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Le jeu diplomatique autour de la Syrie - La situation de l'emploi en France

58 min
À retrouver dans l'émission

Le jeu diplomatique autour de la Syrie

Après le bombardement massif à l’arme chimique de la banlieue de Damas le 21 août, Bachar Al-Assad avait accepté de laisser des experts de l’ONU inspecter les sites présumés de l’attaque. Leur rapport est attendu pour demain. Fin août, Washington, Londres et Paris se disaient prêts à « punir » la Syrie. Le 30 août, le Parlement britannique rejetait l’option d’une intervention militaire. Barack Obama décidait alors de saisir le Congrès, rendant plus incertaine une action occidentale, peu soutenue par les opinions publiques américaines et françaises.

Le 6 septembre, le sommet du G20 à Saint-Pétersbourg confirmait les divisions internationales : la Russie soutenait son allié syrien, les émergents maintenait leur attachement à la souveraineté des Etats, l’Allemagne et d’autres Européens favorisaient une solution négociée. La France et les Etats-Unis parvenaient toutefois à obtenir une majorité de 11 signatures au bas d’une déclaration appelant à une « une forte réponse internationale »sans mentionner l’option militaire.

Le 9 septembre, Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, proposait de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international en vue de sa destruction. Damas accueillait favorablement cette proposition, que Barack Obama qualifiait de « potentiellement positive ».Un projet de résolution déposé par la France devant le Conseil de sécurité proposait des sanctions et une saisie de la Cour pénale internationale. La Russie le rejetait le 10 septembre.

Le 12, Bachar Al-Assad déclarait à la télévision russe que la Syrie placerait son arsenal chimique sous contrôle international, à condition que les Etats-Unis cessent de menacer le régime en place. Peu après cette déclaration, l’ONU recevait une demande d'adhésion de la Syrie à la convention de 1993 sur l'interdiction des armes chimiques. Le même jour, Vladimir Poutine, dans une tribune confiée au New York Times, persistait à rejeter la responsabilité de l’attaque du 21 août sur les rebelles et appelait les Etats-Unis à la prudence et au respect de la légalité internationale, soulignant qu’une action militaire en Syrie déstabiliserait la région et profiterait aux terroristes islamistes.

Le 13 septembre, le Wall Street Journal révélait que le régime syrien disséminait ses armes chimiques dans une cinquantaine de sites. Washington et Paris, soupçonnant une manœuvre dilatoire de la part de Damas, disaient garder l’option militaire sur la table. Le 14, La Russie et les Etats-Unis tombaient d'accord, sur un plan d'élimination des armes chimiques syriennes, plan qui donne une semaine à Damas pour présenter la liste de ces armes. John Kerry annonçait une résolution de l'ONU qui « se référera au chapitre 7 sur le recours à la force », et Sergueï Lavrov confirmait qu' « en cas de non-respect des exigences (de la convention sur l'interdiction des armes chimiques) où en cas d’utilisation d'armes chimiques par qui que ce soit, le Conseil de sécurité de l'ONU prendrait des mesures dans le cadre du chapitre 7 ». François Hollande s’exprimera ce soir dans le journal de TF1.

La situation de l’emploi en France

Mercredi, l’INSEE a publié les données des destructions d’emploi pour le deuxième semestre 2013 : 34 600 postes ont été perdus dans le secteur marchand, soit 140.000 postes sur un an. L’industrie et la construction sont les plus touchées, mais le secteur des services, seul secteur qui avait créé de l’emploi en 2012, a vu la destruction de 3.600 postes. Le nombre de chômeurs a pour la première fois dépassé les 3 millions en métropole d’après les chiffres dévoilés la semaine dernière par l’INSEE. Le taux de chômage est estimé à 10,5%, soit 0,1 point de plus qu’au premier trimestre. Avec les départements d’outre-mer, il atteint 10,9%. Ce taux est à son plus haut niveau depuis fin 1997 et devrait continuer à augmenter pour atteindre 10,7% en métropole à la fin de l’année, côtoyant ainsi de très près le record de 10,8% enregistré en 1994 et 1997. Sur l'année, le nombre de chômeurs indemnisés est en hausse de 5,1 %. Le nombre de chômeurs de longue durée (au chômage depuis plus d’un an) est lui aussi en augmentation d’1,5 point depuis le premier semestre 2012. Ces résultats s’accompagnent d’une précarisation croissante du marché du travail : selon les chiffres publiés la semaine dernière par le ministère du travail, la part des contrats à durée déterminée dans les embauches des entreprises de dix salariés ou plus a atteint le niveau record de 82,4%.

Le gouvernement s’est fixé comme objectif d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année pour les demandeurs d’emploi de catégorie A (c’est à dire sans activité, même réduite). Le ministre du travail Michel Sapin met en avant des signaux positifs et considère que « la situation du marché du travail s’améliore progressivement ». Cette amélioration est réelle pour les jeunes. Le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans est en baisse pour le troisième mois consécutif : moins 0,5% en mai, moins 0,3% en juin, moins 0,8% en juillet. En juillet, on a compté 6.300 chômeurs supplémentaires, contre 31.700 par mois en moyenne, de février à avril. Enfin, les déclarations d’embauches en CDI ou CDD de plus d’un mois, ont augmenté en juillet de 3,6% après deux ans de baisse. Pour Michel Sapin, « Le chômage, quelle que soit la mesure utilisée, ralentit ».

Différents facteurs sont évoqués pour expliquer ces résultats. En premier lieu, les contrats aidés, notamment les emplois d’avenir destinés aux jeunes peu ou pas qualifiés. Le cap des 50.000 emplois d’avenir signés a été franchi la semaine dernière, et le gouvernement souhaite atteindre les 100.000 avant la fin de l’année. L’exécutif prévoit d’allonger la durée des autres contrats aidés pour arriver à 490.000 bénéficiaires, et de déployer en septembre un plan de 30.000 « formations prioritaires pour l’emploi ». Au delà du rebond de 0,5% de la croissance au second semestre, le « ralentissement de la hausse » du chômage dont parle Michel Sapin pourrait s’expliquer par le fait que les chômeurs de longue durée sortent du dispositif et que nombre d’entre eux renoncent à toute recherche ou par le choix des jeunes de prolonger leurs études.

Invités

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zietung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d'Alternatives Economiques

Brèves

Michel Winock, Flaubert (Gallimard, paru en mars 2013)

Thomas Piketty, Le capital au XXIe siècle (le Seuil, paru en septembre 2013)

Sergio Luzzatto, Padre Pio, miracles et politique à l'âge laïc (Gallimard, septembre 2013)

Joachim Gauck, Winter im Sommer, Frühling im Herbst, Memoirs (Siedler Verlag, paru 2009, non traduit en français)

Pierre-François Gouiffès, L'âge d'or des déficits. Quarante ans de politique budgétaire française (La Documentation française, paru en septembre 2013)

Georges Valance, Petite histoire de la germanophobie (Flammarion, paru en septembre 2013)

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