LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Le remaniement ministériel - Le soulèvement libyen

58 min
À retrouver dans l'émission

Le remaniement opéré par Nicolas Sarkozy

Dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a annoncé un remaniement portant sur trois ministères. Michèle Alliot-Marie est remplacée par Alain Juppé au ministère des Affaires étrangères, un poste que l’ancien premier ministre a déjà occupé entre 1993 et 1995. Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, succède à Alain Juppé au ministère de la Défense. Son successeur à la tête des sénateurs UMP sera connu mardi. Enfin, le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, qui fut directeur général de la police nationale de 1994 à 1998, remplace Brice Hortefeux au ministère de l’Intérieur. Brice Hortefeux devient conseiller politique de Nicolas Sarkozy pour la préparation de l’élection présidentielle de 2012. Le secrétaire général adjoint de l’Elysée Xavier Musca succède à Claude Guéant au poste de secrétaire général.

Il s’agit du quatrième remaniement ministériel en moins d’un an. Le dernier remaniement, au mois de novembre, avait été marqué par les départs d’Eric Woerth, Jean-Louis Borloo et Rama Yade. Dimanche, le chef de l’Etat a évoqué les révoltes qui secouent le monde arabe et la nécessité d’adapter la politique française à ces évènements. « Mon devoir de Président de la République est d’expliquer les enjeux de l’avenir mais tout autant de protéger le présent des Français » a-t-il déclaré, affirmant qu’il avait « décidé de réorganiser les ministères qui concernent notre diplomatie et notre sécurité » , avant d’ajouter : « ainsi les fonctions régaliennes de l’Etat se trouveront-elles préparées à affronter les événements à venir dont nul ne peut prévoir le déroulement » . De son côté, François Fillon juge que Michèle Alliot-Marie « n’a pas commis de faute » et qu’ « elle faisait l’objet d’une campagne injuste » . Pour le Premier ministre, son limogeage est « une décision politique et non morale ».

Au sein de l’opposition, Ségolène Royal, candidate aux primaires socialistes, juge que Nicolas Sarkozy est « le seul responsable de ses échecs cuisants » . Pour Laurent Fabius, « le remaniement sanctionne surtout un échec complet de politique étrangère et de politique de sécurité » , tandis que François Hollande y voit un symptôme de « l’affaiblissement de l’autorité du Président » . Selon François Bayrou, « si ces affaires à répétition viennent à ce point perturber l’opinion française et les citoyens, c’est parce qu’il y a un pouvoir entièrement entre les mains du Président et de son cercle proche ». Enfin, pour Europe écologie - Les verts, le « jeu de chaise musicale du gouvernement ne change rien » .

Selon un sondage TNS Sofres paru hier dans le Figaro Magazine , la cote de confiance du chef de l’Etat est de 22%, son plus bas niveau depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République en 2007. François Fillon atteint lui aussi son niveau le plus bas depuis son arrivée à Matignon (33%). Les élections cantonales auront lieu les 20 et 27 mars prochains. Le soulèvement en Libye

En Libye, le soulèvement contre Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, dure depuis trois semaines. C’est le plus meurtrier des mouvements d’émancipation qui secouent le Maghreb et le Moyen-Orient depuis le début de l’année.Le bilan de la Ligue libyenne des droits de l’homme, publié mercredi, fait état de 6.000 morts.Le soulèvement s’accompagne d’une situation critique à la frontière entre la Libye et la Tunisie. Selon l’ONU, plus de 180.000 personnes ont franchi cette frontière au cours de la semaine écoulée, essentiellement des travailleurs expatriés qui regagnent leur pays.

Mercredi, Mouammar Kadhafi a affirmé « des milliers de Libyens mourront en cas d’intervention de l’Amérique ou de l'Otan » , accusant Al-Qaïda d'être à l'origine de l’insurrection. Il ajouté que son régime se battrait « jusqu’au dernier homme » , a promis l’amnistie à ceux qui rendraient les armes, et a assuré qu’il n’y avait « pas de manifestations en Libye » . A Benghazi, le fief du mouvement insurrectionnel situé dans l’Est du pays, le président du Conseil National Libyen formé par l’opposition, Moustafa Abdeldjeïl, a exclu toute idée de discussions avec le guide la Révolution. Les insurgés libyens ont pris vendredi le contrôle de Ras Lanouf, un important terminal pétrolier à 600 km à l’est de Tripoli, tandis que les forces gouvernementales ont repris le contrôle de la ville de Zaouïah, située à 50 km à l’ouest de la capitale.

Les rebelles, qui contrôlent plusieurs villes de l’Est, ont annoncé leur intentionde lancer une offensive sur la capitale dès que la communauté internationale aura imposé une zone d’exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen.Jeudi, Alain Juppé a annoncé que la France et la Grande-Bretagne étaient d’accord pour œuvrer à l’instauration de cette zone aérienne. De son côté, le Conseil national libyen a demandé aux Nations-Unies d’envoyer des avions pour des « frappes aériennes stratégiques » , mais il s’est prononcé contre une intervention terrestre de forces étrangères, qui « se heurterait à une forte hostilité » . Le président vénézuélien Hugo Chavez a proposé lundi de créer une mission internationale de paix formée par plusieurs pays amis qui puisse faire office de médiateur entre le dirigeant libyen et les insurgés. Cette proposition, approuvée par le ministre des affaires étrangères de Mouammar Kadhafi, a été rejetée par l’opposition libyenne, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. Barack Obama a appelé publiquement vendredi au départ du dirigeant libyen, et la Cour pénale internationale a annoncé jeudi qu’elle allait enquêter sur Mouammar Kadhafi et sept de ses proches pour de possibles crimes contre l’humanité.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé la semaine dernière un gel des avoirs financiers du colonel Kadhafi.Le conflit libyen a par ailleurs réduit de moitié la production pétrolière libyenne, qui est d’ordinaire de 1,6 millions de barils par jour. Les cours du pétrole se sont envolés de plus de 20% sur les deux dernières semaines, atteignant leur plus haut niveau depuis septembre 2008.

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Romancier et historien
  • Journaliste, cofondateur de Slate.fr et directeur de la rédaction du magazine Enjeux-Les Échos.
  • Correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......