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Le premier tour de l'élection présidentielle

58 min
À retrouver dans l'émission

1/ Analyse des résultats : (dossier spécial présidentielle)

François Hollande et Nicolas Sarkozy sont arrivés en tête du premier tour des élections présidentielles qui s’est tenu dimanche 22 avril. Le candidat socialiste a obtenu 28,63% des voix contre 27,18% pour le chef de l’Etat. Marine Le Pen est arrivée en troisième position avec 17,90% des suffrages, soit le meilleur score jamais réalisé par le Front National à une élection présidentielle. Ce pourcentage est supérieur au résultat qui avait porté Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection en 2002 (16,86%), et dépasse de près de 8 points celui qu’il avait réalisé en 2007 (10,5%). Jean-Luc Mélenchon est arrivé en quatrième position avec 11,10% des voix. François Bayrou, avec 9,13%, a perdu près de 10 points par rapport à l’élection précédente, qui l’avait vu terminer troisième. Tous les autres candidats sont arrivés sous la barre des 5% : Eva Joly a recueilli 2,31% des voix Philippe Poutou 1,15% Nathalie Arthaud 0,56% et Jacques Cheminade 0,25%.

Le taux d’abstention a été de 20,52%. Ce score est nettement inférieur à ceux prédits par les principaux instituts de sondage, et se situe entre le record d’abstention de 2002 (28,4%) et l’abstention particulièrement faible de 2007 (15,4%). Le résultat de Nicolas Sarkozy marque la première occurrence, dans l’Histoire de la cinquième république, d’un président sortant n’arrivant pas en tête du premier tour de l’élection présidentielle. Le résultat de Marine Le Pen est quant à lui supérieur aux dernières prévisions des instituts de sondage, qui lui donnaient entre 14 et 17% des voix. Le résultat de Jean-Luc Mélenchon se situe en deçà des dernières prévisions, qui lui attribuaient environ 14% des voix.

Selon une enquête réalisée par l’institut Ipsos – Logica Business dimanche, seuls 18% des ouvriers et 21% des employés ont voté pour Nicolas Sarkozy, contre respectivement 26 et 31% en 2007. A l’inverse, Marine Le Pen remporte la majorité des suffrages chez les ouvriers, 29% d’entre eux ayant déclaré avoir voté pour elle, contre 28% pour M. Hollande. Elle est arrivée en troisième position chez les jeunes de 18 à 24 ans, recueillant 18% des voix. D’après ce sondage, 15% des électeurs ayant voté Ségolène Royal et 8% de ceux ayant voté Bayrou en 2007 ont voté Jean-Luc Mélenchon en 2012.

D’un point de vue géographique, l'extrême-droite conforte son enracinement à l'est d'une ligne qui va du Pas-de-Calais et de la Picardie au Languedoc-Roussillon, mais progresse également dans des terres de l'ouest qui, jusqu'à présent, lui étaient plus fermées. Le F.N. franchit le seuil de 20 % des suffrages exprimés dans 43 départements contre 25 en 2002. Le scrutin fait en outre ressortir la coupure entre le vote des villes, et celui des zones périurbaines et des campagnes. Si, dans les grandes villes, le F.N. plafonne, voire recule, il enregistre une percée dans les zones rurales, où il n'est pas rare que Marine Le Pen dépasse les 30 % ou même les 40 %. Le score du Front National a doublé dans les trois départements à dominante rurale et agricole de la vallée de la Garonne (Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne et Tarn), où il a progressé de 8 à 9 points par rapport à 2007.

Le débat télévisé de l’entre-deux tours qui opposera François Hollande et Nicolas Sarkozy aura lieu mercredi 2 mai, quatre jours avant le second tour.

2/ Le second tour et les législatives à venir :

Les sondages réalisés à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle donnent toujours François Hollande vainqueur du second tour le 6 mai, avec un score évoluant entre 53 et 56% des intentions de vote. Toutefois, un nombre important d’électeurs déclare ne pas avoir arrêté leur choix. Ainsi d’après le dernier sondage Viavoice, 49% des électeurs de Marine Le Pen ont l’intention de voter pour Nicolas Sarkozy au second tour, 23% pour le candidat socialiste, et 28% ne se prononcent pas. 88% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon donneraient leur voix à François Hollande, 1% à M. Sarkozy, 1% ne se prononçant pas. Les reports de l’électorat de François Bayrou sont partagés : 32% pour François Hollande, 39% pour Nicolas Sarkozy et 29% encore indéterminés.

Mercredi sur France Info, le chef de l’Etat a déclaré : « D'accord avec le Front national, il n'y en aura pas. De ministres du Front national, il n'y en aura pas ». Mardi, il avait expliqué qu’ « On ne p(ouvait) pas faire la campagne du 2ème tour comme au 1er tour » et qu’il fallait « comprendre le vote Front National ». Selon lui, ce dernier n'est « pas répréhensible » et « si Marine Le Pen a le droit de se présenter c'est qu'elle est compatible avec la République ».

La présidente du Front National prendra position sur le second tour lors du rassemblement du 1er mai à Paris pour la fête de Jeanne d’Arc. Elle devrait, selon toute vraisemblance, appeler à l’abstention ou au vote blanc. Mardi, le secrétaire général du parti Louis Aliot a confirmé que le FN « partirait sous la bannière « Rassemblement bleu Marine » aux prochaines élections législatives » des 10 et 17 juin. L’extrême-droite pourrait être à l’origine de triangulaires dans plusieurs circonscriptions, la barre pour se maintenir au second tour étant fixée à 12,5% pour les élections législatives. Dimanche dernier, Marine Le Pen est arrivée en tête dans 116 des 577 circonscriptions, et a recueilli plus de 12,5% des voix dans 353 d’entre elles. Lundi, Jean-Luc Mélenchon a appelé les socialistes à faire « front contre le Front » aux législatives dans les circonscriptions où « Mme Le Pen peut maintenir ses candidats au 2ème tour », et à « s’accorder pour que nous ne soyons pas éliminés du 2ème tour, nous, la gauche ». Le Parti Socialiste n’a conclu aucun accord avec le Front de gauche, mais s’est engagé par un « contrat de mandature » en novembre dernier à céder 63 circonscriptions aux candidats d’Europe-Ecologie-Les-Verts, en cas de victoire de François Hollande.

François Bayrou devrait faire connaître son choix au lendemain du débat télévisé qui opposera les deux finalistes le 2 mai. Le candidat du MoDem leur a adressé mercredi une lettre, dans laquelle il leur demande de prendre position sur les priorités qu’il a défendues pendant sa campagne : réduction de la dette, relance de la production, éducation, moralisation de la vie publique et Europe. « Je ne crois nullement que la crise financière soit derrière nous (…), la reconnaissance du pluralisme, la recherche de l’équilibre sont la condition nécessaire à l’esprit d’unité nationale dont nous aurons besoin », y écrit-il. Mercredi, le président de la Banque Centrale Européenne (BCE) Mario Draghi a surpris en déclarant lors d’une audition au Parlement européen : « Aujourd’hui, ce que j’ai à l’esprit, c’est la nécessité d’un pacte de croissance. Nous avons un pacte budgétaire (…), mais nous devons revenir en arrière et en faire un pacte de croissance. ».

Invités :

Sophie PEDDER, responsable du bureau parisien de The Economist

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • Simon Leys, Studio de l’inutilité (Flammarion, 2012)

  • Dominique Reynié (dir.), Les droites en Europe (PUF, 2012)

  • N° 144 de la revue Hérodote : « L’extrême-droite en Europe »

  • Walter Laqueur, After The Fall. The End of the European Dream and the Decline of a Continent (New York, Thomas Dunne Books, 2012)

  • Jean-Denis Bredin, L’infamie. Le procès de Riom, février - avril 1942 (Grasset, 2012)

  • Götz Aly, Comment Hitler a acheté les Allemands (Flammarion, 2005)

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