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Theresa May / Donald Trump / Le drapeau européen / Vincent Lambert

L'époque est-elle romanesque ? / Affaire Vincent Lambert : politique ou métaphysique ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Analyse politique et géopolitique de la semaine en direct et en public des assises internationales du roman, avec Bertrand Badie, professeur de relations internationales, Christine Ockrent et Gérard Courtois, journalistes et Geneviève Brisac, autrice.

Theresa May / Donald Trump / Le drapeau européen / Vincent Lambert
Theresa May / Donald Trump / Le drapeau européen / Vincent Lambert Crédits : AFP

Première partie L'époque est-elle romanesque ?

Personnage central de la semaine, Theresa May avait donc annoncé vendredi qu’elle quitterait son poste le 7 juin. Le rejet quasi unanime de son plan de la dernière chance, pour convaincre le Parlement de voter son accord de divorce avec l’Union européenne, avait sonné le glas de ses espoirs de quitter le pouvoir avec un Brexit enfin sur les rails. Voilà qui allait ouvrir le beauty Contest ou concours de beauté au sein du parti conservateur pour lui trouver un successeur, l’ancien maire de Londres Boris Johnson faisant figure de favori, même s’il y avait d’autres candidats, charge revenant ensuite à l’heureux élu de trouver le moyen d’engager enfin la sortie du Royaume Uni de l’Union, près de 3 ans après le vote du Brexit. Theresa May une héroïne pas forcément très romanesque, qui n’aurait sans doute inspiré ni Jane Austen et encore moins Virginia Woolf, la saga du Brexit qui aurait –à la rigueur- séduit Shakespeare, entre complots des fêlons Boris Johnson et Nigel Farage, trahisons et fin tragique.

Avec un peu d’imagination, on pouvait aussi se croire dans l’Odyssée d’Homère cette semaine avec l’actualité Huawei, géant de la téléphonie mobile chinoise. Donald Trump voyait dans les smartphones chinois des chevaux de Troie de son rival Xi Jinping : le président américain avait donc demandé à Google de ne plus fournir à Huawei sa licence Androïd et ses services comme Gmail et YOutube etc…convaincu que Huawei allait se servir de ces équipements à des fins d’espionnage…Trump ravi au passage de bloquer l’avance prise par Huawei sur la 5G, instrument clef pour développer certaines technologies comme l’intelligence artificielle. Une semaine où Donald Trump plus que jamais nous était apparu en Ubu roi, ce personnage d’Alfred Jarry qui se montrait volontiers brutal, irrascible et impulsif,  obsédé par l’idée d’éliminer ses rivaux. 

Donald Trump qui recevait cette semaine dans le bureau ovale ses adversaires politiques, les démocrates américains, avec lesquels il était entré ce mercredi dans une véritable guerre ouverte, en raison de cette procédure de destitution dont l’opposition menaçait le président, Trump réclamant l’arrêt de ces «investigations bidon», niant avoir voulu étouffer l’enquête chargée de vérifier ses liaisons dangereuses avec la Russie lors de l’élection présidentielle. Il avait aussi menacé de geler toute forme de collaboration avec les démocrates. Ainsi cette semaine de William Shakespeare à Homère, d’Homère à Alfred Jarry, on hésitait à identifier LE genre littéraire qui correspondait le mieux à l’époque chaotique et totalement destabilisante que nous étions en train de train de vivre.

Deuxième partie : Affaire Vincent Lambert : politique ou métaphysique ?

Macabre feuilleton que cette affaire Vincent Lambert que nous suivions depuis des mois, ou le cas de cet ancien infirmier de 42 ans dans un état végétatif depuis 2008 et avec des lésions cérébrales jugées irréversibles, depuis un accident de voiture, dont les parents s’opposaient toujours à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation artificielle, ce qu’acceptaient en revanche son épouse, son neveu et ses 6 frères et sœurs. L’interruption de ces traitements avait été enclenchée lundi, déclenchant rassemblement et mobilisation notamment devant le CHU de Reims, avec des banderoles comme « Libérez Vincent » ou « La peine de mort a été abolie en France ». Les parents avaient saisi la cour européenne des droits de l’homme selon une procédure d’urgence. Celle-ci avait rapidement annoncé le rejet  de la requête. Le président de la République avait de son côté refusé de s’en mêler. 

Finalement les parents de Vincent Lambert avaient obtenu gain de cause lundi soir, grâce à la cour d’appel de Paris qu’ils avaient également saisie, et qui avait ordonné le rétablissement des traitements visant à le maintenir en vie, jusqu’à ce qu’un comité de l’ONU se prononce sur le fond de son dossier, ce qui prendrait 6 mois. Enfin il fallait préciser que les parents avaient également déposé une plainte « disciplinaire pour demander la radiation et des poursuites pénales » contre le Dr Vincent Sanchez, chef de l’unité de patients cérébro-lésés du CHU de Reims, l’homme qui avait pris le 9 avril dernier la décision d’arrêt des traitements. Une affaire qui soulevait des questions abyssales : Qui avait le pouvoir de choisir entre la vie et la mort ? Vincent Lambert était il en fin de vie ? Pratiquait t on sur lui une forme d’acharnement thérapeutique ? Cesser de l’alimenter, était ce une forme d’euthanasie ? Que disaient ces débats de notre rapport à la mort, à la douleur, à la conscience et l’inconscience, à la transcendance ? Et que faire d’un patient qui portait désormais avec lui, exposé aux regards de tous, de si vertigineuses interrogations ?

Références / conseil de lecture : 

  • Vertige du cosmos de Trinh Xuan Thuan, éd. Flammarion
  • Les petites vertus de Natalia Ginzburg, éd. Ypsilon 
  • Musique de fin :  Clair de Lune de Claude Debussy, interprété au piano par Philippe Cassard
Intervenants
  • journaliste, ancien chroniqueur au quotidien Le Monde
  • Professeur des universités à Science Po Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI)
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
  • écrivaine
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