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Emmanuel Macron et Angela Merkel à Berlin le 15 mai 2017

Le nouveau gouvernement // la relation franco-allemande

58 min
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Emmanuel Macron à nommé le républicain Édouard Philippe Premier ministre // Le Président de la République a rencontré la chancelière Merkel à Berlin le 15 mai

Emmanuel Macron et Angela Merkel à Berlin le 15 mai 2017
Emmanuel Macron et Angela Merkel à Berlin le 15 mai 2017 Crédits : John Macdougall - AFP

LE NOUVEAU GOUVERNEMENT

Lundi 15 mai, Emmanuel Macron a nommé Premier ministre le député maire du Havre et membre des Républicains Édouard Philippe. Sur sa proposition, le président a nommé mercredi 18 ministres et 4 secrétaires d’État choisis dans les partis politiques de gauche comme de droite et dans la société civile. Ils forment le gouvernement le plus paritaire et l’un des plus resserrés de la Vème république.

Au ministère de l’Intérieur, le Sénateur Gérard Collomb, maire PS de Lyon et soutien de la première heure du leader d’En Marche !, au ministère de la justice, François Bayrou, à Bercy, le député LR Bruno Le Maire, ancien ministre de Nicolas Sarkozy. Les directeurs généraux de l’Essec et de Business France Jean-Michel Blanquer et Muriel Pénicaud se voient confier l’Éducation nationale et le Travail. Le socialiste Jean-Yves Le Drian occupe un ministère dont l’intitulé met l’Europe avant les Affaires étrangères. Enfin, après avoir refusé les propositions de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, Nicolas Hulot accepte le portefeuille de la Transition écologique et solidaire. Le premier conseil des ministres s’est tenu jeudi matin. Selon le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le chef de l’État a fixé plusieurs priorités, dont la réforme du travail, la préparation budgétaire, et la loi de moralisation de la vie publique. Il a également appelé les ministres à soutenir les candidats de la République en Marche pour les législatives qui auront lieu les 11 et 18 juin.

La nomination du Premier ministre et la composition du gouvernement ont suscité de nombreuses réactions dans l’opposition, et en particulier dans le camp des Républicains. Dès lundi, des ténors du parti tels François Baroin ou Christian Jacob, ont qualifié de « débauchage », de « prise d’otages » et d’ « aventure individuelle », l’investiture de l’ancien bras droit d’Alain Juppé, Édouard Philippe. La droite, déjà fortement affaiblie par la campagne présidentielle de son candidat François Fillon, redoute une fracturation entre son aile modérée et son aile dure. Alors qu’une centaine d’élus LR et UDI ont jugé que leur famille politique devait « répondre à la main tendue » par Emmanuel Macron, les 577 candidats de la droite investis pour les législatives ont appelé mardi au « rassemblement » autour du « projet politique de la droite et du centre durant la campagne ».

LA RELATION FRANCO-ALLEMANDE

La visite à la chancelière fédérale aura été le premier déplacement à l’étranger d’Emmanuel Macron. Il avait pour objectif de raffermir la coopération entre Paris et Berlin sur la base du « volontarisme et du pragmatisme ».

Le Président de la République a appelé à la mise en place d’une « nouvelle dynamique européenne face à la montée des populismes et au risque de délitement de l’Union ». Il a plaidé pour l’instauration d’un budget de la zone euro confié à un ministre des finances ad hoc pour consolider le mécanisme européen de stabilité et soutenir les États-membres en difficulté. Il s’est prononcé pour une réforme du traité de Lisbonne mais a rejeté l’idée d’une mutualisation rétroactive des dettes qui aboutirait « à une politique de déresponsabilisation ». Emmanuel Macron a affirmé qu’il conduirait en France des « réformes profondes et nécessaires non pas parce-que l’Europe le demande, mais parce que la France en a besoin ».

Angela Merkel s’est dite ouverte à la possibilité d’amender les traités européens « si cela s’avère utile » et à un renforcement de la zone euro « qui ne passerait pas uniquement par la conclusion d’accords intergouvernementaux ». Elle a admis des divergences de conception avec son homologue français mais, citant Herman Hesse, elle s’est félicitée du « charme qui accompagne la nouveauté », non sans ajouter que « ce charme ne durera que si des résultats sont à la clef ».

Les deux dirigeants ont donné leur aval à une relance de la coopération bilatérale : un conseil des ministres franco-allemand aura lieu au mois de juillet afin d’élaborer une feuille de route à moyen-terme pour la construction de l’Union européenne. Cette rencontre mettra également à l’ordre du jour la question des travailleurs détachés, la crise migratoire et l’équilibre des échanges économiques. Emmanuel Macron a aussi annoncé « la réouverture des classes bi langues à partir de septembre prochain ».

La rencontre entre Emmanuel Macron et Angela Merkel s’est tenue au lendemain d’un scrutin régional en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Le parti de la chancelière (la CDU) a remporté l’élection alors que le SPD a réalisé son pire score depuis 1947 dans ce Land, bastion historique du Parti social-démocrate et fief électoral de son nouveau président Martin Schultz. Cette troisième victoire consécutive de la CDU à une élection régionale place Angela Merkel en position de force avant les élections législatives de septembre prochain où elle briguera un quatrième mandat de chancelière.

Brèves

Philippe MEYER : Paris Anecdote, d'Alexandre Privat d'Anglemont (Grasset, avril 2017)

François BUJON DE L'ESTANG : Napoléon et de Gaulle, de Patrice Gueniffey (Perrin, février 2017)

Nicole GNESOTTO : Écoutez nos défaites, de Laurent Gaudé (Actes Sud, août 2016)

Thierry PECH : Éloges des dettes, de François Rabelais

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