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Le premier tour des primaires - Crise européenne et recapitalisation des banques

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Le premier tour des primaires socialistes (le dossier de franceculture.fr) :

Dimanche dernier, un peu plus de 2.665.000 personnes sont allés voter au premier tour des primaires ouvertes organisées par le Parti Socialiste. François Hollande a recueilli 39,17% des suffrages Martine Aubry 30,42%; Arnaud Montebourg est arrivé en troisième place avec 17,19%. Ségolène Royal a recueilli 6,95% des voix ; Manuel Valls 5,63% et enfin Jean-Michel Baylet 0,64%. Les dirigeants socialistes se sont félicités de la participation, la plupart d’entre eux ayant au préalable situé le seuil de réussite à un million de votants. Le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, a rétorqué dès dimanche soir que l’ensemble des votants ne représentait qu’environs 4 % du corps électoral français.

Le même soir, Manuel Valls affirmait qu’il soutenait François Hollande. « Le chemin qu’il a emprunté, celui sur la vérité de l’état des comptes publics, les réformes qu’il propose, m’amènent à voter pour lui », a-t-il déclaré en saluant la « cohérence de la démarche » du candidat. Jean-Michel Baylet a fait de même lundi. Ségolène Royal, « très déçue » par son score au soir des résultats, a annoncé mercredi qu’elle soutenait le Président du conseil général de Corrèze, car il était « arrivé en tête du premier tour » et qu’il était « légitime d’amplifier cette avance ». Elle a également assuré que les « solutions neuves » qu’elle défendait seraient « prises en compte » par M. Hollande.

Fort de son résultat, Arnaud Montebourg adressait mardi une lettre ouverte aux deux candidats restés en lice pour le second tour. Le candidat y interroge les finalistes sur leur position quant à trois des principaux points qu’il a défendus pendant sa campagne : le contrôle politique du système financier le protectionnisme européen, social et écologique le projet de VIème République.

Mercredi soir, près de 6 millions de téléspectateurs ont regardé le débat entre François Hollande et Martine Aubry diffusé sur France 2. Dégageant peu de désaccords de fond, ils ont débattu sur des thèmes précis, comme la « règle d’or » de réduction des déficits publics ou le nombre de postes d’enseignants qu’il serait nécessaire de créer. Martine Aubry a attaqué M. Hollande à propos de son « changement de position » sur le cumul des mandats. En réponse à une allusion critique de la maire de Lille quant à son bilan en tant que premier secrétaire du PS, François Hollande a répondu : « Ce n’est pas moi le protagoniste d’un congrès qui s’est terminé comme on sait », et ajouté : « Sur le rassemblement, je n’ai pas de preuve à faire. Je le fais tous les jours, y compris dans cette campagne ». Le débat s’était ouvert sur la question du ralliement en cas de victoire de l’opposant. L’un et l’autre ont déclaré qu’il s’agissait d’une « évidence ». Vendredi, Mme Aubry adoptait à l’égard (et en l’absence) de son adversaire un ton très offensif, le qualifiant de « candidat du système ».

Le vainqueur de cette primaire sera officiellement investi par le Parti samedi 22 octobre prochain, lors de la Convention d’investiture qui aura lieu à Paris.

Crise européenne et recapitalisation des banques :

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé mercredi l'Europe à recapitaliser « de toute urgence » ses banques pour stopper la contagion de la crise des dettes souveraines. La situation a atteint une ampleur que M. Barroso a qualifié de « systémique ». Selon un rapport du FMI, les banques européennes auraient besoin de 200 milliards d’euros supplémentaires. Pour Bercy, la recapitalisation devra passer par « l’apport de capitaux privés », l’argent public ne devant intervenir qu’« en dernier ressort ». Le niveau minimum de fonds propres « durs » des banques pourrait être relevé à 9%, ainsi que le recommande l'Autorité Bancaire Européenne qui demande aux Etats de garantir une partie des échanges interbancaires afin de rétablir la circulation de liquidités entre les établissements financiers.

Le 4 octobre, la France et la Belgique ont décidé de démanteler Dexia, dont l’action accusait une chute de 91,5% en 3 ans. L’établissement franco-belge, plombé par les crédits hypothécaires américains, recapitalisé en 2008 après la chute de Lehman Brothers, est la première victime de la crise des dettes européennes. La Belgique devrait prendre à son compte 60 % des pertes finales ( encore inconnues), la France 36,5%. L'exposition globale aux dettes grecque et italienne de BNP Paribas est respectivement de 5 et 24 milliards d’euros 2,7 et 3,3 milliards en ce qui concerne la Société Générale.

Le 4 octobre, l’agence d’évaluation financière Moody’s dégradait de trois points la note souveraine de l’Italie, l’agrémentant d’une « perspective négative ». La dette de ce pays atteint 1.900 milliards d’euros, soit 120% de son PIB. « L’Italie est notre pare-feu », a déclaré un responsable français. La capacité de prêt du Fonds Européen de Stabilité Financière n’est à ce jour que de 440 milliards en cas de défaut de paiement de l'Italie, il faudrait quadrupler cette somme. L’agence Standard & Poor's a fait savoir qu'un Fonds trop important pèserait sur la notation des Etats. L'Allemagne ou la France, principaux garants du FESF, à hauteur respective de 27 et 20 %, pourraient y perdre leur triple A. Jeudi, la Slovaquie - qui contribue au FESF à hauteur de 7,7 milliards d’euros - a ratifié, en seconde instance, la montée en gamme du Fonds, au prix d’élections anticipées concédées à l’opposition.

Le 9 octobre, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se sont rencontrés à Berlin pour tenter d’endiguer la crise grecque et ses risques de contagion. La France semble prête à rejoindre l’Allemagne dans l’exigence d’une décote de 50% sur les portefeuilles d'obligations hellènes. Les 21% requis en juillet, paraissent aujourd’hui trop favorables aux banques, les titres ayant perdu entre 40 et 50 % de leur valeur nominale sur les marchés. Un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro a été fixé au 23 octobre.

Invités :

Sophie Pedder

Michaela Wiegel

Jean-Louis Bourlanges

Max Gallo

Brèves :

Hans Jonas, Le principe responsabilité (Flammarion, 1998)

Pierre Statius et Christophe Maillard (dir.), François Furet, Révolution française, Grande guerre, communisme (Cerf, 2011)

Christopher Caldwell, Une révolution sous nos yeux, Comment l’Islam va transformer la France et l’Europe (Editions du Toucan, 2011)

Le rideau rouge , d’André Barsacq (DVD Gaumont, 2011)

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