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L'élection à la présidence de l'UMP (suite) - Les élections en Catalogne

59 min
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L’élection à la présidence de l’UMP :

Dimanche dernier, en fin de journée, après avoir rencontré Jean-François Copé, et François Fillon, Alain Juppé a jugé que les « conditions de sa médiation n’étaient pas réunies », et que sa « mission (était) achevée ». M. Fillon déclarait peu après : « Jean-François Copé porte seul désormais la responsabilité d’un échec qui touche notre parti et compromet, au-delà, l’image de l’action politique. Soucieux de sortir de l’impasse dans laquelle les coups de force successifs de Jean-François Copé ont plongé notre parti, je saisirai la justice pour rétablir la vérité des résultats ».

Lundi, la commission des recours du parti a proclamé Jean-François Copé vainqueur de l’élection, par une avance de 952 voix sur son adversaire. Le 19 novembre, au lendemain du scrutin, la commission d’organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe), avait donné M. Copé vainqueur par 98 voix. Les partisans de M. Fillon ont jugé que la commission des recours était « illégitime ». Mercredi, la déclaration d’un nouveau groupe parlementaire rassemblant les partisans de François Fillon a été publiée au Journal Officiel. Baptisé « Rassemblement-UMP », ce groupe est composé de 68 députés sur les 194 que comptait le groupe UMP. Le député des Hauts-de-Seine Patrick Ollier a précisé qu’il n’était constitué qu’« à titre conservatoire ».

A la suite de cette annonce, Jean-François Copé a déclaré que les conditions n’étaient « pas réunies pour la tenue d’un référendum interne » sur l’opportunité d’organiser une nouvelle élection en raison de la création de ce groupe dissident. Mercredi, une cinquantaine de députés réunis autour de Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire ont appelé François Fillon à retirer son groupe parlementaire et Jean-François Copé à accepter la mise en place d’une commission indépendante pour la tenue d’un nouveau vote. Nicolas Sarkozy a déjeuné lundi avec François Fillon, et jeudi avec Jean-François Copé. S’il n’a fait aucune déclaration officielle, l’ancien président jugerait, selon plusieurs sources citées par l’AFP, préférable d’organiser un nouveau scrutin. Dimanche dernier, à l’issue de l’échec de sa médiation, Alain Juppé avait déclaré que M. Sarkozy était « le seul à avoir aujourd’hui l’autorité suffisante pour proposer éventuellement une sortie de crise ».

Jean-Louis Borloo, le fondateur de l’UDI, déclarait jeudi au Monde : « Nous ne nous réjouissons pas de ce qui se passe chez nos partenaires de coalition, (…) mais nous sommes la seule force crédible de l’opposition ». Marine Le Pen affirmait: « Quand un vieux monde tombe, il y a un nouveau monde à reconstruire ». L’ouverture des adhésions directes au « Rassemblement bleu marine », structure qui permettra d’accueillir les soutiens de Marine Le Pen ne souhaitant pas adhérer au Front National, est prévue pour le mois de janvier.

Les élections en Catalogne :

Les élections législatives anticipées du 25 novembre en Catalogne ont renouvelé les 135 députés siégeant au Parlement local. Artur Mas, le président de la Communauté autonome, et sa coalition autonomiste de centre droit Convergence et Union (Convergencia i Unio, CiU) obtiennent 50 sièges, contre 62 jusqu'alors. Le parti de gauche indépendantiste Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) devient la deuxième force parlementaire, avec 21 députés contre dix lors des dernières élections de 2010. Le Parti socialiste de Catalogne perd un gros tiers de ses représentants et le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy reste stable. Ciutadans , parti minoritaire de centre-gauche et anti-indépendance, a triplé son score, passant de 3 à 9 sièges. « Le peuple s'est prononcé et l'a fait avec clarté. L'aspiration nationale sort renforcée de ces élections » a déclaré dimanche soir Oriol Junqueras, tête de liste de l’ERC. «Ce n'est pas la majorité que nous escomptions. Mais nous avons 30 députés de plus que le deuxième parti. Nous devrons faire des alliances, mais personne d'autre que nous ne peut gouverner la Catalogne » a déclaré Artur Mas.

M. Mas a insisté sur le fait que les forces favorables à un référendum d'autodétermination avaient remporté « une majorité nette (…) dans les urnes » - elles représentent cinq des sept forces politiques siégeant au Parlement catalan – et précisé : « La consultation doit être menée à bien d’ici à 2016 ». Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, a réaffirmé, le 13 novembre, que son pays rejetait un tel projet, ajoutant que « toute déclaration unilatérale d'indépendance contre l'ordre interne d'un pays serait rejetée par l'Union européenne ». Selon le traité de Lisbonne, tout candidat à l'entrée dans l'UE est soumis à l'accord de tous les Etats membres, donc de l’Espagne. Viviane Reding, vice-présidente de la commission européenne, déclarait le 30 septembre qu'« aucune loi ne dit que la Catalogne devrait sortir de l'Union si elle devenait indépendante ». « Ça va être très difficile de jeter d'Europe 7,5 millions de citoyens européens en s'en tenant simplement à la lettre des traités, d'autant que nous sommes une zone économique stratégique pour l'UE », estime Oriol Pujol, numéro trois de CiU, le parti d’Artur Mas. La Catalogne représente 20% du PIB national. Elle est la région la plus endettée du pays, avec 42 milliards d’euros de dettes.

La revendication de mouvements identitaires voire sécessionnistes concerne d’autres régions européennes. Le 14 octobre, le parti séparatiste de Bart De Wever, la Nouvelle Alliance flamande, a remporté les élections municipales à Anvers. Le 15 octobre, Alex Salmond, chef du gouvernement autonome d'Ecosse (Scottish National Party) et le Premier ministre britannique, David Cameron, ont signé un accord sur les conditions d'organisation en 2014 d'un référendum sur l’indépendance de l’Ecosse.

Invités :

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Brèves :

  • La revue Esprit , qui fête ses 80 ans

  • La revue Le Débat , n°172, novembre-décembre 2012 (Gallimard). Notamment : Jacques Julliard, Un tombeau pour la gauche ? (entretien) et le dossier consacré à Timothy Snyder.

  • Timothy Snyder, Terres de sang. L’Europe entre Hitler et Staline (Gallimard, 2012)

  • Bruno Le Maire, Musique absolue (Gallimard, 2012)

  • François Mauriac, Contre son camp , une anthologie présentée par Merryl Moneghetti (Le Monde, coll. Les Rebelles dirigée par Jean-Noël Jeanneney, n°10, novembre 2012)

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