1982).

  • Roberto Calasso, La folie Baudelaire (Gallimard, 2011)

  • Vincent Michel, Un aveugle à l’Elysée (Editions Arcane 17, 2012)

  • Michel Rocard, Mes points sur les i (Odile Jacob, 2012)

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