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Vladimir Poutine, mars 2018 / Immeubles à Bobigny / Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo à l'Elysée, 22 mai 2018 /

Les bonnes cartes du Président Poutine / Plan banlieues : les caisses sont vides ?

58 min
À retrouver dans l'émission

L'Esprit Public ce dimanche, en direct et en public du studio 105 de la Maison de la radio, avec Sylvie Kauffmann, éditorialiste au Monde, François-Xavier Bellamy, philosophe, Daniel Cohen, économiste et Hubert Védrine, ancien Ministre des affaires étrangères.

Vladimir Poutine, mars 2018 / Immeubles à Bobigny / Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo à l'Elysée, 22 mai 2018 /
Vladimir Poutine, mars 2018 / Immeubles à Bobigny / Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo à l'Elysée, 22 mai 2018 / Crédits : Yuri KADOBNOV / Philippe LOPEZ / Ludoci MARIN / - AFP

Le rôle central de Vladimir Poutine dans la diplomatie internationale; le plan banlieue et ce qu'il signifie : c'est le programme ce dimanche de l'Esprit public d'Emilie Aubry. En direct et en public du studio 105 de la Maison de la radio, avec Sylvie Kauffmann, éditorialiste au Monde, François-Xavier Bellamy, philosophe, Daniel Cohen, économiste et Hubert Védrine, ancien Ministre des affaires étrangères.

A suivre (et revoir) en vidéo ici

Première Partie : Les bonnes cartes du Président Poutine

Vladimir Poutine en mars 2018
Vladimir Poutine en mars 2018 Crédits : Yuri KADOBNOV - AFP

Ces derniers temps, en Russie, l’activité diplomatique battait son plein ! Vendredi 18 mai , c’est Angela Merkel qui avait fait le voyage, à Sotchi : le maître du Kremlin avait accueilli la chancelière avec bouquet de roses blanches et visage quasi souriant, un rapprochement favorisé par les rodomontades de la diplomatie Trumpienne, le président russe rappelant à cette occasion aimablement que l’Allemagne restait le deuxième partenaire de la Russie, après la Chine. Quelques heures auparavant c’est Bachar El Assad qui était venu en Russie, demander à son ami Poutine d’obtenir la levée des restrictions de l’aide à la Syrie. Enfin jeudi dernier, c’était le président Macron qui était venu fouler le sol russe ! Pas d’embrassades comme avec le président américain, -le gout en était sans doute passé au président français-, mais 2h15 d’entretien. Pas n’importe où : au Palais Constantin, un édifice conçu par Pierre Le Grand, à 18 km de la ville symbole de l’ouverture de la Russie vers l’Europe : St Petersbourg !

Et puis un changement lexical notable : le mot « divergences » entre nos deux pays remplacé par celui, plus doux, « d’incompréhensions », la diplomatie française mettant surtout en avant des « rapprochements » sur deux dossiers majeurs, la Syrie et le Nucléaire iranien. Tant pis pour la question des droits de l’homme qui resterait une fois de plus reléguée au second plan, tant pis donc pour le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov condamné à 20 ans de colonie pénitentiaire ou du metteur en scène Kirill Serebrennikov, rapidement cités lors de la conférence de presse, tant pis pour Memorial, l’ONG russe qu’Emmanuel Macron n’avait pu rencontrer que « 5 petites minutes ». Poutine regardait, satisfait, ses bonnes cartes du moment : parmi lesquelles, bien-sûr, la coupe du monde de foot, qui permettrait bientôt à la Russie d’accueillir le monde entier. Dans les semaines à venir, tous les chemins mèneraient… à Vladimir Poutine !
 

Deuxième partie : Plan banlieues : les caisses sont vides ?

Immeubles à Bobigny en Seine-Saint-Denis / Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo à l'Elysée le 22 mai 2018, jour où le Président présentait ses mesures pour les quartiers populaires.
Immeubles à Bobigny en Seine-Saint-Denis / Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo à l'Elysée le 22 mai 2018, jour où le Président présentait ses mesures pour les quartiers populaires. Crédits : Philippe LOPEZ / Ludovic MARIN - AFP

« Il ne faut pas de politique spécifique pour les banlieues » ! Propos définitifs d’Emmanuel Macron cette semaine, sonnant comme une claque retentissante pour jean Louis Borloo, et son rapport rédigé sur la base de centaines de témoignages de maires, d’élus et d’associations de quartiers. Pas de plan Banlieue donc, sous l’ère Macron, la stratégie des « plans » étant pour le jeune président « aussi âgée que lui », c’est-à-dire vieille de 40 ans,

Mais quelques mesures néanmoins annoncées : la création d’une agence nationale de cohésion des territoires, pour que les quartiers mais aussi les zones rurales puissent résoudre leurs problèmes d’équipement ; 30 000 stages de troisième pour les jeunes des banlieues ; une nouvelle opération de rénovation urbaine et le rappel de mesures déjà prises, comme le dédoublement des classes de CP ou la mise en place des emplois francs. Et puis… quelques mesures « sécuritaires » comme si le président avait aussi écouté tous ceux qui disaient comme Malek Boutih que les banlieues souffraient d’abord de ne pas voir chez elles respecter l’ordre républicain…

Pour ces « territoires perdus de la république » donc, prochainement : un plan de lutte contre le trafic de drogues finalisé d’ici juillet, sur fond de fait-divers marseillais où des policiers avaient été mis en joue par des hommes armés de kalachnikovs, et des maires qui pourraient à l’avenir être « informés » des personnes fichées pour radicalisation. Il n’y aurait donc pas, à proprement parler, de « plan Banlieue » sous Macron : mais était-ce vraiment par conviction politique, philosophique ou plus prosaïquement, parce que les caisses de l’Etat étaient vides ?

Intervenants
  • Directrice éditoriale au journal Le Monde. Spécialiste notamment des questions internationales.
  • professeur de philosophie, maire adjoint (sans étiquette) de Versailles, auteur de « Les Déshérités » et de « Demeures », tête de liste "Les Républicains" aux européennes 2019
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure, Président de l'Ecole d'Economie de Paris
  • diplomate, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Jospin et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous François Mitterrand
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