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L'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy - La situation de la Grèce

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L’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy :

Mercredi à TF1 Nicolas Sarkozy a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle. « Est-ce qu’on peut imaginer le capitaine d’un navire dont le bateau serait en pleine tempête dire ‘Non, je suis fatigué, je renonce, j’arrête’ ? », a-t-il expliqué. Le chef de l’Etat a repris sa proposition de soumettre au référendum une réforme de l’indemnisation chômage et de la formation professionnelle s’il était réélu. Il s’agirait d’obliger les demandeurs d’emploi à suivre une « formation qualifiante » à l’issue de laquelle le chômeur serait « tenu d’accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel il aura été nouvellement formé ». Evoquée dans un entretien au Figaro Magazine de la semaine dernière, la réforme rendant la juridiction administrative seule compétente en matière de droit des étrangers, demanderait une révision de la Constitution, révision qui pourrait faire l'objet, elle aussi, d'un référendum. « Si les Français […] me confient un second quinquennat, a déclaré M. Sarkozy, […] l’idée centrale sera de redonner la parole au peuple français. »

Le même jour, en meeting à Rouen, François Hollande qualifiait le bilan du chef de l’Etat de « fiasco » et ajoutait : « Le seul référendum que je connaisse, le seul qui comptera, c’est le 6 mai, c’est l’élection présidentielle ». Evoquant le « trouble profond » suscité par le début de campagne de M. Sarkozy, François Bayrou a déclaré espérer qu’elle suscite le rejet de « ceux qui ne peuvent accepter qu’on prenne le risque de mettre le pays à feu et à sang en faisant des chômeurs des ennemis publics ». Dans un entretien accordé au journal Le Monde mardi, François Fillon répondait que voir dans la proposition du référendum « une stigmatisation des chômeurs, une droitisation de la majorité, [était] un contresens ».

Nicolas Sarkozy tiendra cet après-midi un meeting à Marseille. Son équipe de campagne sera composée de Guillaume Lambert, chef de cabinet de l’Elysée d’Emmanuelle Mignon, déjà chargée de l’élaboration du projet présidentiel en 2007 de Franck Louvrier, chargé de la communication de l’Elysée du directeur de la chaîne Histoire, Patrick Buisson. Henri Guaino continuera de rédiger les discours de Nicolas Sarkozy. Nathalie Koscisuko-Morizet sera quant à elle porte-parole du candidat.

Lundi, la présidente du parti chrétien démocrate Christine Boutin annonçait qu’elle renonçait à participer à l’élection présidentielle, et qu’elle souhaitait « faire une alliance avec le président de la République ». Hervé Morin a annoncé à son tour son retrait et son soutien à Nicolas Sarkozy. Le dernier sondage réalisé les 3 et 4 février par l’institut Ipsos pour le journal le Monde donne François Hollande en tête des intentions de vote pour le premier tour (32%) devant Nicolas Sarkozy (25% ), Marine Le Pen (16%), François Bayrou recueille (12,5%). En dessous de 10%, on trouve Jean-Luc Mélenchon à 8,5%, Eva Joly et Dominique de Villepin à 2%, Nathalie Arthaud à 1%, Philippe Poutou à 0,5%. Les autres candidats (Corinne Lepage, Frédéric Nihous, Nicolas Dupont-Aignan) se situent en dessous de 0,5%.

La situation en Grèce :

Dimanche dernier, le Parlement grec a voté un nouveau plan d’austérité. Adopté par une large majorité (199 voix pour, 74 contre et 27 abstentions), il prévoit de nombreuses coupes dans les budgets sociaux, notamment, la diminution du salaire minimum, qui passerait de 750 à 586 € bruts. Ce plan se traduit également par le licenciement d’ici au mois d’avril 2012 de 15.000 fonctionnaires, mis en attendant en « réserve » et rémunérés à 60 % de leur salaire. La baisse des investissements publics devrait permettre à l’Etat d’épargner environ 400 millions d’euros, auxquels s’ajouteraient environ 300 millions amputés du budget de la défense. Une nouvelle vague de privatisations rapporterait 4,5 milliards d’euros tandis que la diminution des pensions de retraites complémentaires, le déremboursement de certains médicaments ainsi que l’augmentation des impôts et taxes devraient aider la Grèce à équilibrer ses comptes. Le secteur public n’est pas le seul touché par ce nouveau plan d’austérité. Les entreprises privées auprès desquelles l’Etat a contracté des dettes sont sommées de faire disparaître 70 % du montant de leurs créances, soit environs 100 milliards d’euros. L’adoption de ce plan devrait permettre le versement par l’Union européenne d’une aide supplémentaire de 130 milliards d’euros. Si l’abandon de 100 milliards d’euros d’obligations par les créanciers privés a été acté, l’Union a décidé de reporter à demain l’accord final. Le 20 mars, la Grèce devra rembourser 14,5 milliards d’euros. Jeudi, le président de la BCE Mario Draghi a laissé entendre que l’institution pourrait accepter de renoncer à ses plus-values sur les obligations grecques. « Si la BCE redistribue une partie de ses profits aux Etats membres […], il ne s'agit pas de financement monétaire » des Etats, a-t-il argumenté.

En marge du vote au Parlement, des manifestations de protestation au plan de rigueur ont réuni entre 100.000 et 200.000 personnes aux abords de la place Syntagma à Athènes. Elles ont donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre. Six ministres du gouvernement de Lukas Papademos, deux socialistes membres du Pasok et quatre membres du parti d’extrême droite le LAOS, ont présenté leur démission entre le 10 et le 13 février. Le premier ministre a annoncé lundi la tenue d’élections législatives anticipées en avril prochain.

Dimanche dernier, le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble déclarait dans un entretien publié dans le journal Welt am Sonntag : « Il est important de dire [que la Grèce] ne peut être un puits sans fond. C’est pourquoi les Grecs vont finalement devoir obstruer ce puits. ». Mercredi, le président grec Carolos Papoulias affirmait : « Je n’accepte pas que mon pays soit raillé par Wolfgang Schäuble ». Evangelos Venizelos, le ministre des finances, analysait quant à lui : « Il faut dire la vérité au peuple grec : il y a plusieurs pays [de la zone euro] qui ne veulent plus de nous. Et il faut les convaincre. […] Le pays se trouve sur le fil du rasoir ». Mercredi, au cours d’un débat au Parlement européen réuni en session à Strasbourg, le député européen Daniel Cohn-Bendit a dénoncé les « talibans néolibéraux qui règnent en Europe » et imposent une « décroissance brutale à la Grèce que personne ne pourrait vivre ». Mario Monti, le président du Conseil italien, s’est quant à lui ému de « la dureté avec laquelle la Grèce est traitée. »

Le chômage atteignait en novembre 2011 20,1% de la population grecque. La croissance reculait au dernier trimestre de deux points, pour atteindre -7%. Le montant du P.I.B. a chuté de 5,5 % l’an passé, le pays étant en récession depuis cinq années consécutives.

Invités :

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques

Brèves :

  • Edmond About, La Grèce contemporaine (1854 - réédition : L’Harmattan, 2000)

  • August Von Kageneck, La France occupée (Perrin, 2012)

  • Eric Morin et Dominique Goux, Les nouvelles classes moyennes (Seuil, 2012)

  • Marie-Pierre Rey, L’effroyable tragédie, Une nouvelle histoire de la campagne de Russie (Flammarion, 2012)

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