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Marine Le Pen à l'université d'été du Front National à Fréjus le 18 septembre 2016

Le Front National // L'Europe après le sommet de Bratislava

59 min
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Le Front National a tenu son université d'été les 17 et 18 septembre à Fréjus // Les dirigeants de l'Union Européenne et de ses États membres se sont réunis à Bratislava le 16 septembre

Marine Le Pen à l'université d'été du Front National à Fréjus le 18 septembre 2016
Marine Le Pen à l'université d'été du Front National à Fréjus le 18 septembre 2016 Crédits : Franck Pennant - AFP

LE FRONT NATIONAL

L’université d’été du Front National organisée à Fréjus les 17 et 18 septembre s’est achevé sur un discours de Marine Le Pen tenu « au nom du peuple ». Cette intervention a largement porté sur les thématiques de la souveraineté et de l’identité de la France qu’elle a opposée aux « mensonges de l’ultralibéralisme », à l’ « individualisme radical » et à la « religion du multiculturalisme ». Elle a appelé à la remise en cause des traités européens, première étape d’une lutte contre l’ « immigration massive et le communautarisme » qu’elle a dénoncé comme une conséquence directe des politiques de l’Union européenne. Ce discours teinté d’anti-mondialisme a donné lieu à une critique radicale des « marchands de territoires, d’hommes et de monnaies » qu’elle a opposé à « Une France qui n’est pas à vendre, des vies qui ne s’achètent pas et à un monde qui ne se réduit pas à son exploitation ».

Absente du discours de Fréjus, la question de l’Islam a été abordée le 11 septembre par Marine Le Pen lors de son passage sur le plateau de TF1. Elle a affirmé qu’un Islam laïcisé par les Lumières » était compatible avec la République et s’est défendue de lutter contre la religion musulmane qu’elle a refusé d’assimiler au fondamentalisme islamiste. Cette intervention de la présidente du Front National a précédé de quelques jours la publication d’un rapport de l’Institut Montaigne sur les musulmans de France. Parmi les nombreux éléments qu’apporte cette étude sur les pratiquants de la deuxième religion de France, les commentateurs ont particulièrement retenu que 28 % des musulmans considèrent que la Charia est au-dessus des lois de la République et utilisent l'Islam comme instrument de révolte.

La question identitaire s’est également immiscée dans la campagne des Républicains : Nicolas Sarkozy a déclaré lors d’un meeting à Franconville mardi dernier que « dès lors que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois». Son principal concurrent Alain Juppé a rapidement réagi en déplorant « la nullité du débat politique » et appelé à parler de l’avenir de la France. François Bayrou a dénoncé une « obsession des origines » chez l’ancien Président de la République et des propos « d’une stupidité crasse».

Marine Le Pen aborde les prochaines élections présidentielles en position de force : portée par une progression électorale constante (17,9% des suffrages au présidentielles de 2012, 24,9 % aux élections européennes de 2014 et 27,7 % au 1er tour des élections régionales de 2015), elle est créditée d’environ 30 % d’intentions de vote au premier tour tandis que la totalité des sondages l’annonce présente au second.

L'EUROPE APRÈS LE SOMMET DE BRATISLAVA

Le16 septembre, à Bratislava, les dirigeants de l’Union Européenne se sont réunis pour la première fois sans le Royaume-Uni. Depuis le vote du 23 juin en faveur du Brexit, l’article 50 du Traité de Lisbonne n’a pas été activé et il ne devrait pas l’être avant février 2017. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a estimé que l’UE « n’est pas menacée dans son existence » par le Brexit, bien que la « Déclaration de Bratislava » fasse état d’un « moment critique pour notre projet européen ». Dans un entretien accordé à la revue Le Débat, François Hollande admet « [sentir] la solidarité s’effriter » au sein de l’UE, tandis qu’Angela Merkel appelle à « apaiser les inquiétudes de nos populations », et à faire que l’Europe « soit à nouveau synonyme d'espoir et d'avenir ». Le désaccord entre la vision fédéraliste portée par la Commission et son président, et celle d’une « Europe des Etats » défendue par le Conseil européen et Donald Tusk reste entier.

Dans un contexte marqué par l’imminence d’élections majeures en France et en Allemagne, l’absence de gouvernement en Espagne, ainsi que des scrutins importants prévus en Italie, en Autriche et en Hongrie, les dissensions ne manquent pas. Les « pays méditerranéens de l’UE », réunis à Athènes le 9 septembre, avaient annoncé vouloir s’affranchir « du dogme de l’austérité », et, le 13 septembre, le ministre luxembourgeois des affaires étrangères avait affirmé que«ceux qui, comme la Hongrie, bâtissent des clôtures contre des réfugiés de guerre (…) devraient être temporairement, voire définitivement, exclus de l'UE ». Dans un contexte marqué par la crise des réfugiés et la remise en cause de l’Espace Schengen, cela exacerbe des tensions déjà existantes entre le groupe informel de Visegrad – Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie ; unis par leur hostilité à la politique d’accueil – et les autres membres de l’Union. Le déploiement en Bulgarie d’un corps européen de gardes frontières a été acté à Bratislava, pour marquer la volonté d’ « assurer un contrôle total [des] frontières » de l’UE.

Malgré la résolution de « mieux communiquer les uns avec les autres » affichée dans la Déclaration officielle, Jean-Claude Juncker a déclaré le 16 n’avoir « jamais vu si peu de terrain d’entente entre les Etats ». S’en est suivi le coup de sang de Matteo Renzi, dans le quotidien italien Corriere della Sera : « Continuons ainsi et l’Europe deviendra un fantasme. » Des avancées ont cependant vu le jour lors du sommet. Il a été décidé de doubler, d’ici six ans, le fond d’investissement Juncker en faveur de la croissance dans l’Union.

Brèves

Philippe MEYER a évoqué le passage sur TMC de Michaël Jeremiasz, porte-drapeau de la délégation française des athlètes paralympiques à Rio

Jean-Louis BOURLANGES a recommandé la lecture du rapport de l'Institut Montaigne dirigé par Hakim El Karoui : "Un islam français est possible", publié en septembre 2016. Il a aussi salué le travail de journaliste d'Emmanuel Lechypre pour la radio BFM Business

François BUJON DE L'ESTANG : Correspondance entre Romain Rolland et Stefan Zweig, 1928-1940 (Albin Michel, septembre 2016)

Nicole GNESOTTO : La Revanche des passions, de Pierre Hassner (Fayard, octobre 2015) / Le Président et la bombe, de Jean Guisnel et Bruno Tertrais (Odile Jacob, mai 2016) / Corée du Nord, un État-guérilla en mutation, de Philippe Pons (Gallimard, avril 2016)

Thierry PECH a fait référence à la polémique déclenchée par la publication de l'ouvrage Le Négationnisme économique, de Pierre Cahuc et André Zylberberg (Flammarion, septembre 2016)

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