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Paolo Gentiloni, François Hollande, Mariano Rajoy et Angela Merkel à Versailles le 6 mars 2017

Le populisme dans la campagne présidentielle // l'avenir de la construction européenne

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Des thématiques populistes s'expriment dans la campagne présidentielle // le 25 mars marquera les 60 ans du traité de Rome instituant la Communauté économique européenne

Paolo Gentiloni, François Hollande, Mariano Rajoy et Angela Merkel à Versailles le 6 mars 2017
Paolo Gentiloni, François Hollande, Mariano Rajoy et Angela Merkel à Versailles le 6 mars 2017 Crédits : Martin Bureau - AFP

LE POPULISME DANS LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

Depuis le début de la campagne présidentielle, la rhétorique du « peuple » est au cœur de la stratégie électorale d’un grand nombre de candidats qui ont bâti leur campagne sur la volonté de « redonner la parole », voire la priorité au peuple français. Dans cette perspective, le recours au référendum apparaît comme un argument démocratique implacable.

L’immigration et L’Europe sont particulièrement pointées du doigt par la candidate du Front National, qui propose de « rendre au peuple français sa souveraineté nationale » en organisant plusieurs référendums, sur l’appartenance du pays à l’Union Européenne, ou encore l’inscription d’une « priorité nationale » en matière d’emploi dans la Constitution. Jean-Luc Mélenchon a quant à lui exprimé son désir de « sortir des traités européens » qui soumettent les « peuples […] à la dictature des banques et de la finance ». Nicolas Dupont-Aignan entend remettre en cause ces traités, et suspendre l’espace Schengen. Sur les questions liées à l’immigration, il a dit vouloir « freiner les flux », afin de ne pas laisser « l'immigration prendre le dessus sur la natalité ». François Fillon, qui a désavoué la politique migratoire d’Angela Merkel, se propose de réguler l’immigration.

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ont été critiqués pour avoir choisi une stratégie électorale populiste, reposant sur un principe d’identification affranchi de la structure intermédiaire du parti, « la rencontre d’un homme avec son peuple ». Les deux candidats auraient ainsi refusé de se présenter à la primaire de la Belle alliance populaire afin d’élargir leur électorat et d’opposer le rassemblement du peuple au clivage gauche-droite. En outre, le PS et le NPA ont vivement reproché au candidat de la France insoumise ses velléités souverainistes et son scepticisme européen. Pour eux, sa « rhétorique germanophobe », ou ses positions sur l’immigration « rejoindr[aient] un populisme associé à l’extrême-droite ».

Les attaques contre les juges et les appels au jugement des électeurs contre les décisions de justice sont venues de François Fillon, convoqué en vue d’une mise en examen le 15 mars prochain, et de Marine le Pen a qui, en refusant de répondre à une convocation d’un juge d’instruction a dénoncé une « instrumentalisation de la justice » à des fins politiques.

L'AVENIR DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE

Les 27 dirigeants des États-membres de l’Union européenne se réuniront à Rome le 25 mars sans le Royaume-Uni pour célébrer les soixante ans du traité instituant la Communauté économique européenne. Cet évènement a amené le président de la Commission Jean-Claude Juncker a présenter le 1er mars un « livre blanc sur l’avenir de l’Union européenne » qui se veut « le coup d’envoi d’une réflexion» et propose plusieurs scénarios d’évolution d’ici à 2025. Le document évoque cinq directions possibles : depuis une Union réduite à un marché commun jusqu’à la construction d’une Europe fédéraliste, unie par les même normes sociales et défendue par une armée commune.

François Hollande a réuni le 6 mars à Versailles la chancelière allemande Angela Merkel, le Président du conseil italien Paolo Gentiloni et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy pour un « sommet sur l’avenir de l’Union européenne ». Le quatuor a plaidé pour la mise en place d’une « Europe à plusieurs vitesses » basée sur des « coopérations différenciés ». Ce nouveau mécanisme verrait certains Etats membres approfondir les « domaines de la défense commune, de l’Union économique et monétaire et de l’harmonisation fiscale et sociale, comme la culture ou la jeunesse » afin d’aller « plus vite et plus fort à quelques pays ». François Hollande a affirmé que les autres États membres ne « seraient pas écartés du projet mais ne pourraient pas non plus s’y opposer, l’unité de l’Union n’imposant pas son uniformité ».

Cette rencontre de Versailles s’est tenue dans un contexte politique décisif pour l’orientation du projet européen. Des élections législatives auront lieu au Pays-Bas mercredi alors que le parti d’extrême droite VVD mené par Geert Wilders est en tête dans les sondages. L’État allemand de la Sarre organisera le 26 mars un scrutin qui aura valeur de test avant les élections au Bundestag en septembre. Le parti anti-européen AFD a déjà intégré 10 parlements régionaux sur 20.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a été reconduit à son poste vendredi à l’issu d’un sommet européen organisé à Bruxelles malgré l’opposition du gouvernement polonais dominé par le parti eurosceptique Droit et Justice. Cette rencontre devait initialement permettre à la Première ministre britannique d’invoquer l’article 50 du traité de Lisbonne enclenchant les négociations pour sortir de l’Union européenne. Ce projet a été bloqué par la Chambre des Lords qui a adopté un amendement exigeant que tout accord de sortie de l’Union européenne soit soumis à un vote du Parlement britannique.

Brèves

Philippe MEYER : La France identitaire, d'Eric Dupin (La Découverte, février 2017)

François BUJON DE L'ESTANG a évoqué le centenaire de l'abdication du tsar Nicolas II intervenue le 15 mars 1917

Sylvie KAUFFMANN a recommandé le film Les Fleurs bleues, réalisé par Andrzej Wajda, en salle le 22 février 2017

Thierry PECH : Kosmos, d'Antoine Letessier Selvon (Editions du CNRS, mars 2017)

Michaela WIEGEL : La gauche zombie, de Laurent Bouvet (Lemieux, mars 2017)

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