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Le thème de l'immigration dans la campagne présidentielle - Les élections en Russie

59 min
À retrouver dans l'émission

A venir, dimanche 18 mars 2012 :

L'Esprit public en direct et en public du Studio 105 de la Maison de Radio France.

Entrée libre - accès Porte B, rue de Boulainvilliers, à partir de 10h30.

Réservation souhaitée à auditeurfranceculture@radiofrance.com

Le thème de l’immigration dans la campagne présidentielle :

Après avoir déclaré le 3 mars en meeting à Bordeaux : « L’immigration est une chance mais elle peut être un problème », Nicolas Sarkozy a annoncé mardi soir sur France 2 : « Il faut diviser par deux le nombre de personnes que nous accueillons, c’est-à-dire passer de 180.000 à un chiffre autour de 100.000, a-t-il affirmé. Il y a trop d’étrangers sur notre territoire, notre système d’intégration fonctionne de plus en plus mal car nous ne pouvons plus leur trouver un logement, un emploi, une école ». Pour atteindre cet objectif, le président prévoit notamment un durcissement des conditions de la réunion des conjoints et du regroupement familial. Estimant à 165.000 le nombre d’étrangers bénéficiant du revenu de solidarité active (RSA) et à 20.000 ceux percevant un minimum vieillesse, il propose de réserver aux immigrés ayant « résidé dix ans et travaillé cinq ans » en France le maintien de ces prestations. Concernant l’immigration illégale, il entend soumettre au référendum la possibilité pour le juge administratif de se prononcer en matière d’expulsion avant le juge judiciaire, ce dernier « relâch(ant) » selon lui trop souvent les étrangers en situation irrégulière. Il a précisé qu’il ne reviendrait pas sur l’Aide médicale d’Etat (AEM) qui leur est accordée, ne souhaitant pas « remett(re) en cause cette générosité française ».

« La question de l’immigration n’est pas de droite ou de gauche », a également dit le chef de l’Etat, avant de mettre en garde les électeurs qui donneraient leur voix au Front National et feraient ainsi « le jeu du Parti Socialiste ». « Ils auront le vote communautaire et les régularisations générales » des sans-papiers, a-t-il expliqué, faisant allusion à l’engagement de François Hollande d’accorder « le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans ». Le lendemain, le candidat socialiste a promis d’abolir la circulaire du Ministère de l’Intérieur, dite « Guéant », du 31 mai 2011, qui durcit les conditions d’obtention d’un permis de travail. Il s’est déclaré pour la lutte contre « la fraude et les mariages de complaisance », mais a défendu la politique du regroupement familial, et affirmé que les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy risquaient de multiplier « les recours » car « le droit européen, comme le droit international, pose l'obligation, quand vous êtes mariés, de vivre ensemble ». M. Hollande a précisé que son engagement consistait à envisager les régularisations « au cas par cas, à partir de critères (…) clairement établis, transparents ».

Le programme de Marine Le Pen comporte 16 mesures consacrées à l’immigration. Il prévoit de réduire de 200.000 à 10.000 le nombre d’entrées légales en France, notamment par la suppression du regroupement familial et la réduction des octrois d’asile. La candidate du Front National prévoit également l’expulsion systématique de tous les immigrés clandestins. Jean-Luc Mélenchon, qui a affirmé que « l’immigration n’(était) pas un problème », prône la mise en place d’un titre de séjour unique dont il fixe le terme à 10 ans. Il souhaite abroger toutes les lois sur l’immigration votées depuis 2002, et permettre à tous les étrangers présents sur le territoire depuis 5 ans d’acquérir la nationalité française.

Le 2 mars, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a fait polémique en déclarant qu’« accepter le droit de vote des étrangers », était « la porte ouverte au communautarisme » et pourrait conduire à ce que « des étrangers (élus conseillers municipaux) rendent obligatoires la nourriture halal dans les cantines ». Jeudi, Nicolas Sarkozy a déclaré que faire ce lien était « excessif », mais que « ne pas parler d’un risque (était) excessif aussi ».

Les élections en Russie :

Dimanche dernier, Vladimir Poutine a remporté l’élection présidentielle russe avec 63,6% des suffrages. Cette victoire au soir du premier tour permet à M. Poutine de retrouver le Kremlin pour un troisième mandat, après une parenthèse de quatre ans en tant que Premier Ministre de Dmitri Medvedev. Arrivé au pouvoir en 2000, le successeur de Boris Eltsine a été élu pour six ans, la durée du mandat présidentiel ayant été augmentée.

Les adversaires de M. Poutine ont obtenu les scores suivants : 18 % pour le communiste Guennadi Ziouganov 8 % pour le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, 6% pour le nationaliste Vladimir Jirinovski. Le leader du parti de centre-gauche Russie juste, Sergueï Mironov, a recueilli 4 % des voix. Cette élection a été entachée d’importantes fraudes, selon les observateurs tant internationaux que russes. L’association russe de surveillance du scrutin, Golos, estime le score réel de Vladimir Poutine légèrement supérieur à 50 % tandis que l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe a indiqué le 6 mars que « bien que les candidats aient été en mesure de faire campagne sans entraves, les conditions ont été clairement biaisées en faveur de, Vladimir Poutine ». Tout en reconnaissant que « l’élection (n’a) pas été exemplaire », Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, a constaté lundi que « Vladimir Poutine (était) notre interlocuteur pour les années à venir ». L’Union européenne, par la voix de Catherine Ashton, a pris « note de la nette victoire » de M. Poutine et « encourage (Moscou) à remédier aux lacunes » du processus électoral. Aux Etats-Unis, Hillary Clinton a appelé la Russie à enquêter de manière « indépendante » sur d’éventuelles irrégularités lors de ce scrutin.

Vladimir Poutine a réalisé son plus mauvais score à Moscou, où il n’a obtenu que 47 % des suffrages. Le nouveau président de la République s’est félicité de la tenue de cette élection, « la plus propre de l’histoire de la Russie », qualifiant ce scrutin d’« ouvert et honnête ». Il a expliqué dans son discours de victoire que « cette élection était un test de maturité, elle a montré qu’on ne peut rien nous imposer (et que) les électeurs savent distinguer entre le désir de nouveauté et les provocations politiques dont le but est de détruire notre Etat et d’usurper le pouvoir ».

Invités :

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au Monde

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Brèves :

  • Uwe Tellkamp, La tour , traduit de l’Allemand par Olivier Mannoni (Grasset, 2012)

  • Maurice Genevoix, La mort de près (La Table Ronde, 2011)

  • Michel Bernard, Pour Genevoix (La Table Ronde, 2011)

  • Alan Riding, Et la fête continue, La vie culturelle à Paris sous l’Occupation (Plon, 2012)

  • La mer à l’aube , un film de Volker Schlöndorff (DVD Arte Diffusions programmé sur Arte le 23 mars 2012)

  • Jean Arhuis, L’avenir de la zone euro, l’intégration politique ou le chaos (Rapport au premier Ministre, mars 2012), disponible sur le site www.ladocumentationfrancaise.fr

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