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Le régionalisme en Europe et la réforme territoriale en France - La situation économique de l'Espagne

1h
À retrouver dans l'émission

Le régionalisme en Europe et la réforme territoriale en France

Le 18 septembre prochain, plus de trois cents ans après la signature du Traité d’Union avec l’Angleterre, l’Ecosse se prononcera par référendum sur son indépendance. Les sondages donnent le vote indépendantiste à plus de 40%, en progression constante. En Catalogne, l’exécutif régional indépendantiste organise lui aussi un vote sur l’autodétermination. Il aura lieu le 9 novembre prochain. Madrid a qualifié cette initiative d'anticonstitutionnelle et n’en reconnaîtra pas le résultat. En Belgique, le risque de partition de la Wallonie et de la Flandre est toujours vivace. L’Alliance néo-flamande a consolidé sa position de premier parti du pays avec près de 31% des voix lors des derniers scrutins. En Italie, la Vénétie est gouvernée par la Ligue du Nord, favorable à la sécession de la région. Un référendum local est en projet. Les dernières élections européennes ont conforté les partis régionalistes. Certains commentateurs jugent que la construction européenne favorise le sentiment régionaliste en affaiblissant les Etats centraux. Bruxelles consacre un budget important aux régions et considère qu’elles sont l’échelon le mieux adapté à la mise en œuvre de sa politique de cohésion.

En France, où le régionalisme est traditionnellement marginal, François Hollande a dévoilé lundi 2 juin, dans la presse régionale, la nouvelle carte administrative qu’il souhaite pour le pays. Le Président affirme vouloir « renforcer » des régions « de taille européenne » en leur donnant « davantage de responsabilités ». Les 22 régions métropoles actuelles vont fusionner en 14 « super régions ». Les conseils généraux seront supprimés à terme et leurs compétences transférées aux régions. Les départements resteront un échelon de l’administration déconcentrée de l’Etat, mais n’existeront plus en tant que collectivité politique. Le nouveau découpage suscite des débats houleux dans tout le pays. En Bretagne, le sentiment régionaliste est relayé par les « Bonnets rouges ». François Hollande s’est rangé à l’avis de son ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, opposé à la fusion des Pays de la Loire et de la Bretagne, et l’exécutif n’a pas voulu disloquer les régions existantes. Les partisans de la « réunification » de Nantes et de la Loire Atlantique à la région bretonne ont exprimé leur déception. Plus au Sud, Christian Bourquin, le président de la région Languedoc-Roussillon, qui doit fusionner avec Midi-Pyrénées, a fait part de son opposition au projet, déclarant« l’entité et le dynamisme de notre région sont humiliés». Marine Le Pen, de son côté, a pointé une « menace pour l’unité nationale et l’indivisibilité de la République ». Elle n’est pas la seule à redouter la constitution de fiefs locaux concurrents de l’Etat central.

La situation économique de l’Espagne

Ce lundi 2 juin, le roi d’Espagne Juan Carlos a annoncé son abdication au profit de son fils Felipe. Le roi, âgé de 76 ans, a expliqué vouloir répondre à un besoin « de renouveau, de dépassement, de correction des erreurs ». Il abdique à la suite d’une série de scandales qui ont entaché l’image de la famille royale et de l’institution monarchique. En janvier 2013, un sondage montrait que seulement la moitié des Espagnols avaient une opinion favorable du roi, contre 76 % un an plus tôt. En janvier 2014, 60% des Espagnols se disaient en faveur du départ du roi.

La décision Juan Carlos passe pour une ultime manœuvre pour sauvegarder les institutions du pays : la monarchie, mais aussi l’unité territoriale, menacée depuis des mois par la montée de l’indépendantisme en Catalogne. Le taux d’insatisfaction des Espagnols à l’égard de leur régime se situe 17 points au-dessus de la moyenne européenne. L’Espagne subit encore de plein fouet la crise économique. Le taux de chômage s’élève aujourd’hui à 26% de la population active et à 50% chez les jeunes. Le pays est incapable d'absorber la main-d’œuvre disponible et les jeunes diplômés émigrent en masse. En 2012, le nombre d'Espagnols résidant à l'étranger a augmenté de 5,5 %. Felipe VI aura fort à faire pour apaiser le climat social du pays. Le mouvement des Indignés avait paralysé l’Espagne en 2011 quand neuf millions de personnes étaient descendues dans la rue. Les dernières élections européennes ont donné plus de poids à la gauche radicale. Le parti populaire et le parti socialiste, qui recueillaient il y a cinq ans plus de 80% des votes, n’ont même pas rassemblé la moitié des électeurs.

Les derniers indicateurs économiques sont pourtant positifs. Le PIB du pays a cru de 0,4 % au premier trimestre 2014 et l’Espagne sort de la récession. Les exportations progressent et l'excédent commercial a atteint 7,1 milliards d'euros en 2013, après un déficit de 11,5 milliards en 2012. En avril, le nombre de demandeurs d'emploi a reculé de plus de 111 000, une baisse record. Les taux d'intérêt de la dette espagnole sont revenus à des minimums historiques.

Invités

Max GALLO, romancier et historien

Eric LE BOUCHER, éditorialiste aux Echos et cofondateur de Slate.fr

Thierry PECH, directeur général de la Fondation Terra Nova

Brèves

Jean LEBRUN, Notre Chanel (Bleu Autour, 2014)

François BUJON de L'ESTANG, "Ukraine, Crimée, une restauration impériale", Revue des deux mondes (juin 2014)

Collectif, Manuel d'instruction à l'usage du soldat américain débarquant en France (Equateurs, 2014)

Collectif, Manuel d'instruction à l'usage du soldat britannique débarquant en France (Equateurs, 2014)

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